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Nationale

Greffe rénale : 10 000 malades dialysés en attente

Greffe rénale : 10 000 malades dialysés en attente

Au moins 10 000 patients dialysés sont en attente d’un greffon en Algérie, a indiqué hier le professeur Tahar Rayan, chef du service néphrologie du CHU Naffissa-Hamoud (ex-Parnet), faisant état d’un cruel et d’un « énorme déficit » en reins à greffer.

La greffe rénale en Algérie accuse un retard très important du fait, notamment, d’une insuffisance de dons. Une sensibilisation permanente au don d’organes à partir de donneurs cadavériques constitue la solution idéale pour le développement de la transplantation rénale, a estimé le Pr Rayan lors de son passage hier sur les ondes de la Chaîne III de la radio algérienne.

« Quelque 10 000 Algériens sont en attente désespérée d’une greffe de rein faute de donneurs vivants et vu les extrême difficultés auxquelles font face les équipes médicales pour effectuer des prélèvements sur des personnes décédées », alerte le professeur.

La résolution du problème de transplantation rénale auquel sont confrontés constamment les insuffisants rénaux chroniques passe par « l’élargissement du cercle des donneurs, limité actuellement à la seule famille du malade », ne cesse de recommander le spécialiste.

Certes, le nombre d’interventions chirurgicales sur des insuffisants rénaux a augmenté par rapport aux années précédentes mais cela reste encore trop peu pour venir en aide aux milliers de patients algériens.

« Seulement 250 l’ont été durant l’année 2016 suite à un don effectué par un parent », a indiqué le Pr Rayan. Pour illustrer l’extrême détresse des personnes en attente d’un don de rein, le Pr Rayan signale que chaque année, on compte près de 1 000 nouveaux demandeurs en attente d’une greffe rénale, dont une centaine d’enfants espérant une transplantation de ce précieux organe.

Il signale que depuis 1986, date à laquelle a été effectuée, au CHU de Constantine, la première greffe rénale, environ 2 000 opérations ont pu être réalisées par les établissements hospitaliers nationaux maîtrisant la technique de transplantation, et ce à partir, précise-t-il, de donneurs vivants apparentés aux malades.

Il rappelle, par ailleurs, que faute de bénéficier d’une greffe rénale, environ 25 000 insuffisants rénaux, « qui seront vraisemblablement 30 000 dans une dizaine d’années », sont contraints de subir des séances d’hémodialyse pour épurer leur sang.

Une opération fortement éprouvante, physiquement et psychologiquement. Evoquant le projet de création de l’Agence nationale de greffe d’organes prévue dans la loi sanitaire, en attente d’être adoptée par le Parlement, le Pr Rayan signale qu’une fois créée, celle-ci aura pour mission de s’occuper de tous les aspects liés au prélèvement et à la transplantation, notamment ceux relatifs au prélèvement sur les personnes décédées.

Un problème de mentalité

Le Pr Rayan explique la difficulté de se procurer des organes à greffer par le refus des familles de personnes décédées à consentir à un prélèvement sur leur cadavre. Il s’agit, selon lui, d’une question de mentalité qui amène à développer sans cesse des actions de sensibilisation de longue haleine à travers tout le territoire.

Il faut dire que les Algériens n’hésitent plus à faire don d’un organe à un membre de leur famille dans le besoin, mais lorsqu’il s’agit d’un don anonyme, ils restent définitivement plus sensibles. Il reste encore difficile de convaincre une famille de prélever un organe sur le corps d’un proche en situation de mort encéphalique.

Le Pr Tahar Rayan signale que faute d’une forte sensibilisation tendant à faire changer les mentalités autour de cette question, « il faudrait environ 60 années pour éponger le nombre de malades en attente d’un donneur », regrette-t-il.

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