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Nationale

Hamrouche, ce mal-aimé du pouvoir

Hamrouche, ce mal-aimé du pouvoir

Depuis le retrait volontaire de la scène politique du leader historique du mouvement national et opposant politique de longue date Hocine Aït Ahmed, Mouloud Hamrouche semble endosser malgré lui le rôle de celui-ci durant un demi-siècle.

Au contact de la rude realpolitik, et après son départ de la chefferie de gouvernement en 1991, cet ancien collaborateur de Houari Boumediène n’arrive pas à trouver ses marques ni même à fédérer des forces autour de lui.

Même s’il évite de défier frontalement les institutions,Hamrouche, en lanceur d’alerte, assène ses vérités qui ne plaisent pas, le plus souvent, aux hautes autorités.
En ouvrant grandement les yeux et en écoutant le plaidoyer du père des réformes, on est bien obligé de reconnaître que le pays se retrouve, de nouveau, à la croisée des chemins.

Du coup, on se demande quelle analyse Hamrouche fait de la situation actuelle du pays. Et là, le concepteur en chef des réformes ne prend pas de gants pour dire que la solution se trouve au sein de la hiérarchie militaire qui doit, selon lui, s’impliquer davantage dans le règlement de la crise, car elle exerce malgré tout encore une influence décisive. Hamrouche ne ménage pas ses efforts pour exhorter l’armée à s’impliquer et jouer un rôle fort important dans la vie de la nation, une posture qui ferait rougir les antimilitaristes.

Car l’un des facteurs que le commun des mortels ne peut admettre, c’est le rôle de l’armée dans la stabilisation politique d’un Etat. Pour Hamrouche, le pouvoir se fait par la cooptation en Algérie depuis l’Indépendance. « Une règle qui a empêché des hommes de réussir et des choix politiques et économiques d’aboutir » , dit-il.

Et pour conjurer le sort, il estime que seule l’institution militaire « est capable de briser cette règle » .Héros des temps modernes pour les uns, défiant seul les plus puissantes institutions de l’Etat, ce rôle de lanceur d’alerte qu’il a endossé depuis quelque temps ne le met pas pour autant à l’abri des critiques de la classe politique toutes tendances confondues.

Et le premier à sortir sa gâchette est Sid Ahmed Ghozali, son successeur à la chefferie de gouvernement. Ghozali lui dénie même la paternité des réformes, les seules courageuses entreprises par le pouvoir au début des années 1990.

Pour Ghozali c’est la situation qui exigeait cela. Comme si Hamrouche avait été contraint de lâcher quelques bribes de liberté. Même son initiative du consensus national, porté par le FFS également, ne trouve pas grâce aux yeux des décideurs. « Cette dynamique est tributaire d’un signal clair de la part de ceux qui contrôlent le pouvoir de décision dans le pays » , dit-il, reconnaissant la complexité de la tâche.

Sur le volet économique, Hamrouche estime que cette crise peut mettre à mal la cohésion de la nation. « Ce n’est pas une crise conjoncturelle ; la menace est réelle ; nous sommes au bord d’une catastrophe » , a-t-il averti. En fin de compte, Hamrouche fait voler en éclats le vernis du gouvernement, qui ne semble pas prendre la mesure de cette crise. Face à la culture du secret, le peuple doit compter sur les lanceurs d’alerte pour apprendre ce que l’État est en train de faire.

En choisissant ce moment pour s’exprimer publiquement, après sa sortie d’il y a quelques mois, Mouloud Hamrouche s’adresse directement aux autorités pour leur éviter de gâcher une autre chance qui sera peut-être la dernière avant la catastrophe annoncée. 

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