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Nationale

Hirak acte 18: Contre toute division

Hirak acte 18: Contre toute division

Les manifestations citoyennes pacifiques en ce 18e vendredi ont porté surtout sur la dénonciation de la tentative de division.
En effet, des milliers de marcheurs sont sortis hier dans la capitale pour réitérer essentiellement leur union à travers une panoplie de slogans et affiches portant différents messages.
Des messages très riches en sens et témoignant de la vigilance du peuple qui a riposté au dernier discours du chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, interdisant de porter des drapeaux autres que l’emblème national. On y lit entre autres : « Tous unis pour une Algérie libre et démocratique, le peuple est la ligne rouge », « Le pacifisme fait trembler la dictature, l’union fait la force, la démocratie est en marche » ou encore « Cultures diverses et voix unique, dégagez ». Les contestataires n’ont pas manqué de rappeler au pouvoir en place l’objectif principal qui est le départ indispensable de la « 3issaba » et toute tentative de diversion sera vaine. Nombre de contestataires sont descendus dans la rue, vieux et jeunes, femmes et hommes et brandissaient dans ce sens des écriteaux tels : « Koulna nahi elbaate machi la3lamat »( nous avons demandé le départ des B, pas l’interdiction des drapeaux), « Matbedlouch elsujet » (ne changez pas de sujet), (Echaâb la yatassara3 3la rayat, yatassara3 3la rahil nidam serakine, Bedopui Benslah mouzawirine » ( le peuple ne se bat pas pour les drapeaux, ils se bat pour le départ du système des voleurs, Bedoui et Bensalah les fraudeurs).
Sous un soleil de plomb le peuple algérien a démontré encore une fois qu’il est déterminé et uni autour de la même cause et la diversité culturelle et identitaire n’est qu’une richesse. Entonnant l’hymne national « Qassamen », « khawa khawa makach djihawiya » (Nous sommes frères, pas de régionalisme), « mazalnegh di mazighane » (nous sommes encore des Amazighs), « Anwa wigui imazighen » (qui sont ceux-ci, des Amazighs). Tous ces slogans ont été répétés énergiquement et dans la cohésion par des foules impressionnantes qui ont sillonné la place de la Grande poste, la place Audin , la rue Didouche, le boulevard Amirouche et la rue Hassiba.
L’autre fait marquant lors des marches d’hier était les arrestations massives ciblant les manifestants qui brandissaient des drapeaux amazighs et le recours même à la violence contre les foules. Visiblement, les forces de l’ordre public et suite aux dernières instructions de l’armée étaient sur le qui-vive.
Elles ont aussitôt pris d’assaut les groupes de manifestants pour empêcher tout port « ostentatoire » de l’emblème amazigh. Face à ces répressions, les protestataires ne voulaient pas abdiquer ni lâcher prise. Ils redoublent de génie pour affirmer avec fierté leur identité. Alors que des manifestants se sont drapés carrément de l’emblème amazigh, un motard portant une robe kabyle parcourt les grands boulevards d’Alger sous les applaudissements et les klaxons.
D’autres, pris d’une « Taghanante » inédite, ont tout fait pour monter sur des pylônes électriques au niveau de la Grande Poste pour placer les deux drapeaux, national et amazigh, et les laisser flotter côte à-côté, sous les applaudissements et les chants d’une marée humaine déchaînée contre toute tentative de division et de diversion. 
Aziza Mehdid

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