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Nationale

Hanniche : «Mes complices sont des hauts placés !»

Hanniche : «Mes complices sont des hauts placés !»

« Les véritables complices qui m’ont aidé à m’enfuir de la prison d’El Harrach ne sont pas dans le box des accusés, mis à part l’avocate. 

Mes complices sont des hauts placés qui m’ont porté aide et assistance de l’extérieur de la prison. J’ai donné leurs noms non seulement aux gendarmes, au procureur de la République mais aussi au juge d’instruction qui a instruit l’affaire mais en vain, ma dénonciation est restée sans suite. »

« Au lieu de vous pencher sur les petites têtes, monsieur le président, je vous demande d’ordonner l’arrestation de ceux qui font rentrer cette marchandise du Maroc ! » C’est en effet, la principale déclaration faite, avant-hier, par le narcotrafiquant Oussama Hanniche, 28 ans, récidiviste en matière de commercialisation de kif traité, devant le président de la 8e chambre pénale près la cour d’appel d’Alger, Hellali Tayeb.

Le magistrat en charge du dossier a reproché aux avocats de la défense de tous les inculpés, y compris ceux en liberté, de ne lui avoir pas indiqué les noms des autres complices afin de les convoquer devant ses instances. « J’aurais préféré que vos demandes soient faites au début du procès.

J’aurais renvoyé l’affaire et lancé des mandats d’amener contre tous ceux qui ont collaboré directement ou indirectement àcette scandaleuse évasion qui a fait du bruit au lendemain des faits ! »

L’inculpé, entouré des gendarmes de la compagnie de Bouzaréah, a affirmé au président de l’audience qu’il « continuera à profiter des occasions pour quitter sa cellule de la prison de Koléa. Si l’occasion m’en est donnée, je n’hésiterai pas à prendre la fuite ! »

L’accusé a reconnu lors de son passage à la barre avoir chargé l’avocate Laoudj Zahira de le faire évader. Il a déclaré au président qu’il a arrêté la date et l’heure avec elle et lui a suggéré de ne pas remettre le badge 11 qui lui avait été remis par l’agent du pénitencier deux jours auparavant »

Il a par ailleurs indiqué que : « l’avocate l’a accompagné jusqu’à la sortie de la prison où l’attendait son père et son voisin… ». Il a dit en outre que « son père et ses frères étaient au courant de son évasion et du plan qu’il avait tracé avec son avocate mais par contre, sa mère ne savait absolument rien sur cette affaire ».

Appelée à la barre pour donner sa version des faits, l’avocate a déclaré : « Son père m’a appelé et m’a dit qu’Oussama voulait me voir à la prison. Il m’a remis 30 millions de centimes. » Et d’ajouter, les larmes aux yeux : Lorsque je me suis présentée à la prison d’El Harrach, le mis en cause m’a donné l’ordre d’appliquer à la lettre ses directives ; il m’a dit que je devais tout faire pour faire réussir son évasion et m’a proposé pas moins d’un milliard. »

« Au départ et vu la situation financière désastreuse dans laquelle je vivais, j’ai accepté mais le jour « J », je lui ai ramené un costume, une paire de lunettes et des chaussures et même une purique ; j’ai eu très peur et j’allais revenir sur ma décision mais il m’a menacé de tuer mon fils, que je n’ai pas revu depuis mon incarcération. »

Elle a par ailleurs affirmé au président que « les inculpés incarcérés au même titre que moi n’ont rien à voir dans cette affaire. Les gardiens emprisonnés ne savaient pas que j’allais le faire sortir de la prison ».

Les autres inculpés, notamment l’épouse d’Oussama Hanniche et son clandestin qui prépare un master en droit, ont nié avoir eu l’intention de porter aide et assistance au mis en cause.

Son épouse a déclaré aux juges : « Je ne savais pas qu’Oussama était un baron de drogue. Je ne l’ai appris que lorsque le juge d’instruction du pôle judiciaire du tribunal d’Alger me l’a dit. »
Quant au jeune clandestin, il a expliqué : « Mon seul tort est d’avoir donné mon portable avec lequel l’épouse a appelé Oussama ».

Les gardiens de l’établissement pénitentiaire inculpés ont nié avoir participé d’une manière directe ou indirecte à l’évasion du mis en cause. Quant à son complice, à savoir Belaskri, qui purge une peine de 12 ans de prison ferme, il a nié avoir porté aide et assistance au principal inculpé.

Les prévenus qui se sont succédé au dernier mot ont tous clamé leur innocence : « Nous n’avons rien à voir dans cette affaire ; c’est pourquoi nous sollicitons d’être blanchis, des faits qui nous sont reprochés notamment au niveau de l’instruction judiciaire ».
Les avocats de la défense, à l’instar de Mes Youcef Merrah et Tahar Khiar, ont demandé la relaxe pure et simple.

Ils ont estimé que « l’instruction judiciaire a été bâclée. Le juge d’instruction devait ordonner aux enquêteurs un complément d’information et ne pas se contenter des procès-verbaux établis par la Gendarmerie nationale ».

Ils n’ont pas caché leur mécontentement quant à la non poursuite judiciaire du directeur et de son adjoint dans cette affaire : « Au lieu d’être poursuivis en matière pénale pour négligence manifeste ayant permis l’évasion d’un détenu, les concernés ont été promus ! »

Il convient de signaler que le mis en cause a été arrêté et placé en détention à la nouvelle prison de Koléa avant d’être transféré à celle d’El Harrach, car le juge d’instruction du tribunal de Blida s’est dessaisi du dossier en faveur de son collègue, à savoir le juge d’instruction du pole judiciaire d’Alger dans le cadre de l’affaire des 56 quintaux de kif traité saisis par les services de sécurité

L’affaire est mise en délibéré pour dimanche prochain par les juges de la 8e chambre pénale qui se prononceront le jour même dans l’affaire des cadres et fonctionnaires de l’Institut Pasteur d’Algérie

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