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Nationale

Hausse des contaminations au Covid-19: Négligence et insouciance

Hausse des contaminations au Covid-19: Négligence et insouciance

Tous les professionnels du secteur médical vont le diront. La hausse actuelle des cas de contamination au Covid19 en Algérie est due notamment au non-respect des mesures de prévention. Il suffit d’une petite virée dans les rues et les quartiers de la capitale pour le constater. De la négligence, mais aussi de l’insouciance.

On compte plus de 1000 morts depuis le début de la pandémie et des milliers d’autres personnes touchées.
Alger est classé deuxième wilaya, de par le nombre des cas positifs recensé derrière Blida.
Des chiffres qui n’ont pas pu convaincre nombre d’Algérois de respecter les mesures pour la lutte contre la pandémie et sa propagation.

En certains endroits, comme ce fut le cas dans les communes de l’Ouest d’Alger, Ouled Fayet, Baba Hassen, Douéra, Khraissia et bien d’autres, des marchés de bestiaux informels sont apparus. Ici, les moutons destinés à l’abattage en perspective des fêtes du sacrifice, sont proposés à la vente.

Les acheteurs tout comme les vendeurs, et ils sont nombreux, ne mettent pas tous les bavettes de protection, et ne respectent nullement les distances sanitaires obligatoires ou mesures barrières. La foule est nombreuse.

On ne parle pas corona. Mais tout l’intérêt des palabres est accordé au prix des moutons, leurs poids, leurs qualités.
Certains de ces vendeurs de moutons passent la nuit sur place, car la plupart sont venus d’autres wilayas limitrophes de la capitale, entre autres Djelfa, Ain Defla et Médéa.

Ces marchés improvisés ne désemplissent pas. Car, les acheteurs affluent à toute heure du jour et de la nuit en quête d’une bonne occasion selon les bourses.

Tandis que les hôpitaux sont saturés, que les médecins, les paramédicaux et le personnel de la santé payent le prix fort dans leur lutte contre cette maudite maladie, d’autres algériens vivent dans l’insouciance totale, presque dans le déni même de ce virus.

Ce ne sont pas quelques milliers, mais d’une frange importante de la population qui fait fi de toute recommandation sanitaire et ne respecte pas les mesures initiées contre la pandémie.

Certains employés et agents de bus et minibus privés ne mettent pas les bavettes. Pis, ils ont violé même les instructions de la Direction des Transports d’Alger à savoir ; le respect de la distanciation d’un mètre entre chaque passager.

C’est le cas pour les lignes Chéraga-Ouled Fayet ou encore Ouled Fayet-Douéra, où les bus privés sont remplis des dizaines de passagers, femmes, hommes, enfants, jeunes et vieillards, entassés comme des fourmis. Les scènes sont surréalistes.
Aux bureaux de poste, des chaines interminables ont lieu, depuis le déconfinement décidé par les hautes autorités du pays, voilà plus de quinze jours déjà.

Les images sont encore indescriptibles. Les bureaux de poste subissent des pressions énormes, soit par manque de liquidité, soit en raison de la hausse des dépenses des ménages. Dans d’autres lieux, c’est surtout le non fonctionnement des appareils de distribution automatique des billets de banque qui poussent les usagers à affluer vers ces bureaux et leurs guichets.

Les bureaux de poste enregistrent, chacun, une moyenne de 1000 transactions par jour.

D’habitude, les chaines ont lieu le 22 du mois, qui coïncide avec le versement de la pension de retraite. “Mais depuis quelque temps, et on ne sait pas pourquoi, les chaines ont lieu quotidiennement”, dira un homme la soixantaine bien entamée, qui, devant une queue interminable devant le bureau de poste d’Ouled Fayet, nous montre le ticket qui lui est remis.160 personnes le précédent, et donc des heures avant de conclure son opération.

Dans les marchés, les attroupements sont légion. Aux bureaux de la société nationale de l’électricité et du gaz, les chaines sont également considérables, malgré l’annonce faite par la société de ne pas procéder à la coupure de l’énergie électrique, pour non payement de redevances durant la période de confinement.

Dans certains jardins publics non fermés, nombre de personnes viennent, sans bavettes. Les visiteurs partagent les mêmes bancs non stérilisés depuis des mois par les services d’hygiène de la commune. Avec la fermeture des cafés et des mosquées, ces jardins publics sont très appréciés par la population non active.
Pour beaucoup de citoyens, le déconfinement a été interprété comme une victoire contre la pandémie et certains ont abandonné les mesures classiques de prévention.

D’autres n’ont jamais respecté ces mesures. Les appels à la vigilance n’ont pas trouvé écho auprès de certains.
L’amende de 10 000 dinars infligée par les autorités, pour le refus de mettre les bavettes, n’a pas réussi à raisonner ni les négligents, ni les insouciants. La fermeté et la répression de ces délits n’ont pas pu venir à bout de ces comportements suicidaires.

Cette petite virée dans la capitale est édifiante sur l’ampleur des risques d’une propagation. Elle est édifiante également sur le niveau de conscience et de responsabilité de certains sujets, qui vivent en dehors du temps et de la civilisation.
Un comportement irresponsable en cette conjoncture qui risque de peser très lourd, et fatalement, sur la poursuite de la propagation du virus mortel. 

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