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Nationale

Hamrouche le joker d’El-Mouradia ?

Hamrouche le joker d’El-Mouradia ?

Mouloud Hamrouche et le FFS font le forcing ces derniers jours pour faire admettre la thèse selon laquelle un danger imminent guette le pays si les forces en présence, pouvoir d’un côté et opposition dans son ensemble de l’autre, ne joignent pas leurs efforts pour arriver à un compromis historique.

L’ex-chef de gouvernement, tout comme le FFS d’ailleurs, va s’attirer pourtant les foudres de l’opposition. D’El-Oued où il a animé un meeting samedi dernier, notre collègue d’El Watan nous décrit le décor et l’atmosphère à son arrivée dans la ville aux mille coupoles.

Un comité d’accueil des plus officiels et un enthousiasme débordant des fideles relais de Hamrouche qui s’est présenté dans un costume présidentiel taillé sur mesure.
Lors de son intervention, l’ex-chef de gouvernement a lancé un pavé dans la mare de l’opposition qui s’accroche vaille que vaille à cet article 88 de la Constitution, qui définit les modalités pratiques de la destitution du président de la république en cas de maladie grave ou contraignante, battant en brèche les arguments de la CNTLD.

Avec sa connaissance précise des rouages de la république et son capacité à tout analyser en fonction des éléments en sa possession, Hamrouche pose la problématique de la succession en d’autres termes. Selon lui, l’application de l’article 88 pour destituer le Président en exercice n’est pas à l’ordre du jour.

« Je voudrais bien savoir de quoi on parle au juste.
Car techniquement, politiquement et idéologiquement, il n’existe nulle part un article dénommé article 88, et ce, pour la simple raison que cette Constitution n’offre pas les moyens de son application » dit-il à la dérobée.

En clair, il manque à la Constitution actuelle d’autres articles qui assurent la période de vacance du pouvoir ce qui semble, en l’état actuel des choses, dangereux pour le pays. Et il le dit sans ambages : « L’Algérie d’aujourd’hui est dépourvue de toute volonté. C’est un péril encore plus grand que celui qui peut émaner des frontières » avance-t-il encore.

A-t-il mesuré le péril grandissant qui guette le pays au point de proposer la construction d’un « consensus nouveau » ? Marche-t-il sur les traces du FFS qui s’échine depuis quelques semaines à vendre à une classe politique indécise mais résolue, sa trouvaille de « consensus national », ou vient-il à la rescousse de cette initiative qui peine à faire adhérer le plus grand nombre ?

Quoi qu’il en soit, la ligne médiane qu’il s’est fixée dans cette sourde bataille place Hamrocuhe en pole position pour court-circuiter un Benflis, le vent en poupe et toutes griffes dehors.
Ce dernier, une jambe dans la CNTLD et l’autre dans l’opposition frontale et fort de son million de voix obtenues lors de la dernière élection présidentielle, compte capitaliser cet acquis en le transformant en parti politique. Tous les jeunes loups du FLN, écartés en 2005, sont venus grossier les rangs de son nouveau parti. Des cadres, des avocats, des magistrats et des hommes d’affaires sont aussi intéressés par l’expérience de Benflis.

D’où cette accélération des événements et le duel qui s’annonce entre les deux hommes forts du moment, et qui sera décisif. Pour vendre cette idée de consensus nouveau ou consensus national, les deux parties sont d’accord sur une seule finalité : le départ du président Bouteflika n’est pas la panacée et n’est pas à l’ordre du jour. Selon eux, il faut faire avec pour réussir la transition démocratique. Tous deux sont passés à la vitesse supérieure.

Hamrouche, qui a freiné un peu des deux pieds compte, selon un proche, donner un nouveau souffle à son périple. Déjà plus de trois rencontres sont prévues ce mois, dit-on encore.

Quant au FFS, il finalise sa deuxième série de rencontres avec les partis politiques et la société civile. Leur hantise est de voir la CNLTD prendre l’avantage sur le terrain. Cette dernière aurait vécu sa première grosse dispute, selon un membre de cette organisation. Une réunion programmée le week-end dernier a été annulée en dernière minute, selon toujours cette même source qui ajoute que les partis dits démocrates se sont opposés aux partis du courant religieux au sujet du rôle et de la place de la femme dans le document final.

Une divergence qui a creusé encore le fossé entre les deux courants politiques. Cette première divergence de fond annonce-t-elle un divorce entre les deux grands courants au sein de cette coordination ?

Pour l’instant, Hamrouche joue sur du velours. Si le FFS réussit son pari de rassembler un maximum de forces politiques avant la fin de l’année, l’ex-chef de gouvernement pourra alors compter sur cette formation pour se poser en alternative crédible. 

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