Guerre contre l’Iran : L’US Navy incapable d’escorter les navires dans le détroit d’Ormuz
La marine américaine aurait informé les compagnies transport maritime et le secteur pétrolier qu’elle n’est pas en mesure d’assurer l’escorte des navires traversant le détroit d’Ormuz, invoquant une recrudescence des risques depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, a rapporté ce mardi l’agence Reuters.
Malgré des réunions d’information régulières avec les acteurs de l’industrie pétrolière, les responsables de l’US Navy auraient opposé une fin de fin de recevoir à des demandes quasi quotidiennes de protection militaire. « Le risque d’attaques est actuellement jugé trop élevé », auraient précisé ces sources, soulignant l’incapacité opérationnelle à garantir la sécurité des cargaisons dans ce passage stratégique.
Cette position tranche radicalement avec les déclarations politiques récentes. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, avait affirmé sur son compte X (ex-Twitter) que les États-Unis avaient escorté avec succès un pétrolier à travers le détroit, avant de supprimer son message peu après.
Ce revirement affaiblit la ligne de fermeté affichée par l’administration Trump, qui avait promis de sécuriser le commerce maritime mondial et menacé Téhéran de « frappes sévères » en cas d’entrave à la navigation.
La partie iranienne n’a pas tardé à exploiter ce flou communicationnel. Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien, a ironisé sur les réseaux sociaux :
« Un pétrolier aurait traversé le détroit d’Ormuz sous escorte de l’US Navy ? C’est peut-être arrivé, mais seulement sur PlayStation. »
Cette situation place les compagnies maritimes dans une incertitude croissante, alors que le détroit d’Ormuz reste le poumon du transit pétrolier mondial.
Téhéran verrouille le passage
De son côté, l’amiral Alireza Tangsiri, commandant des forces navales des Gardiens de la révolution, a durci le ton en affirmant qu' »aucun navire lié aux « agresseurs de l’Iran n’est autorisé à franchir le détroit d’Ormuz.
Selon Reuters, les évaluations de la Navy confirment une perturbation durable des exportations pétrolières au Moyen-Orient. Ce constat marque une rupture nette avec les promesses du président Donald Trump, qui assurait que les États-Unis étaient prêts à fournir une escorte navale « chaque fois que nécessaire » pour maintenir le flux régulier des cargaisons dans cette voie navigable vitale.
L’importance du détroit d’Ormuz ne peut être sous-estimée. Véritable poumon énergétique mondial, il relie le golfe Persique au golfe d’Oman, ouvrant la voie vers les océans. Point de passage névralgique pour le pétrole et le gaz des pays du Golfe vers les marchés internationaux, toute entrave à la navigation dans cette zone a un impact direct et immédiat sur l’approvisionnement énergétique mondial et la volatilité des prix.
Cette escalade intervient alors que l’Iran fait l’objet d’une offensive menée par les États-Unis et Israël depuis le 28 février dernier. Ces opérations ciblent aussi bien des quartiers résidentiels que des infrastructures civiles et des ressources naturelles sur le territoire iranien, plaçant la région sous une tension sans précédent.