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Nationale

Hausse des tarifs et code de la route : Grève des transporteurs, les autorités rassurent

Hausse des tarifs et code de la route : Grève des transporteurs, les autorités rassurent
Une question examinée avec prudence.

Les transporteurs privés ont entamé une grève dès les premiers jours de janvier, perturbant le transport urbain et inter-wilayas alors que les autorités assurent que les questions de tarifs et du nouveau code de la route sont en cours d’examen, dans le respect des professionnels et du pouvoir d’achat des citoyens.

Les images de gares routières désertées, de bus immobilisés, de stations de taxi prises d’assaut et de boulangeries aux étals vides faute de nouvel arrivage en farine ont marqué les premiers jours de l’année. La grève observée par les chauffeurs de bus, de camions et d’autres catégories de transporteurs de marchandises a rappelé, avec force, le rôle névralgique du secteur dans la vie quotidienne des Algériens et dans la chaîne d’approvisionnement nationale.

A l’origine du mouvement, un faisceau de facteurs : la hausse des prix du carburant, certaines dispositions du projet de nouveau code de la route jugées trop contraignantes par les professionnels mais surtout la crainte d’un déséquilibre économique mettant en péril la viabilité de leurs activités. Dans ce climat déjà tendu, la question d’une révision des tarifs de transport s’est rapidement imposée au cœur du débat public.

Face à la propagation rapide de rumeurs faisant état d’une augmentation imminente des tarifs, l’Organisation nationale de protection du consommateur a jugé nécessaire d’intervenir. Dans un communiqué au ton ferme, elle a affirmé qu’« aucune augmentation officielle des tarifs du transport n’a été arrêtée à ce jour », insistant sur le fait que « le dossier demeure en cours d’étude au niveau des autorités compétentes ».

L’organisation a rappelé que la réunion tenue avec les représentants des transporteurs au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et du Transport s’inscrit dans une démarche de dialogue et de concertation. Elle a cependant regretté la diffusion de déclarations évoquant des « accords de principe », estimant que « cette communication approximative a contribué à semer le doute et l’inquiétude chez les citoyens », déjà éprouvés par la perturbation des services publics.

Cette annonce intervient alors que les interprétations des conclusions de la réunion ministérielle divergent, dont l’avis plus tranché du Syndicat national des transporteurs par taxi.

Dans un communiqué publié dans la soirée de vendredi , le syndicat avait indiqué qu’« un accord a été conclu avec les hautes autorités du pays, à leur tête le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et du Transport et le Premier ministre, portant sur une augmentation officielle des tarifs du transport ».

Une affirmation qui a rapidement suscité des réactions et obligé l’administration à recadrer le débat. Dans son communiqué officiel, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et du Transport a indiqué que « la question de la tarification a été abordée », mais que « ce dossier sera étudié avec rigueur et responsabilité », en tenant compte « du caractère social du service public et de la capacité financière des citoyens ».

Le ministère a tenu à préciser qu’« aucune décision définitive n’a été prise à ce stade », soulignant que toute évolution devra être concertée et inscrite dans un cadre institutionnel clair.

C’est dans ce contexte de clarification institutionnelle que la Société de gestion et d’exploitation des gares routières (Sogral) a annoncé la tenue d’« une réunion mardi prochain », dédiée à l’examen des ajustements tarifaires envisagés dans le transport public de voyageurs.

Dans un message publié sur sa page officielle, Sogral a précisé que cette rencontre découle « des conclusions de la rencontre de concertation tenue au ministère de l’Intérieur avec l’ensemble des acteurs du transport terrestre de personnes ». L’objectif affiché est de « procéder à l’étude de la hausse qui pourrait être adoptée dans le transport public des personnes de manière générale », incluant le transport urbain, inter-wilayas et les autres segments du secteur.

Une formulation prudente, qui confirme que l’on se situe encore au stade de l’analyse technique, sans validation définitive, et qui renforce l’idée d’un processus progressif plutôt que d’une décision actée.

Il convient de noter que dès la diffusion, telle une traînée de poudre, sur les réseaux sociaux concernant un éventuel arrêt des activités des taxis et transporteurs privés, l’Union générale des commerçants et artisans algériens a appelé au « dialogue responsable et constructif. ». Issam Badrissi, secrétaire général et porte-parole officiel de l’Union, a déclaré que « l’Union, à travers la Fédération nationale des taxis et la Fédération nationale des transporteurs privés et de fret, suit avec une attention soutenue l’ensemble des préoccupations professionnelles et sociales exprimées par les transporteurs de toutes catégories ». Il a ajouté que « nous nous engageons à porter ces préoccupations, avec responsabilité, auprès des instances compétentes, en respectant les voies légales et institutionnelles ».

Appel à la responsabilité et à la retenue

L’Union a ainsi appelé « l’ensemble des professionnels à la retenue, au sens des responsabilités et à la prééminence de l’intérêt national et du bien-être des citoyens ». Elle a mis en garde contre « les appels émanant de pages ou sources non identifiées, dont les effets pourraient perturber le fonctionnement normal des services publics et des infrastructures essentielles ». Soutenant que « les portes du dialogue et de la concertation restent ouvertes avec les autorités publiques », M. Badrissi a affirmé : « Nous sommes convaincus que seule une approche constructive et responsable permettra de résoudre les problèmes soulevés et de trouver des solutions concrètes qui garantissent les droits des professionnels tout en préservant la stabilité générale. »

Sur le terrain, la grève a eu des répercussions directes. Les difficultés de déplacement des citoyens, les perturbations dans la distribution des marchandises et les tensions sur certains produits de large consommation ont rappelé la vulnérabilité des équilibres économiques et sociaux face à l’arrêt du transport. Ces effets ont renforcé la pression sur les pouvoirs publics, appelés à trouver un compromis rapide sans céder à la précipitation, dans un contexte où la stabilité sociale demeure un enjeu central.

Dans ce climat, le président du Mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, a pris position, mettant en garde contre « toute paralysie prolongée du transport des marchandises », estimant qu’elle « se traduirait inévitablement par une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des citoyens ». Le responsable politique a également alerté contre « toute tentative d’instrumentalisation des revendications professionnelles à des fins de déstabilisation », appelant à la vigilance collective. Il a tenu à rappeler que « le droit à la protestation est garanti par la Constitution », tout en soulignant qu’« il doit s’exercer dans le respect de la loi et sans porter atteinte à l’intérêt général ».

Bengrina a plaidé pour une approche équilibrée, considérant que « la logique de sanction en matière de sécurité routière doit être accompagnée d’une logique de mise à niveau et d’amélioration des conditions professionnelles », afin de garantir l’efficacité réelle du futur code de la route.



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