Hanoune détaille son échange avec Tebboune : Ce qui s’est dit durant les quatre heures
Au siège du Parti des travailleurs (PT), ce dimanche à Alger, la secrétaire générale, Louisa Hanoune, est longuement revenue sur son entrevue de quatre heures avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, abordant un large éventail de dossiers nationaux, économiques, sociaux et internationaux.
En cette circonstance, Louisa Hanoune a affirmé que l’échange qu’elle a eu avec le chef de l’Etat, « n’a rien de secret » et que les citoyens « doivent connaître le contenu » de cette rencontre. A ses yeux, la discussion, menée « sans contrainte » pendant quatre heures, a permis d’examiner des dossiers jugés « prioritaires », mais davantage « le renforcement de l’économie nationale ».
Louisa Hanoune a déclaré avoir demandé au Président une revalorisation du Salaire national minimum garanti (SNMG) « à tous les échelons », ce à quoi il a répondu que cette hausse interviendrait « à partir de janvier ». La même requête aurait été évoquée pour les pensions de retraite, M. Tebboune a donné son quitus, sans plus de précisions de la part de Hanoune.
L’Agence nationale de l’emploi (ANEMANEM Agence nationale de l’Emploi) et le dossier du chômage ont occupé une large place dans les discussions. Mme Hanoune a évoqué, lors de cet entretien, les « aberrations » du dispositif de bourse de chômage, précisant que les bénéficiaires doivent « n’avoir jamais travaillé », « avoir moins de 40 ans » et ne percevoir l’allocation que « pendant six mois, renouvelable une seule fois ». Au-delà, a-t-elle regretté, ils « se retrouvent exclus sans perspective d’emploi ». Selon elle, le Président aurait demandé des « éclaircissements », précisant qu’il n’avait « jamais demandé une durée de six mois ». De ce point de vue, Mme Hanoune a affirmé que les start-up « ne résoudront pas » le problème massif du chômage.
Sur le volet économique, l’échange a, dans un premier temps, porté sur les crises au niveau international, en particulier la baisse des prix des hydrocarbures et ses répercussions sur l’économie nationale. Selon ses propres termes, le Président a expliqué qu’il ne visait pas « l’autosuffisance économique totale », mais plutôt « le renforcement de l’économie nationale »
A ce titre, Louisa Hanoune a souligné des « contradictions entre les déclarations officielles et leur concrétisation sur le terrain », estimant que celles-ci ont entamé la confiance des citoyens envers les institutions. Elle a cité, comme exemple, quelques décisions relatives au secteur agricole, qu’elle qualifie de stratégique, ainsi que la situation des retraités dont « les revendications n’ont pas été satisfaites malgré des instructions faites en 2024 par le Président », a-t-elle déclaré. Tout en faisant l’éloge de la numérisation, elle a également parlé de la mise en œuvre « aléatoire » de cette dernière, devenue « une source majeure de problèmes », et a déploré que certains responsables locaux « ne respectent pas les décisions centrales ».
Elle a, en outre, rappelé que le Président s’était prononcé en 2023 contre les contrats de travail précaires, « alors qu’ils persistent encore ». Cela touche, selon elle, la santé, l’éducation, les transports, l’agriculture ou encore les retraites. En outre, Louisa Hanoune a évoqué l’obligation faite aux enseignants universitaires d’assurer leurs cours en anglais, alors que « beaucoup ne maîtrisent pas la langue » et « ne peuvent pas l’apprendre » en un laps de temps. Elle a estimé que cette exigence posait problème, particulièrement dans « les filières médicales », évoquant des ordonnances médicales en anglais majoritairement incompréhensibles.
Dans le même sillage, la figure de proue du PT a salué certaines avancées au ministère de la Santé concernant plusieurs revendications, mais prévenu que l’absence d’écoute des préoccupations pourrait provoquer «une rupture ».
A propos des prochaines échéances électorales, elle a insisté sur le fait de retirer les élus qui ne respectent pas leurs engagements. Elle a déclaré que le projet de loi organique sur les partis politiques a encore été débattu et que le Président estime que la version précédente constituait « une régression ». Concernant la création de nouvelles wilayas, elle a plaidé pour que l’on « pense d’abord aux citoyens avant les privilèges des administrateurs ». Elle a rapporté que le chef de l’Etat souhaite que ces réorganisations soient finalisées avant les élections législatives.
L’entretien a également abordé le génocide en cours à Gaza et au Moyen-Orient. Elle a dénoncé la poursuite des crimes de l’entité sioniste. « Au même titre que la crise au Congo, Trump ne ramènera pas la paix », a-t-elle asséné. Par rapport à cela, le président Tebboune a réaffirmé : « L’Algérie ne lâchera jamais la cause palestinienne ».
Louisa Hanoune a conclu en affirmant que le Parti des travailleurs est prêt à participer aux prochaines élections et à représenter les citoyens, soulignant que le dialogue avec les institutions de l’Etat est important pour traiter les dossiers sociaux urgents.
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