Grève des transporteurs : Médéa privée de bus
Les transporteurs privés de voyageurs ont répondu massivement à l’appel à la grève lancé ces derniers jours à travers les réseaux sociaux, à la suite de la hausse du prix du carburant appliquée depuis le début de l’année et en réaction aux mesures de durcissement contenues dans le projet du nouveau code de la route.
Hormis les bus appartenant à l’établissement de transport urbain de Médéa (ETUM), aucun véhicule de transport urbain privé n’a assuré de dessertes durant la journée d’hier, samedi, entre les différents quartiers de la ville. La station du centre-ville Tahtouh, ainsi que les autres arrêts, sont restés désespérément vides, au grand dam des voyageurs et des étudiants.
Le débrayage a également concerné les lignes interurbaines, aucune liaison entre le chef-lieu et les autres agglomérations de la wilaya n’ayant été assurée. Cette situation a été constatée au niveau de la gare routière exploitée par la Sogral, où tous les quais de stationnement sont restés vides.
Les voyageurs n’ont pas pu rejoindre leurs destinations, restant coincés, sous un temps glacial, dans les arrêts de bus, n’ayant d’autre choix que de recourir aux taxis. En effet, le transport par taxi a fonctionné normalement entre la wilaya de Médéa et les autres villes du pays.
Si le transport par taxi n’a pas fait défaut dans le périmètre urbain pour certains, il n’en a pas été de même pour d’autres citoyens et étudiants sans moyens, qui n’ont eu d’autre alternative que d’attendre le passage de transports publics assurant les dessertes vers les communes limitrophes de Draâ Smar, à l’ouest, et d’Ouzera, à l’est du chef-lieu de wilaya.
Pris au dépourvu, de nombreux citoyens ne savaient pas à quel saint se vouer, ne sachant que faire pour rendre visite à un malade ou honorer un rendez-vous médical, en l’absence totale d’un service minimum, alors qu’ils s’étaient présentés à la gare routière dès les premières heures de la matinée.
« Personne ne conteste le droit des transporteurs à faire grève pour faire valoir leurs revendications après la hausse du prix du carburant, mais cela ne doit pas se faire au détriment des usagers, pris ainsi en otage », a déclaré un citoyen en colère.
« Bien sûr que nous comprenons que les transporteurs sont confrontés à de nombreux problèmes, leur activité étant devenue des plus compliquées, faute de disponibilité de pièces de rechange, de pneumatiques et face aux charges diverses d’exploitation, alors que les prix d’investissement pour le matériel neuf sont quasi impossibles », a renchéri un autre intervenant.