Guessoum sur l’élaboration d’un décret sur l’interopérabilité numérique : «Permettre aux avancées numériques de produire pleinement leurs effets»
La dynamique qu’enregistre la numérisation de l’administration publique devra se renforcer avec la mise en place d’un système permettant l’échange de données. Le décret présidentiel portant sur le plan d’interopérabilité numérique sécurisée, en cours d’élaboration sur instruction du président de la République, va encadrer cette interconnexion entre les différentes institutions et administrations. Pour l’expert en numérique et technologie, Souheil Guessoum, la mise en place de cette interopérabilité n’est pas un simple maillon dans le processus de numérisation de l’administration, mais une condition qui permettra à toutes les avancées numériques de produire pleinement leurs effets.
L’instruction donnée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier Conseil des ministres relative à l’élaboration d’un décret présidentiel portant sur le plan d’interopérabilité numérique sécurisée et les missions des instances et institutions sectorielles concernées, a été saluée par l’expert en numérique, Souheil Guessoum, qui est aussi président de la Confédération algérienne du Patronat citoyen (CAPC). Interrogé sur le fait que la mise en place de cette interconnexion entre les différentes administrations constituerait le dernier maillon du processus de numérisation de l’administration publique, il a affirmé qu’« elle n’est pas simplement le dernier maillon, elle est l’une des conditions qui permettent à toutes les avancées numériques de produire pleinement leurs effets ». Dans sa déclaration au Jeune Indépendant, il a indiqué que plusieurs administrations disposent déjà de données et de services numériques, l’enjeu est donc de permettre à leurs systèmes « de dialoguer, selon des règles communes et avec des responsabilités clairement définies ».
Selon lui, ce décret peut donner une impulsion déterminante. Sa réussite se mesurera ensuite dans la vie quotidienne, lorsque citoyens et entreprises constateront que les démarches sont effectivement devenues plus simples et plus rapides, a estimé cet expert en numérique, soulignant l’impact de cette mesure sur l’entreprise. Cette dernière ne devrait pas avoir à remettre à une administration une information qu’une autre administration peut vérifier directement et légalement. « C’est ainsi que l’on réduit les délais, les erreurs et les coûts, tout en améliorant la transparence », a précisé M. Guessoum, lequel a aussi mis en avant la position de l’organisation patronale qu’il dirige. « Au niveau de la CAPC, nous défendons depuis longtemps cette approche. Elle suppose une véritable gouvernance des données : des informations fiables, des formats communs, une identification cohérente des usagers, la protection des données personnelles et une cybersécurité solide », a-t-il souligné.
Pour ce qui est de la création d’un portail national des services numériques, à savoir Dzair Digital Services, le président de la CAPC a affirmé que l’Algérie a franchi une étape importante et qu’à travers ce portail les services publics numériques commencent à être réunis dans un espace plus accessible aux citoyens et aux entreprises. L’efficacité de cette réalisation se mesure cependant à son application, à son fonctionnement sur le terrain et ses résultats. « Un formulaire mis en ligne ne suffit pas si l’usager doit ensuite se déplacer, fournir les mêmes documents à plusieurs administrations ou attendre les mêmes délais qu’auparavant », a estimé M. Gouessoum.
L’ambition doit être donc « plus grande » selon le président de la CAPC, selon lequel il est nécessaire de « repenser les procédures, supprimer les étapes inutiles et permettre à l’administration d’utiliser, dans un cadre sécurisé, les informations qu’elle détient déjà ». Une façon de faire qui aura un impact positif sur le citoyen et l’entreprise. Pour cette dernière, cela signifie « moins de temps consacré aux formalités et davantage de temps consacré à investir, produire et créer des emplois ». Pour le citoyen, cela signifie « un service public plus simple, plus rapide et plus équitable ».