-- -- -- / -- -- --
Nationale

Grève des résidants: Hasbellaoui dévoile ses propositions

Grève des résidants:  Hasbellaoui dévoile ses propositions

C’est un véritable dialogue de sourds qui s’est installé entre le ministère de la Santé et le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). Au moment où les résidents de toutes les spécialités poursuivent leur boycott des examens du diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS), le ministère dévoile ses propositions pour une éventuelle sortie de crise.

La suppression du caractère obligatoire du service civil, telle que réclamée par les résidents, a été refusée par la commission. Ce qui n’a pas été du goût des grévistes qui poursuivent leur boycott du DEMS. Ce lundi c’était au tour des résidents de cardiologie en fin de spécialité de prévoir de boycotter la deuxième session de cet examen de fin d’études. Dans son document, le ministère de tutelle a répondu point par point aux revendications des résidents, sauf à celles contenues dans le septième chapitre de leur plateforme de revendications relatives aux dispositions pénales contenues dans le projet de la nouvelle loi sur la santé. Pour le docteur Hamza Boutaleb, porte-parole du Camra, les propositions faites par la commission sont « illogiques et contradictoires ».

Il évoque comme exemple la suppression du service civil pour 18 spécialités. « Ils suppriment le service civil pour 18 spécialités vitales, comme la neurochirurgie, alors qu’auparavant ils disaient que le service civil est un patrimoine et qu’il est impossible de le supprimer », a-t-il expliqué. Sur ce dernier point, la commission a rappelé que le service civil est « une obligation instituée par un dispositif législatif qui a pour objectif de répartir les potentialités humaines qualifiées à travers le territoire national, dans une démarche de solidarité nationale ». Les concessions faites par la commission concernant ce volet crucial des revendications des résidents sont la « modulation de la durée du service », la « modification de la liste des spécialités concernées » et le « zoning ». Des dispositions qui, selon la commission, « conduiront inéluctablement à une disparition du service civil ». Pour ce qui est de la prime d’installation, la commission a rappelé qu’elle existe déjà pour les fonctionnaires et agents publics qualifiés exerçant dans les wilayas de Tindouf, Adrar, Illizi et Tamanrasset. La valeur de cette prime est de 20.000 dinars, selon la commission qui fait état de l’existence d’une proposition du Premier ministre pour une « nouvelle prime d’installation qui sera à la charge des collectivités locales sur tout le territoire national ». À la demande des résidents d’être dispensés du service militaire au-delà de 30 ans, au même titre que les autres citoyens, la commission répond que cette question « relève exclusivement de la compétence du ministère de la Défense nationale ». Le ministère de la Défense nationale n’est pas représenté dans la commission intersectorielle. « Concernant les examens nationaux de 1ère année et du DEMS, le dispositif actuel, basé sur les évaluations théorique et pratique, reste maintenu », peut-on lire dans le document du ministère de la Santé. Les résidents ont demandé à ce que l’examen du DEMS devienne facultatif. Quant à la révision du statut du résident, autre importante

revendication des médecins grévistes, la commission botte en touche en arguant : « La révision du statut des résidents en sciences médicales sera faite une fois ce dossier ouvert par le gouvernement au même titre que l’ensemble des corps de la santé ». La commission reconnaît, toutefois, son incompétence pour répondre aux revendications relatives à certaines spécialités médicales. Pour les membres de la commission, la discussion de ces points relève des compétences des comités pédagogiques nationaux en sciences médicales (CPNS) et des services spécialisés du ministère de la Santé. D’autres propositions des résidents sont rejetées par la commission en raison de leur « caractère non réglementaire ». Il s’agit notamment du droit au congé annuel à partir du 16e jour d’activité, de la promotion dans le grade immédiatement à la fin de la période du service civil, ou encore de la signature d’un contrat entre le médecin spécialiste et son établissement.

Dans leur plateforme de revendications, les résidents réclament l’application de dispositions réglementaires qui existent déjà mais qui n’ont jamais été appliquées, comme la mise à disposition des spécialistes du service civil de logements, le droit au regroupement familial, la prise en charge du transport ou encore le droit à la formation continue. À ces revendications, la commission s’est contentée de réponses évasives, rappelant l’existence de ces dispositions et s’engageant à leur application sans en préciser les modalités dans l’avenir.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email