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Nationale

«Hocine Aït Ahmed n’a pas apporté sa caution ou son soutien à quelque clan »

«Hocine Aït Ahmed n’a pas apporté sa caution ou son soutien à quelque clan »

Dans son avant-dernier communiqué, le FFS a tenu à mettre fin à une mini-polémique qui s’est instaurée depuis quelques jours sur les dispositions techniques devant garantir la sécurité sur la voie publique lors des funérailles de Hocine Aït Ahmed, prévues vendredi prochain.

Le parti a annoncé que toutes les dispositions seront prises en coordination avec les autorités, c’est-à-dire avec la collaboration des services de sécurité de l’Etat (police, gendarmerie et les autorités administratives) pour assurer le transfert du défunt depuis Alger jusqu’à son village de naissance.

La dépouille, qui sera exposée jeudi au siège du parti sur les hauteurs d’Alger, sera transférée vendredi matin dans son village natal Ath Ahmed à Ain El Hammam, encadrée par un cordon sécuritaire, et le cortège funéraire qui suivra obéira aux strictes consignes de sécurité qui seront arrêtées avec la collaboration des responsables du parti. Il n’y aura pas donc de halte à Tizi Ouzou comme suggéré par la fédération du parti de cette wilaya.

Une cérémonie de recueillement aura lieu à Lausanne aujourd’hui afin de permettre à ses amis en Suisse et ses relations internationales de lui rendre un dernier hommage.

Dans un autre communiqué diffusé tard dans la même journée, le secrétariat national à la communication du FFS a tenu à réagir à certains écrits sur le parcours historique et politique de Hocine Aït Ahmed, parus ces derniers jours, et que la direction du parti juge « sans fondement ». Selon le parti, il (le parti) se réserve le droit de corriger des « approximations » sur le parcours de Si l’Hocine.

Il appelle néanmoins à la « retenue les colporteurs de racontars » sans aucun fondement de vérité sur ses pratiques et ses idées politiques », lit-on dans le communiqué. Selon le FFS, à aucun moment, récent ou passé, Hocine Aït Ahmed « n’a apporté sa caution ou son soutien à quelque clan que ce fût du pouvoir », souligne la direction du parti qui rappelle que le combat de son leader historique « est toujours allé de pair avec un sens élevé de l’éthique politique qui interdit les grenouillages et ce qu’il appelait « les fourbilatérales ».

Avant d’appeler ceux qui furent sourds à ses idées de son vivant d’avoir « au moins la décence de « la mettre en sourdine » en ces jours de deuil », conclut le communiqué qui tente de mettre fin à une tentative de récupération de certains cercles politiques. Les jours passent et les révélations sur le parcours politique de Hocine Ait Ahmed surgissent au fur et à mesure.

Selon des sources autorisées, Ait Ahmed s’apprêtait à livrer aux combattants de l’ALN, avant son arrestation en 1956 par la police coloniale, un lot d’armement provenant des Etats-Unis.
Cette confidence, il l’a faite a une journaliste française qui était à bord de l’avion arraisonné par l’aviation française en 1956 avec à son bord les cinq historiques. 

« J’ai transmis à la journaliste le document des résolutions du congrès de la Soummam. Puis, je devais faire venir un bateau d’armement des Etats-Unis au Maroc, et c’est le prince héritier Moulay Hassan, auquel je me suis adressé, qui m’a dit : je vous donne la licence qui vous autorise à faire ça » lui révèle-t-il. 

Le ratage historique d’une fusion entre le PRS et le FFS
Feu Mohamed Boudiaf avait émis le vœu, en 1964, de fusionner les deux partis, PRS et FFS, dans une seule union pour faire barrage au pouvoir dictatorial de Ben Bella, par le biais d’une lettre qu’il a adressée, à Ait Ahmed.

De passage à Paris après sa libération de prison, Boudiaf entreprit de rencontrer les cadres du FFS qui ont réussi à échapper à la toute-puissante sécurité militaire. L’ex-président du HCE avait rencontré Mohand Akli Benyounès, dit Daniel, pour tenter de former une opposition solide au pouvoir d’Alger et passer à l’action un 6 juillet.

« Comme tu as dû le savoir, Si Moussa et moi-même, forts de l’accord intervenu lors de ta rencontre avec la délégation que nous t’avons envoyée, lequel accord a été confirmé par ta lettre manuscrite, nous avons décidé de passer à l’action le 6 juillet dernier sans plus attendre avec l’idée de te rencontrer après, comme tu l’as suggéré en vue de régler les problèmes de coordination et d’arrêter d’un commun accord une position sur le seul point resté en suspens entre nous et se rapportant à l’inclusion du frère le colonel Saddek (Dehiles) dans le comité, point sur lequel nous étions en principe tous les deux d’accord (…)

Je me permets de te signaler que le temps presse et que le monde nous observe et attend de nous des décisions dignes de patriotes que rien ne doit plus séparer pour engager dans l’Union et la confiance, le dernier combat contre la dictature du gang de Ben Bella. Par ailleurs, je suis maintenant convaincu que si par malheur chacun continuait à se revendiquer de telle ou telle appartenance il y a lieu de s’attendre à un échec certain pour tous. Nos adversaires sont nombreux ainsi que nos détracteurs pour sous-estimer leur force ou faire semblant de les ignorer.

Un autre danger et non des moindres est représenté par tous les pêcheurs en eau trouble qui ne manqueront pas de profiter de la confusion pour multiplier les manœuvres, et accentuer les divisions de ceux qui, sur le terrain et ailleurs, sont confrontés aux mêmes difficultés et partagent les mêmes responsabilités.

Du côté du Constantinois, du Nord au Sud, la volonté est unanime de parvenir à l’Union qui signifie la fusion à tous les niveaux et dans tous les domaines. Pour notre part, conscients de cette profonde aspiration des masses et des militants, nous ferons tout pour que cette Union se réalise le plus rapidement possible.

Sache que depuis longtemps et surtout depuis la concrétisation de la formule d’Union, il n’a plus été question du PRS pour mes amis et moi-même ; aujourd’hui je suis en droit de me poser la question s’il en est de même pour les autres. J’espère avoir tout dit et j’attends de toi une réponse (…)

Il reste à préciser que le Conseil national pour la défense de la République (CNDR), sigle que nous avons adopté en tenant compte de tes remarques n’est pas en réalité notre création propre ni encore moins la propriété de tel ou tel personne.
En notre âme et conscience, nous l’avons arrêté en partant de l’idée maîtresse de dépasser les questions de personnes et de régions qui ont, qu’on le veuille ou non, été les écueils sur le chemin de l’entente et de la compréhension » termine la lettre.

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