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Nationale

Hollande fait l’impasse sur le passé colonial de la France

Hollande fait l’impasse sur le passé colonial de la France

Dans un message dithyrambique, le président français, François Hollande, a saisi l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la Révolution du 1er Novembre 1954 pour adresser ses « sincères et chaleureuses » félicitations au président Bouteflika et ses vœux de bonheur et de prospérité au peuple algérien « ami » et rappeler la « profondeur et la force des liens d’amitié et de coopération » qui unissent les deux pays.

« Je tiens à vous dire à nouveau toute l’importance que j’attache, à titre personnel et en tant que chef de l’Etat, à la qualité de cette relation singulière et au développement, dans tous les domaines, du partenariat d’exception que nous avons décidé de mettre en œuvre », a-t-il souligné.

Le président français, ne soufflera pas mot sur les crimes commis par son pays en Algérie et encore moins sur la repentance exigée au nom des martyrs. Au lieu de la reconnaissance et des excuses attendues, Hollande a préféré dire l’Algérie et la France étaient unies par des liens « exceptionnels » et « uniques », appelant au maintien des relations bilatérales « au niveau historique de confiance, de concertation et de dialogue qu’elles ont atteint ».

Le président français a relevé que « l’impulsion politique que nous avons donnée à travers la Déclaration d’Alger en décembre 2012 s’est traduite par de nombreuses réalisations, nous devons continuer à travailler ensemble avec le même niveau d’ambition ».

Tout en se réjouissant du fait que le partenariat franco-algérien « se renforce de manière continue depuis trois ans et qu’il se construit désormais sur de nouvelles voies dans le respect de notre histoire partagée », le président Hollande a rappelé qu’après notre rencontre si importante à Alger, le 15 juin dernier, le comité mixte économique du 26 octobre a constitué une preuve supplémentaire de la richesse et de l’efficacité du partenariat bilatéral ».

« Outre les réalisations concrètes en faveur du développement économique et de l’emploi entérinées à cette occasion, j’ai particulièrement apprécié mes échanges avec vos ministres, MM. Lamamra et Bouchouareb, que j’ai reçus au Palais de l’Elysée. Je ressens une volonté commune de faire toujours plus ensemble », a-t-il ajouté.

Le président Hollande a estimé que le prochain Comité intergouvernemental de haut niveau, prévue en février 2016 en Algérie, offrira l’occasion « de donner corps à ce souhait partagé ». « Je me félicite également que vous ayez décidé de demander à votre Premier ministre de vous représenter pour l’ouverture de la Conférence de Paris sur le climat, le 30 novembre prochain », a-t-il poursuivi.

Mémoire sélective pantalonnades

Dans son message tourné vers le futur le président français fait l’impasse sur le passé colonial peu glorieux de la France en Algérie et sur ses stigmates. Cette omission volontaire de François Hollande est à ajouter au registre de ses pantalonnades lorsqu’il s’agit de l’Algérie.

Est-il besoin de rappeler que le président français qui a choisi de se rendre en Algérie en décembre 2012, dans le cadre de son premier voyage d’Etat hors Union européenne, n’a rien lâché à Alger, à propos de la question de la repentance vis-à-vis de son passé colonial. A l’image de son prédécesseur, Nicols Sarkozy, François Hollande préfère parler de devoir de mémoire en lieu et place de la repentance.

Mais ce qui est plus grave est que c’est sous le règne des socialistes auxquels appartient Nicolas Sarkozy que les pouvoirs spéciaux ont été votés à Paris pour donner tous les moyens à l’armée coloniale afin de venir à bout de la glorieuse révolution du 1er novembre 1954.
De ce fait la France coloniale a commis les crimes les plus abominables en Algérie.

Certains parlent de génocide. Tout cela parce que les partisans de l’Algérie française parmi les colons et les hauts gradés de l’armée française étaient prêts à tout pour garder l’Algérie sous le giron de la France. Preuve en est la tentative de coup d’Etat perpétrée par les putschistes d’Alger et leurs soutiens civils contre le général de Gaulle, en 1961, dès lors que la solution référendaire commençait à se préciser au sujet du devenir de l’Algérie.

A propos du devoir de mémoire il convient de rappeler à cette occasion que la France détient toujours sous scellée les archives de la guerre de libération nationale rendant difficile l’accès aux documents pour les historiens. On constate de ce fait, que seuls ceux apportant de l’eau au moulin du discours officiel à Paris et adeptes de la mémoire sélective sont chouchoutés et que les historiens français qui ne sont pas politiquement « corrects » sont ostracisés.

Aussi, les déclarations et les actes haineux de certains hommes politiques français à l’égard de la mémoire algérienne à l’instar de l’ex-président Nicols Sarkozy qui ne rate aucune sortie pour déverser son fiel sur l’Algérie, du sénateur UMP Gérard Longuet qui a brandi un bras d’honneur en réponse à une question sur la repentance de la France ou bien encore du maire de Béziers, Robert Menard, qui a déclaré tout récemment que l’Algérie était son paradis à lui et aux nostalgiques de l’Algérie française qu’il représente nourrissent la haine et éloignent encore plus la perspective de l’apaisement dans les relations algéro-françaises.

Toujours est-il que même si l’Algérie n’a pas encore obtenu la repentance de la France officielle sur ses crimes il reste que beaucoup d’Algériens refusent les excuses de la France à l’Algérie car ils estiment que le colonialisme est un impardonnable répréhensible et condamnable par l’histoire. 

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