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Nationale

Hanoune inculpée de «complot contre l’armée et contre l’Etat»

Hanoune inculpée de «complot contre l’armée et contre l’Etat»

Louisa Hanoune, emprisonnée depuis quelques jours à Blida, a été officiellement inculpée d’atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’Etat. Ses deux avocats, Mes Ghechir et Ait Larbi, ont confirmé ces deux chefs d’accusation. Selon l’avocat Boudjemâa Ghechir, Louisa Hanoune est inculpée de « complot contre l’armée et l’Etat pour avoir rencontré Saïd Bouteflika, alors conseiller de son frère Abdelaziz, lui-même encore chef de l’Etat ».

Les chefs d’inculpation contre Mme Louisa Hanoune sont les mêmes que ceux contre les trois autres inculpés : atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’Etat », a affirmé Me Boudjemâa Ghechir. Selon lui, ces inculpations sont liées au fait que la cheffe du PT a rencontré Saïd Bouteflika durant la crise née du mouvement de contestation déclenché en Algérie le 22 février. Et de révéler : « Mme Louisa Hanoune a reconnu avoir rencontré Saïd Bouteflika, seul, et à sa demande. Il n’y a pas eu de réunion des quatre (inculpés) », a-t-il souligné, précisant qu’à l’époque Abdelaziz Bouteflika était toujours président de la République et son frère Saïd toujours son « conseiller spécial ». Elle « avait l’habitude de donner son avis sur la situation politique, même avec le président Bouteflika », a-t-il ajouté. De son côté, Me Mokrane Ait Larbi a indiqué que sa cliente est poursuivie pour « complot dont le but est de saper l’autorité d’un commandant militaire », et « complot visant à changer le régime ». Il a tenu à préciser que Hanoune est poursuivie dans le cadre de l’affaire dite « Toufik, Tartag et Said Bouteflika ». Cette affaire continue de générer de nouvelles révélations mais aussi des craintes pour certains acteurs politiques.

Ainsi, le général à la retraite Khaled Nezzar a été entendu en tant que témoin ce mardi par le tribunal militaire de Blida. L’audition, qui a duré plus de deux heures, a porté sur les contacts qu’a eus le général à la retraite avec Said Bouteflika et sur « l’état de siège » que ce dernier projetait de décréter en cas de troubles suite à l’imposition du cinquième mandat. Nezzar a fait part de son témoignage au sujet la tentative de limogeage de Gaid Salah de son poste de chef d’état-major de l’armée et son remplacement par un autre général proche de l’entourage de l’ancien Président, toujours selon la déposition de Nezzar qui a quitté le tribunal, libre. Nezzar avait tenu à rendre publics ses entretiens avec Said Bouteflika quelques semaines avant la démission de son frère Abdelaziz Bouteflika.

L’ancien ministre de la Défense revient sur les deux coups de fil passés entre eux au début du mouvement populaire, le 7 et le 30 mars : « Jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du Président -son frère Saïd- s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays. Pour l’histoire, j’aimerais apporter un témoignage pour dire jusqu’où était décidé à aller cet homme qui ne voulait pas comprendre, qui ne voulait pas imaginer, que le rideau était définitivement tombé », écrit-il. Le général à la retraite Nezzar demande à Said Bouteflika d’examiner deux propositions dont particulièrement la seconde, qui va faire sortir Said Bouteflika de son rôle de conseiller pour devenir le principal décideur. La seconde

proposition, la plus raisonnable selon Nezzar, suggère la démission de Bouteflika : « Je suggérais également à Saïd la démission du président du Conseil constitutionnel et celle des deux chambres du Parlement. » Saïd Bouteflika rejeta d’emblée cette seconde proposition la trouvant « dangereuse pour eux ». A la question : « Et si cette énième lettre était rejetée, que feriez-vous ? » Il me répondit : « Ce sera l’état d’urgence ou l’état de siège ! » J’étais surpris par tant d’inconscience. Je lui répondis : « Si Saïd, prenez garde, les manifestations sont pacifiques, vous ne pouvez en aucun cas agir de cette manière ! » A cet instant, je me suis rendu compte qu’il se comportait comme le seul décideur et que le Président en titre était totalement écarté », écrit-il encore.

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