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Nationale

Hocine ait ahmed : Un révolutionnaire au cœur d’humaniste

Hocine ait ahmed : Un révolutionnaire au cœur d’humaniste

A son retour en Algérie au début des années 90, Hocine Aït Ahmed se fit inviter au même titre que Ahmed Ben Bella par l’organisation nationale des moudjahidine à remettre un dossier auprès de ses services financiers pour recevoir un reliquat de sa pension de moudjahid qui s élevait à l’époque à des milliards de centimes.

Il fut étonné de cette démarche des autorités et risqua une question au responsable : « Est-ce que tous les Algériens ont droit à cette pension ? « , lui dit-il. Le responsable lui répondît par la négative. « Alors, réplique Aït Ahmed, dans ce cas-là je refuse de recevoir quoi que ce soit car ce n’est pas uniquement moi qui ai participé à la guerre de Libération, mais c’est tout le peuple algérien qui a participé à travers ces multiples sacrifices. »

C’est la personnalité de Aït Ahmed : un homme franc, juste et entier. Son compagnon accepta sans broncher. Cette petite anecdote résume au mieux cet homme qui durant toute sa vie donna à son pays le meilleur de lui-même. D’abord comme chef national de l’OS, ensuite comme pionnier de la diplomatie algérienne et, enfin, comme un opposant irréductible du pouvoir algérien depuis l’indépendance.

Au retour de Messali Hadj en Algérie de son lointain exil africain en 1947, le groupe de Tizi-Ouzou du PPA /MTLD- dont Aït Ahmed faisait partie, exigea du Zaim la convocation d’un congres extraordinaire du parti pour mettre à plat toutes les divergences que traversaient à l’époque le mouvement et pour le mettre en orbite pour la future bataille du recouvrement de l’indépendance.

Le chef du PPA/MTLD qui hésitait à réunir les militants se fit apostropher durement par le jeune militant : en Kabylie nous avons le plus gros des militants du parti et ces derniers assuraient la quasi totalité des finances à travers les cotisations. Si nous n’obtenons pas gain de cause nous allons réfléchir à notre collaboration future. Messali Hadj prit au sérieux cette menace et décida enfin de convoquer le congrès extraordinaire à Zeddine (Khemis Miliana) qui déboucha sur la création de l’OS.

Cet événement avait pourtant un lien organique avec la future ALN qui devient après l’indépendance, l’ANP. Les premiers responsables du FLN étaient dans leur majorité issue de l’OS démantelé en 1950. En effet, un petit groupe de militants du MTLD, anciens membres de l’Organisation spéciale paramilitaire (OS) avaient voulu remédier à la crise du parti en réconciliant tous les deux courants, « centralistes », « messalistes », dans la lutte armée déclenchée par eux sous le nom de FLN.

La création de l’OS, obtenue malgré les réserves de Messali Hadj, alors chef incontesté du PPA/MTLD, est le premier jalon du processus qui allait déclencher dix ans plus tard la Révolution armée. Durant les premiers jours de son règne à la tête de l’OS en remplacement de Mohamed Belouizdad, Hocine Aït Ahmed décida de faire subir des entraînements physiques et militaires aux principaux dirigeants de l’OS parmi eux Boudiaf, Benbella, Mahsas et bien d’autres dans la forêt de Miliana.

Au cours d’une éprouvante ascension, Mahsas fatiguée décida de s’arrêter et de souffler un peu. Aït Ahmed qui marchait pieds nus le vit et lui ordonna sur le champ de continuer. Mahsas ne voulant pas obtempérer, Aït Ahmed lui dit ces mots qui résonnent encore aujourd’hui : « Tu crois que demain l’ennemi qui sera à tes trousses te laissera le temps de te reposer « Depuis ce jour Mahsas de son vivant éprouva de la rancœur contre lui.

Lors du fameux hold-up dans la poste d Oran, Ait Ahmed qui venait de recevoir une mauvaise nouvelle de l échec de la première tentative décida de payer de sa personne pour superviser l’opération. Malgré son statut de chef national de l’OS, Aït Ahmed prit tous les risques et débarqua à Oran. La deuxième tentative réussit et il attendit la fin de l’opération pour revenir le soir à Alger.

L’homme ne tire jamais la couverture à lui. Il donne même de sa personne. L’idée de Aït Ahmed était de constituer avec l’argent volé des dépôts d’armes dans les régions montagneuses : Aurès, Nord-Constantinois, Kabylie, Ouarsenis, Monts de Tlemcen. Il avait commencé par l’Aurès, il avait fait venir des armes de Libye ; il en affectera une partie au Nord-Constantinois. Elles serviront à l’exercice et aux essais des éléments de l’OS, et, plus tard, aux opérations du 1er Novembre 1954.

En 1949, il est éjecté sans ménagement de l’OS par Messali Hadj et remplacé par Ahmed Ben Bella lors de la fameuse affaire dite crise berbère où il n a pourtant joué aucun rôle actif. Entre 1949 et 1951 : il se réfugie dans ses quartiers populaires et en 1951, il embarque pour le Luxembourg ; il se réfugie ensuite au Caire où il est affecte a la délégation extérieure du PPA /MTLD. Il assum a ses responsabilités en tant que représentant de la délégation extérieure du FLN.

En avril 1955 : il (Aït-Ahmed) dirige la délégation algérienne à la Conférence des non-alignés de Bandoeng à New York Il ouvre le bureau du FLN qui sera très actif auprès de l’ONU, milite pour un combat maghrébin, et pas seulement algérien, contre la France. En 1956, l’avion du roi Mohamed V qui transportait les cinq dirigeants historiques du FLN dont Hocine Ait Ahmed fut détourné par l’armée française.

Avant d atterrir, Aït Ahmed proposa à ses compagnons de ne rien dire et surtout de cacher leur rang de hauts responsables : « Nous devons leur dire que nous sommes de simples employés sans grande importance au sein du FLN. Mais avant, il faudra nous débarrasser de nos pistolets « .

Tous s exécutèrent sans broncher. Une fois à terre, un commissaire est venu a la rencontré des cinq et leur demanda aussitôt : « Qui est votre chef ? « Ben Bella leva la main sous le regard étonné des autres. Le policier s approcha de Ben Bella le fouilla et trouva un pistolet, signe qu’il était le vrai chef, car les autres les avaient tous jeté auparavant. La légende Ben Bella était née.

De sa prison française, Hocine Aït Ahmed, qui était le seul des cinq à reconnaître les résolutions du congrès de la Soummam, n’arrêtait pas de rédiger des notes, des rapports et même des recommandations aux plus hautes instances du FLN. En 5, en pleine crise interne entre les militaires et les civils, il proposa de créer un gouvernement provisoire pour dépasser les divergences et régler la crise qui menaçait d ébranler les structures du FLN et de l’ALN.

Toujours à l’écoute et en fin analyste, Hocine Aït Ahmed a fui les projeteurs et les feux de la rampe pour s’invertir corps et âme dans la défense des libertés, des droits de l’homme et, enfin, de la démocratie.

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