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Nationale

Haut conseil de sécurité :Un danger nommé Libye

Haut conseil  de sécurité :Un danger nommé Libye

La réunion du Haut conseil de sécurité sous la présidence du nouveau chef de l’Etat obéit à deux impératifs : d’abord s’afficher, après le décès général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, comme chef suprême des armées pour les besoins de politique intérieure et, ensuite, donner une réponse claire aux manœuvres presque belliqueuses venues de l’autre côté des frontières.
Ces derniers jours, des bruits de bottes ont, en effet, retenti aux frontières dans ce qui s’apparente à des manœuvres visant, sinon à minimiser le rôle que pourrait jouer l’Algérie sur la scène régionale, du moins sonder la réaction des nouveaux maîtres du plus grand pays d’Afrique.
D’abord, au Sud, on s’affaire à faire et défaire des coalitions pour, dit-on, venir en aide aux pays de la région : Niger, Mali et Burkina Faso pour ne citer que ceux-là, sous l’emprise de groupes terroristes. La France, seule puissance européenne à encore risquer une immixtion dans des affaires sahélo-sahéliennes, étant, au demeurant, plus que partie prenante dans cet imbroglio qui, primo, met dans un étau cette partie du continent et secundo, constitue un danger pour la sécurité du Sahara algérien, d’autant que les efforts fournis par l’Algérie pour le règlement de la crise malienne et l’accord signé à Alger par les belligérants est loin de constituer un accord de pacotille. Une immixtion qui constitue aussi un souci au Sud dans les grandes contrées de l’Afrique de l’Ouest, tout aussi malmenée par des groupuscules qui s’attachent encore au dogme doctrinal de l’islam politique pour se positionner, non sans l’aval d’autres puissances occidentales.
Ensuite à l’Est, la Turquie s’est risquée à tâter le pouls de la nouvelle gouvernance à Alger en allant chez le voisin tunisien, dont le Président est aussi fraîchement élu, « l’inviter » à prendre part à un futur conglomérat politique devant se réunir pour discuter du sort du cessez-le-feu en Libye, pays voisin et un des cinq de l’Union en berne du Maghreb arabe. 
Et enfin, à l’Ouest, les médias marocains à la solde du royaume chérifien tentent déjà de diaboliser le nouveau locataire du palais présidentiel et surtout le successeur de feu Ahmed Gaïd Salah. Présentés, l’un et l’autre, comme de durs ennemis de la monarchie.
Devant cet état de fait le Président, qui avait dans son discours d’investiture, donné quelques bribes de ce que sera sa politique dans la région, se devait de réagir.
Concernant le Sahel, le nouveau locataire du Palais d’El Mouradia avait clairement dit que l’Algérie « consentira davantage d’efforts pour concourir à la stabilité et au développement du Sahel », précisant que la diplomatie algérienne « œuvrera encore plus à l’application de l’accord de paix et de réconciliation au Mali signé à Alger, et continuera de tendre la main aux frères maliens pour dépasser les différends ». L’Algérie ne ménagera donc aucun effort pour que la paix et la stabilité retrouvent leur place dans la région, dont les frontières avec le Sahara algérien constituent un point très sensible pour la sécurité.
Devant des représentants diplomatiques accrédités à Alger, et prenant à témoin toutes les chaînes de télévision conviées à couvrir sa prestation de serment, le huitième président de la République avait tout aussi formellement précisé que la solution en Libye ne peut se faire sans l’Algérie. « L’Algérie est le premier pays concerné par la stabilité de la Libye et qu’on le veuille ou non, nous n’accepterons jamais qu’elle soit écartée des solutions proposées au dossier libyen », a-t-il soutenu.
Aussi intransigeant que ses prédécesseurs sur la question du Sahara occidental, Tebboune avait eu des mots on ne peut plus clairs pour souhaiter que les relations entre Alger et Rabat ne soient pas influencées par ce dossier, dont l’issue reste « entre les mains des Nations unies et de l’Union Africaine ». Il avait souligné que « la question du Sahara occidental relève de la décolonisation et « doit rester en dehors des relations avec nos frères marocains », tout en précisant que la construction de l’édifice maghrébin « fera partie des préoccupations de l’Etat algérien » et que « nos voisins soient assurés que rien de mal ou de négatif n’émanera de nous » .
Au-delà de son environnement immédiat où elle a de tout temps fait preuve d’intransigeance sans toutefois intervenir dans les affaires des parties concernées, l’Algérie s’est toujours contentée d’actionner sa diplomatie dans le reste du monde dans le seul but d’apporter au plus sa contribution si nécessaire.

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