Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger : Une passerelle au service du savoir
Le transfert des connaissances et des nouvelles technologies vers l’Algérie, dans un esprit de collaboration collective avec les compétences universitaires locales, est l’axe nodal mis en relief, ce mercredi, par le Pr Malika Aïd-Boudries, chercheuse et professeure à l’université américaine Harvard, membre du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, installé récemment par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Le Pr Malika Aïd-Boudries a détaillé sa conception du travail au sein de la nouvelle instance mais surtout les perspectives de collaboration qu’elle entrevoit avec les scientifiques et les étudiants établis en Algérie, dans une intervention sur les ondes de la Radio algérienne.
De l’avis de la chercheuse, l’enjeu principal consiste surtout à créer des passerelles entre les compétences algériennes établies à l’étranger et celles qui évoluent dans les universités et les laboratoires nationaux. « Les étudiants et les chercheurs locaux vont bénéficier des expériences scientifiques qui ne sont pas nécessairement présentes en Algérie », a-t-elle expliqué, insistant sur la nécessité impérieuse de « collaborer », puisque « les potentialités énormes » ne manquent pas en Algérie.
Pour Malika Aïd-Boudries, la première caractéristique de ce Conseil réside, bel et bien, dans son caractère multidisciplinaire. Les membres, issus de spécialités différentes, devront, selon ses termes, travailler dans leurs domaines d’expertise respectifs, tout en privilégiant avant tout une démarche collective. « Le groupe est multidisciplinaire.
Chacun de nous va agir dans son domaine d’expertise, mais pas individuellement », a-t-elle fait savoir. « On va créer des sous-comités, certains travaillant sur des sujets proches, des thématiques qui ont une certaine synergie », a précisé la chercheuse. L’objectif affiché est, selon elle, de favoriser la collaboration entre les différentes spécialités et de permettre, à terme, au Conseil de mobiliser ses compétences de manière coordonnée.
Dans cette démarche, Malika Aïd-Boudries a particulièrement mis l’accent sur le partage des connaissances et la transmission des savoir-faire. Elle évoque « des workshops », des formations et « des sessions de training » destinés aussi bien aux étudiants qu’aux chercheurs algériens au niveau local. A ce titre, « on forme les étudiants ou les chercheurs sur certaines technologies nouvelles qui ne sont pas présentes en Algérie », a-t-elle insisté.
C’est précisément dans son propre domaine que la chercheuse voit un champ de coopération particulièrement important. Spécialiste de la génomique et de la bio-informatique, elle est d’avis que ces disciplines constituent encore un domaine nouveau pour l’Algérie et que l’expertise acquise à l’étranger peut contribuer à leur développement dans le pays.
Cette volonté de coopération s’inscrit dans les missions assignées au Haut Conseil par le décret présidentiel n° 26-293 du 7 septembre 2026. Le texte fondateur de l’instance lui assigne notamment pour mission de contribuer à la participation des compétences scientifiques algériennes établies à l’étranger, de proposer des mécanismes durables pour les relier au système national d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et d’innovation, ainsi que de favoriser l’échange des connaissances et des expériences dans les technologies avancées.
Malika Aïd-Boudries figure parmi les 27 experts scientifiques dont les noms ont été rendus publics à l’occasion de la première session officielle du Conseil. La liste comprend des compétences algériennes reconnues dans des domaines aussi variés que le génie biomédical, les sciences des matériaux, l’intelligence artificielle (IA), l’informatique, la physique, la médecine ou encore l’immunologie.
A l’aune de ses déclarations, la chercheuse de Harvard voit dans les échanges avec les étudiants et chercheurs locaux un moyen de faire circuler des technologies et des expériences scientifiques qui peuvent contribuer à l’émergence de nouvelles spécialités.