Hausse généralisée: Le dur quotidien des Algériens
Loyer, soins médicaux, alimentation… Les dépenses des ménages algériens augmentent. La majorité d’entre eux peinent à joindre les deux bouts. Les récentes augmentations des prix des produits alimentaires ont donné un sacré coup de massue au pouvoir d’achat des Algériens. Témoignages.
La cherté de la vie anime toutes les discussions. Au marché, à la maison, sur les lieux de travail…, la question est à l’ordre du jour. La vie est de plus en plus chère. C’est le constat partagé par tous. Mère de deux enfants, Fatiha, enseignante au primaire, affirme que tout est cher. «Tout a augmenté. Aucun article n’est épargné», nous dit-elle, affirmant que pour la même somme dépensée il y a quelques mois, elle ne fait, aujourd’hui, que la moitié de ses achats. «Avant, l’objectif était de boucler le mois sans s’endetter. Mais en ce moment, ma paie « s’évapore » en quelques jours», signale l’enseignante qui affirme : «On n’arrive pas à satisfaire tous nos besoins, alors faire une épargne, c’est quasiment impossible !»
«C’est de pire en pire et ça n’augure rien de bon», précise-t-elle. Pour Samir, c’est le coût de la location de son appartement qui met à rude épreuve son budget. «Je m’en sors difficilement. Entre le loyer, les frais de la nourrice de mon fils et les dépenses quotidiennes, c’est vraiment tout juste», nous fait savoir ce quadragénaire qui exerce une profession libérale. Il affirme que l’épidémie du coronavirus a sérieusement plombé son activité et que la hausse des prix des produits de large consommation n’a pas arrangé les choses. «Je suis toujours à la recherche de bons plans, mais rien à faire. Tout a doublé, voire triplé. C’est inadmissible !», dit-il indigné, signalant les frais supplémentaires induits par la crise sanitaire. Outre l’achat des masques de protection et des solutions hydroalcooliques, ce père de famille a dû faire un test PCR dans un laboratoire privé, en sus de l’achat d’un traitement.
Dans les ménages où seul le mari travaille, les choses sont plus compliquées. «Subvenir aux besoins quotidiens de ma petite famille n’est pas une tâche facile», avoue Hocine, père de trois enfants scolarisés. «Je n’arrête pas de faire mes calculs, surtout à l’approche de la rentrée scolaire. Tout a augmenté. Je ne sais plus comment gérer mon maigre salaire, qui reste statique devant toutes ces augmentations ?», s’interroge Hocine. Yasmina, pourtant une retraitée qui dit que sa pension de retraite lui permet de répondre à ses besoins, affirme que cette hausse vertigineuse des prix est ressentie par tous. Elle pense surtout aux petites bourses.
Dans des familles où les sources de revenus sont multiples, le constat est le même : la vie est chère, et subvenir aux besoins les plus élémentaires devient une mission ardue.
Dans les marchés et dans différents commerces, les échanges entre vendeurs et consommateurs sont permanents. Après avoir fait le tour des prix des fruits et légumes ainsi que d’autres produits, les clients s’interrogent. Pourquoi cette hausse ? Qu’est-ce qui la justifie ? Tels sont, entre autres, les questions auxquelles les commerçants trouvent toujours des explications. Mais du côté des autorités, la question est tranchée : c’est la spéculation qui est derrière ces hausses de prix. Un phénomène que les pouvoirs publics vont traquer avec la plus grande fermeté.
Une peine de 30 années de prison est réservée aux auteurs de ces pratiques, loin d’être «innocentes». Ces mesures pour faire barrage à la spéculation ainsi que les différentes mesures qui seront adoptées, à l’instar de la réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG) et une augmentation du point indiciaire – ce qui permettra une augmentation très significative des salaires -, sauront-elles améliorer le pouvoir d’achat des Algériens ?