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Nationale

Grève des médecins résidents: risque d’une année blanche

Grève des médecins résidents: risque d’une année blanche

En grève depuis plus de trois mois, les médecins résidents campent sur leurs positions en insistant sur l’abolition pure et simple du caractère obligatoire du service civil. Pour les protestataires, « l’obligation doit changer de camp ».
« Au lieu de nous imposer le service civil au terme de notre spécialisation, les pouvoirs publics devraient plutôt obliger les directions de la santé et les autorités locales des wilayas à leur garantir les moyens socioprofessionnels », a estimé le docteur Tarek Fayçal, membre du Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA), lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Ligue algérienne des droits de l’homme. « Qu’ils assurent le plateau technique adéquat, les équipements nécessaires, le logement et les médecins viendront d’eux-mêmes exercer dans les zones reculées », a renchéri son confrère, le docteur Salah-Eddine du CHU Mustapha.

Pour exercer plus de pression, les médecins résidents jouent la carte du DEMS, examen sanctionnant la fin des études médicales spécialisées. Ils comptent sérieusement boycotter tous les examens des DEMS, même si le risque d’une année blanche est de plus en plus probable. Ils pensent que tous les moyens sont bons pour réformer la couverture sanitaire de l’Algérie profonde qui souffre d’un système de santé jugé « trop médiocre » et qu’il faut absolument changer. Pour eux, Il ne faut surtout pas lâcher prise car le moindre recul pourrait compromettre leur travail et réduire à néant tous les efforts consentis jusque-là. « Une trêve, même momentanée, risque de nous faire perdre notre force, d’autant que les 5 rencontres de négociations avec le comité sectoriel a été un échec », a regretté le docteur Ikbel Abderrahamne du CHU d’Oran, estimant que le pouvoir décisionnel est décapité et la situation est dans l’impasse. « Il n’y aura ni cours ni examens de DEMS jusqu’à l’aboutissement de nos revendications », prévient ce jeune résident en signifiant clairement que ce boycott va peser lourd du fait qu’il n’y aura pas de nouveaux résidents en fin de spécialisation cette année et donc pas de service civil. « Et même les orientations des nouveaux bacheliers vers les sciences médicales seront bloquées pour la rentrée prochaine », a-t-il averti. Pour sa part, l‘hôte des résidents, Hussein Zahouan, de la Ligue algérienne de défense des droits humains (LADDH), a souligné le caractère apolitique du comité, en affirmant que le Camra a été créé pour répondre aux revendications légitimes des médecins en spécialisation et qu’il est appelé à disparaître une fois ses objectifs atteins. Il a par ailleurs dénoncé le silence de la centrale syndicale qui reste muette sur cette crise qui paralyse les hôpitaux depuis des mois. Pour rappel, la grève des 15 000 médecins résidents, suivie à 90 % selon le Camra a été déclarée illégale le 24 janvier dernier par la justice. Outre l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, imposé depuis 1984, cette catégorie du corps médical réclame également de bénéficier de la décision présidentielle 2017 qui exempte les citoyens nés entre 1985 et 1987 du service militaire, en se demandant pourquoi ils sont privés en tant que médecins de ce privilège, au même titre que les insoumis

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