Hausse de l’Infertilité masculine en Algérie : Inquiétude des spécialistes – Le Jeune Indépendant
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Hausse de l’Infertilité masculine en Algérie : Inquiétude des spécialistes

Hausse de l’Infertilité masculine en Algérie : Inquiétude des spécialistes

L’infertilité touche des millions de personnes en âge de procréer dans le monde. Si sur le plan social, le sujet de l’infertilité masculine reste un tabou, sur le plan médical et scientifique, il est un phénomène toujours sérieux et grave. La hausse du taux de cette « pathologie » dans la population algérienne inquiète les spécialistes. Plus de 15 % des couples consultent pour des difficultés à procréer et dans 60 % des cas, c’est l’homme qui est infertile.

Dans son intervention au 4e Congrès sur la biologie médicale, le Dr Fedala, spécialiste en endocrinologie au CHU de Mohamed Lamine Debaghine, à Bab El Oued a mis en avant les causes d’origine endocrinienne (hormonale) des infertilités masculines. Elle a fait savoir que l’infertilité touche des millions de personnes en âge de procréer dans le monde. « Chez l’homme, ses étiologies sont multiples, une obstruction de l’appareil reproducteur causant des dysfonctionnements de l’excrétion du liquide séminal, imputable à des lésions ou des infections des voies génitales, une incapacité des testicules à produire des spermatozoïdes en raison de varicocèles ou de traitement médicaux comme la chimiothérapie ». 

Elle a ajouté que « l’infertilité peut être causée par une anomalie de la fonction des spermatozoïdes et de leur qualité ou des facteurs environnementaux et liés au mode de vie, comme le tabagisme, la consommation excessive d’alcool et d’obésité ».

Selon la cheffe d’équipe d’un laboratoire de recherche sur la génétique et les maladies métaboliques, « les troubles endocriniens constituent une autre cause importante d’infertilité », estimant qu’« ils doivent être reconnus précocement et traiter spécifiquement, car cela pourrait modifier le pronostic des patients ».

Par ailleurs, selon le rapport présenté par Charlotte Dupont, docteur en pharmacie, spécialité biologie médicale, option biologie de la reproduction, « l’infertilité est une pathologie du système reproductif qui touche aujourd’hui plus d’homme que de femmes ». Elle a ajouté que « les causes de l’infertilité masculine sont diverses et difficiles à classer, car parfois complexes et associés. Le taux d’hommes présentant des anomalies dans leurs spermogrammes (permet l’analyse quantitative et qualitative des spermatozoïdes) et le spermocytogramme (l’un des examens clefs de l’exploration de la fertilité masculine) est en augmentation ».

Elle a précisé que « le diagnostic clinique porte sur de nombreux sujets liés à l’environnement, notamment en ce qui concerne l’alimentation, comme les hormones que l’on donne au poulet ou le surdosage de pesticide dans l’agriculture, sans oublier le retard de l’âge de mariage, l’influence de l’alcool, la drogue ou la cigarette.

Pr Farid Haddoum, chef de service néphrologie au CHU Mustapha Bacha a quant à lui mis en relief l’importance capitale de la biologie médicale dans le diagnostic de quelconque pathologie. Il a déclaré : « les données biologiques sont une source d’information sans équivalent », estimant « que des mesures devraient être prises pour faire face aux intervenants étrangers à cette profession, à savoir la biologie médicale, dont les pratiques faussent souvent le diagnostic ».

Selon lui, sans la biologie médicale, le médecin est « malvoyant », car les reins, les glandes endocrines, la moelle osseuse… ne sont pas accessibles à l’examen clinique. « La biologie devient la « loupe » qui va permettre au clinicien de comprendre, de suspecter de confirmer puis de traiter et surveiller ses patients » a-t-il expliqué. Et d’enchaîner « les maladies rénales, qu’elles soient, aigues ou chronique sont « sournoises »et silencieuses surtout à leurs débuts. C’est la biochimie sanguine et urinaire qui va les révéler.

Ce qui était « invisible » devient évident, les relations sont faites avec un tableau clinique, tous les « morceaux du puzzle diagnostic » s’affichent, la « magie » va opérer. On enseigne à nos élèves, par devoir et par plaisir, cette subtile « sémiologie biochimique » qui révèle, explique, confirme et évalue le traitement ».

Revenant sur les mesures préconisées pour faire face aux intervenants étrangers dans la biologie médicale, il a fait savoir que pour le court terme, en attendant que les autorités compétentes régularisent la profession et garantissent la sécurité des patients dans ce secteur très sensible, deux actions me paraissent salutaires.

D’après lui, le rôle du Conseil de l’ordre prend toute sa place morale et sa dimension éthique pour mettre fin des dérives souvent signalées. Les associations d’usagers se doivent également de réagir, d’agir et d’informer l’opinion publique à tous les niveaux. Les contributions des laboratoires d’analyses peuvent être utiles, les apports sont nombreux tant sur le plan de santé publique, de la découverte sanitaire dans les déserts biologiques, de la recherche médicale et au-delà par l’introduction de nouvelles techniques de diagnostic, sans oublier la création d’emploi. Les données numériques « emmagasinées » sont une source d’information médicale, sans équivalent, pour qu’elles soient exploitées.

Les données en leur possession peuvent nous renseigner sur la prévalence, par exemple, des bilans rénaux perturbés à l’échelle d’une région ou de toute l’Algérie à une période donnée.  

 

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