Heures supplémentaires : Les enseignants demandent une revalorisation
La question de la revalorisation des heures supplémentaires assurées par les enseignants de l’éducation nationale revient au-devant de la scène. Cette revendication, qui ne date pas de ce mardi, avait été soulevée par des syndicats du secteur, de sorte à encourager les enseignants à rester à l’intérieur de l’établissement au lieu de dispenser des heures supplémentaires à l’extérieur.
Les heures supplémentaires sont les heures de cours assurées par les enseignants au-delà de leur service statutaire. Ces heures « de plus » ont toujours existé dans les établissements scolaires et sont dispensées dans le cadre de la mise en œuvre des programmes de soutien scolaire, instaurés par le ministère de l’Education nationale. Cependant, c’est le coût de ces « heures sup », jugées « injustes », qui pose problème.
L’ensemble des syndicats du secteur sont favorables pour la généralisation des cours de soutien à tous les cycles de l’enseignement au sein des établissements scolaires, cependant, ils exigent une revalorisation consistante de la rémunération de ces heures supplémentaires.
Contacté par le Jeune Indépendant, le secrétaire général national du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, défend une rétribution « juste » de l’heure supplémentaire d’au moins 1 000 dinars, étant donné que son coût actuel ne dépasse pas 220 dinars brut par heure pour les professeurs de lycée, 180 DA brut pour les enseignants du collège et 120 DA brut pour les enseignants du primaire.
C’est pour cette raison que la majorité des enseignants, dit-il, refusent de les assurer et préfèrent se diriger vers les cours privés qui sont mieux rémunérés, regrettant le fait que, dans certains établissements, les enseignants ne les perçoivent même pas. « Nous ne sommes pas contre les cours de soutien au sein des écoles, mais nous exigeons d’abord une revalorisation de la rétribution de ces heures supplémentaires », lâche le syndicaliste. « Nous avons demandé depuis très longtemps de relever la valeur de ces heures supplémentaires à 1 000 DA, en vain.
Nous continuerons à le revendiquer car cela pourrait réduire un tant soit peu le commerce de la maffia des cours privés ». Pour rappel, la rémunération des heures « sup » n’a pas été revue à la hausse depuis les années 1990, affirme M. Amoura, avant d’enchaîner : « Avec une révision à la hausse de la rémunération des cours de soutien, l’enseignant aura tout intérêt à rester à l’intérieur de l’établissement au lieu de dispenser des heures supplémentaires à l’extérieur ».
Pour rappel, les directions de l’éducation des wilayas ont instruit les directeurs des établissements d’enseignement moyen et secondaire pour entamer le recensement des heures supplémentaires dispensées par leurs enseignants, et ce afin de lui allouer un budget spécial. Il faut savoir que cette rentrée scolaire connaît une augmentation significative des « heures supplémentaires » dans certaines matières telles que la langue arabe, les mathématiques ainsi que l’histoire et la géographie dans le cycle moyen, alors que les enseignants du cycle secondaire font de leur mieux pour des heures supplémentaires dans les matières dites essentielles, à l’instar de la langue arabe, des mathématiques, de la philosophie, des sciences naturelles et sciences de la vie et des sciences islamiques, en raison du problème de surcharge des classes qui a refait surface après la décision de retourner vers le système ordinaire d’enseignement.