Hirak II: Des espérances toujours d’actualité
L’Algérie célèbre ce lundi 22 février 2021 le second anniversaire de son hirak populaire. Un mouvement qui est resté dans l’histoire contemporaine du pays, par ses revendications citoyennes, sa démarche pacifique et surtout son ampleur.
Les slogans levés durant plus d’une cinquantaine de vendredis et autant de mardi demeurent toujours d’actualité, bien que certains changements ont pu avoir lieu. Deux ans de ferveur intact, en dépit de la crise sanitaire et ses nombreuses restrictions. Deux ans d’intermèdes dans les institutions ou le pays aura vécu une étape charnière.
Car l’élan populaire de ce fameux 22 février 2019 est un véritable tournant politique. Il a marqué cette rupture tant désirée et revendiquée par le peuple, surtout les nouvelles générations, avides de liberté, de droits, de justice et de progrès. En deux ans, le pays aura connu deux votes censés caractérisés cette rupture avec les anciennes pratiques, les dérives dans la gestion des affaires publiques, la corruption généralisée et l’arbitraire.
C’est d’ailleurs cette plateforme de revendications des hirakistes qui a été au coeur des prétendants à la magistrature suprême. Une présidentielle qui fut longue à se dessiner, après un report en raison de la pression populaire et le refus de l’opposition, ainsi que de la société civile. C’est cette plateforme que le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, élu dans un contexte difficile et trouble, a voulu concrétiser.
Une promesse surgit comme une émanation de ce hirak, devenu béni et sacré.
Ce n’est nullement pour rien que Tebboune affirme que « le Hirak béni a protégé le pays de l’effondrement total », en faisant échouer le projet du cinquième mandat de Bouteflika. C’est ce hirak qui a fait tomber comme un château de cartes tout un système de bande, qui a régné pendant vingt ans.Sans doute, la bataille institutionnelle aura été l’une des priorités du président post Hirak.
Pour Tebboune, la révision constitutionnelle est plus qu’une nécessité. Un référendum qui n’a pas eu l’adhésion populaire escompté, même s’il a eu lieu dans un contexte de procès des pontes de l’ancien régime déchu.
Lors de sa première prise de parole post-élection du 12 serment, le président Tebboune avait rendu hommage au rôle assumé par l’ANP dans « la défense de la souveraineté nationale, la sauvegarde de la stabilité du pays et l’accompagnement du Hirak ».En guise de reconnaissance de cet accompagnement, il a consacré la date du 22 février « Journée nationale de la fraternité et de la cohésion entre le peuple et son armée pour la démocratie ».
Dans son numéro du mois de février, la revue El-Djeich a rappelé que l’ANP, depuis le début des marches populaires, « a adopté une position de principe immuable, en se tenant aux côtés du peuple, en s’alignant sur ses choix et sur tout ce qui pourrait répondre à ses revendications, dont les plus importantes ont été concrétisées sur le terrain, tandis que d’autres sont sur le point de l’être progressivement, à l’exemple des élections législatives, comme l’a annoncé le président de la République à plusieurs occasions ».
Une évaluation des revendications du Hirak fait montrer que le chemin vers une reprise en main par le peuple de sa destinée au sein d’institutions légitimes est encore à construire notamment en matière de lutte contre le sous-développement, le talon d’Achille du pays qui nourrit, à juste titre, la contestation sociale.