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Energies

Hakkar : La raffinerie Augusta est toujours déficitaire

Hakkar : La raffinerie Augusta est toujours déficitaire

Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a fait savoir ce mardi que la raffinerie Augusta, achetée à pertes en 2018 par le groupe pétrolier n’a est toujours déficitaire.

S’agissant du retrait de BP de l’Algérie, M. Hakkar a d’abord rappelé la nouvelle orientation de cette compagnie qui va se retirer graduellement dans les années à venir des hydrocarbures fossiles et se tourner vers les énergies renouvelables.

« Ces pratiques de vendre les intérêts des sociétés l’une à l’autre selon leurs stratégies, et on ne peut imposer une stratégie à une entreprise étrangère. Ils visent la rentabilité et réaliser leur stratégie, et on ne peut pas leur imposer notre point de vue ou notre position », a-t-il expliqué, lors d’une conférence de presse organisée à la direction générale du Groupe pour présenter le bilan des réalisations de Sonatrach durant l’exercice 2020 et les cinq premiers mois de 2021. « Le business est le business », a estimé M. Hakkar.

« BP va partir et il y a un partenaire (Eni, ndlr) qui va la remplacer », a indiqué le PDG de Sonatrach, qui a ajouté que Eni, sans la citer, va continuer d’investir dans les hydrocarbures en Algérie, parce qu’ »elle est convaincue que c’est rentable, l’avenir du pays l’intéresse, donc, on continue de travailler ensemble ».

M. Hakkar a précisé : « BP est présente sur les gisements d’In Salah et In Amenas et son contrat se terminera en 2027. Il ne reste que six ans. Les gisements sont en déclin », en estimant que « l’impact n’est pas important, premièrement sur Sonatrach, car il y aura un autre partenaire (Eni, ndlr) avec lequel on continuera notre partenariat ».

Selon lui, Equinor, le partenaire de BP dans les deux périmètres d’In Salah et In Amenas, « sont intéressés pour continuer avec Sonatrach au-delà de 2027, et nous avons signé un mémorandum sur cette question. »

La concession du gazoduc Maghreb Europe qui traverse le Maroc se terminera le 31 octobre prochain. « Les discussions entre toutes les parties concernées par ce pipe sont en cours. Il n’y aucune décision qui a été prise à ce jour », a indiqué le PDG de Sonatrach. « Concernant l’Algérie, on était déjà préparé en 2018-2019 à tous les scénarios. Quelle que soit la décision qui sera prise concernant cette concession, elle n’aura aucun impact sur les exportations de Sonatrach », a-t-il assuré. « Sans entrer dans le détail, voilà notre réponse », a ajouté M. Hakkar.

Pour rappel, la presse espagnole a rapporté en mai dernier que le Maroc n’envisagerait pas de renouveler le contrat pour le gazoduc Maghreb Europe qui transporte le gaz algérien vers l’Espagne et le Portugal. Selon les mêmes sources, la crise entre Madrid et Rabat serait à l’origine de cette décision du royaume chérifien.

L’approvisionnement en gaz algérien de l’Espagne s’effectue selon les termes des contrats, a rappelé le PDG de Sonatrach, qui a précisé que certains de ces contrats arriveront à leurs termes le 31 octobre prochain, avec la fin du contrat d’exploitation du passage du gazoduc Maghreb Europe sur le territoire marocain, alors que le reste des contrats d’approvisionnement sont sur le Medgaz, qui part depuis l’Algérie directement vers l’Espagne.

« S’il y a une nouvelle demande du marché espagnol pour le gaz algérien, il y aura des discussions entre les parties algérienne et espagnole », a-t-il souligné, en faisant savoir que jusqu’à maintenant, il n’y a pas de demande. Selon lui, les moyens pour satisfaire toute demande supplémentaire du marché espagnol en gaz algérien ne posent aucun problème. « Parce que, nous avons le Medgaz avec une capacité de 10,5 milliards de mètres cubes par an. Nous avons les unités de liquéfaction de gaz dont les capacités sont disponibles. Nous fournirons la demande espagnole sans aucun problème », a-t-il assuré.

Selon le PDG de Sonatrach, toutes les précautions nécessaires ont été prises pour faire face à l’éventuel non renouvellement du contrat du gazoduc Maghreb Europe par le Maroc. Pour Hakkar, même si ce contrat n’est pas renouvelé, il n’aura pas d’impact même s’il y a une demande supplémentaire du marché espagnol.

Pour ce qui est de la raffinerie Augusta, en Italie, rachetée en 2018 par Sonatrach, M. Hakkar a indiqué : « Cette raffinerie, vous savez tous dans quelles conditions elle a été rachetée. »

« Pour la première année (2019) de son exploitation, elle n’a pas enregistré de résultats négatifs. Pour la deuxième année (2020), elle a coïncidé avec la pandémie, mais malgré ça, elle est en train de faire des efforts importants, et elle a des résultats positifs pour les cinq premiers mois (2021) », a-t-il précisé, en estimant que l’indicateur le plus important pour aujourd’hui, c’est que cette filiale a commencé à payer ses dettes.

« Notre marge d’intervention dans cette raffinerie est limitée pour des raisons bien déterminées. Je ne reviens pas sur ces raisons et les conditions de son achat. Mais, on est en train de faire le nécessaire pour la faire sortir de cette situation difficile. Les résultats sont positifs et nous continuerons nos efforts », a déclaré Toufik Hakkar.

S’agissant de la part de cette raffinerie dans le bilan de Sonatrach, M. Hakkar a expliqué : « Cette raffinerie dépend d’un certain niveau de hiérarchie de filiales au niveau international. Elle dépend d’un sub-holding qui dépend d’un holding qui dépend à son tour de Sonatrach. »

Concernant ses résultats, il a indiqué : « Pour le moment elle n’a pas commencé à produire dans les résultats du sub-holding, et le holding ne participe qu’à travers la remontée des dividendes à la maison mère ».

A une question de savoir si Sonatrach a abandonné le marché libanais auquel elle fournissait le fuel, Toufik Hakkar a tenu à préciser que Sonatrach, en tant que maison mère, n’a jamais signé un contrat avec les autorités ou des sociétés libanaises. « Le contrat qui existe c’est entre Sonatrach petroleum corporation (SPC), filiale de Sonatrach dont le bureau est basé à Londres (Royaume-uni), et le ministère de l’énergie et de l’eau du Liban », a-t-il précisé, en soulignant que le contrat consiste en l’approvisionnement du Liban en fuel.

Concernant la prétendue cargaison de fuel défectueux livrée par Sonatrach au Liban, M. Hakkar a indiqué que c’était « un scandale médiatique, ni plus ni moins ». « Notre filiale a pris la décision de mettre fin au contrat arrivé à échéance le 31 décembre 2020 ».

« Nous n’avons pas renouvelé ce contrat qui d’habitude se renouvelle chaque trois ans à la demande des deux parties », a-t-il expliqué. « Notre filiale a informé les autorités libanaises de sa décision au mois de juin (2020, ndlr). Lorsqu’une partie ne souhaite pas renouveler le contrat, elle doit informer l’autre partie trois mois avant. Et notre filiale l’a fait six mois avant », a-t-il tenu à souligner, en ajoutant que « les autorités libanaises étaient au courant de notre décision et nous n’avons pas renouvelé pour éviter des problèmes », a-t-il dit, en estimant que « ce pays (Liban, ndlr) présente un risque que nous avons supporté un certain moment (…) et aujourd’hui nous n’avons aucun lien commercial avec ce pays « .

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