Guendouzi : «L’entreprise doit aussi jouer son rôle dans l’exportation»
Le soutien aux exportations hors hydrocarbures se confirme avec la panoplie de mesures déjà prises par les pouvoirs publics qui ont affiché leur volonté et surtout souligné la nécessité de diversifier les exportations. Les entreprises sont néanmoins appelées à prendre le relais, en proposant un produit exportable, prospecter des marchés extérieurs et aussi maîtriser le métier de l’export dans toutes ses dimensions.
C’est du moins l’avis du professeur d’économie et de commerce, Brahim Guendouzi, lequel a signalé les différents aspects de l’opération d’exportation. Selon lui, les entreprises doivent avoir un produit exportable et concurrentiel qui répond aux normes exigées par le pays d’accueil, en plus de maîtriser l’environnement général de l’exportation dans toutes ses dimensions (logistique, opération de banque…). Cela nécessite, a-t-il souligné, une coordination et un savoir-faire que l’entreprise doit maîtriser.
La prospection des marchés à l’extérieur est aussi un élément important dans l’activité d’exportation. « Le client ne vient pas tout seul, il faut aller chez lui », a indiqué M. Guendouzi, lequel a souligné la nécessité de développer des procédures d’exportation pour faire connaître davantage le produit algérien et trouver des partenaires dans un pays cible.
L’ouverture des expositions permanentes des produits algériens à Nouakchott et Dakar ne suffisent pas à elles seules, selon M. Guendouzi, lequel a souligné la nécessité de cibler d’autres pays même en dehors du Continent africain. « Les pays de l’Union européenne peuvent être des cibles pour développer nos exportations », a-t-il précisé.
La formation du personnel de l’entreprise à l’exportation, qui est un métier à part, est également un impératif. « Les grandes entreprises ont des structures spécialisées à l’export et sont déjà intégrées dans des chaînes de valeur internationales et arrivent à exporter, mais le tissu économique algérien est composé de PME.
Ces dernières ne sont pas structurées spécialement pour l’export », a indiqué le professeur d’économie et de commerce, appelant les entreprises à former un personnel spécialisé pour donner une performance à l’entreprise sur le marché extérieur.
Il a, par ailleurs, relevé des dysfonctionnements et des contraintes sur le terrain qui entravent les exportations et que l’entreprise n’arrive pas à solutionner. Raison pour laquelle, a-t-il noté, des ateliers ont été organisés par le ministère du Commerce avec la participation d’autres départements ministériels et les organismes concernés. L’objectif est d’asseoir une meilleure coordination entre les institutions qui contribuent à l’acte d’exporter et les opérateurs. « Tous les intervenants doivent être sur la même longueur d’onde », a-t-il souligné.
Le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a en effet adopté une nouvelle approche pour soutenir au mieux les exportations hors hydrocarbures. Des ateliers regroupant toutes les parties prenantes dans l’activité de l’exportation sont organisés. Le premier a été organisé avec le ministère du Transport, lors duquel ont été discutées, en présence du premier responsable du secteur, les procédures logistiques relatives à l’exportation.
Le ministre du Transport avait alors fait part de la disponibilité du secteur à accompagner les opérateurs économiques, à faire réussir les opérations d’exportation et à remédier aux dysfonctionnements au niveau de l’administration en vue de lever les obstacles rencontrés.
L’accompagnement sera également assuré par le ministère des Finances qui se dit, de son côté, prêt à soutenir les opérateurs dans leur activité d’exportation, à travers des mesures douanières, fiscales et bancaires. Une commission mixte regroupant des représentants du ministère du Commerce et des Finances ainsi que le patronat sera prochainement installée, l’objectif étant la pris en charge des préoccupations des exportateurs.