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Nationale

Graves violations des droits de l’homme

Graves violations des droits de l’homme

Des ONG ont organisé, le 14 novembre dernier à Paris, un meeting à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme pour informer l’opinion publique sur les violations graves des droits de l’homme commises par le Royaume marocain.

Plusieurs atteintes graves aux droits humains ont été dénoncées, aussi bien par les associations marocaines que par les organisations internationales de défense des droits de l’homme dont Amnesty International, HRW, FIDH, etc.

Elles ont toutes constaté et dénoncé les arrestations massives et arbitraires, le quadrillage militaire et policier des villes, des villages, des routes, de la région du Rif.

Sont tout autant constatés les interventions violentes, l’utilisation disproportionnée de la force contre les manifestants pacifiques, entraînant la mort de deux personnes (Imad El Attabi et Abdelhafid El Haddad), les assignations à résidence, le chantage fait aux familles des détenus et leur harcèlement ainsi que la pratique, lors des interrogatoires, de la torture avérée, selon le rapport des médecins légistes mandatés par le Conseil national des droits de l’homme.

Des dizaines d’avocats de tous les barreaux du Maroc dénoncent chaque jour les atteintes aux droits de la défense, l’iniquité et les irrégularités des procès.

Des organisations de défense des droits de l’homme, et avec elles des démocrates, ont tiré la sonnette d’alarme à travers des communications ou dans le cadre de rencontres inter-associatives ou institutionnelles, comme fut le cas du colloque du 9 octobre dernier au Parlement européen, présidé par l’eurodéputée Marie-Christine Vergiat.

Lors de la visite officielle du Premier ministre français Edouard Philipe au Maroc, les 15 et 16 novembre, un collectif international d’avocats, en soutien aux détenus de Gdeim Izik, a interpellé ce dernier a travers une lettre ouverte intitulée : « Rappelez au Maroc que les prisonniers politiques sahraouis doivent être traités dignement. »

Les membres du Collectif international d’avocats voulaient attirer l’attention sur la situation des dix-neuf détenus sahraouis : « Nous ne reviendrons pas sur les conditions du procès en appel à l’issue duquel ils ont été condamnés à de très lourdes peines (de vingt ans de prison à la perpétuité), peines prononcées à l’issue d’un procès inéquitable marqué, notamment, par l’exclusion violente des deux avocates françaises de la défense. « Aujourd’hui, les informations qui nous parviennent sur les conditions de détention des prisonniers sont alarmantes », écrivent-ils.

Mais aucune réponse officielle ne leur est parvenue. En plus de l’absence des droits de l’homme, la misère semble se répandre à une vitesse vertigineuse dans l’ensemble du royaume.

15 morts pour un panier de denrées

Quinze personnes ont été tuées et cinq autres blessées dans la bousculade survenue dimanche dernier, lors d’une opération de distribution de denrées alimentaires organisée par une association locale dans le marché hebdomadaire de la commune de Sidi Boulalam.

Depuis dix années, plusieurs centaines de personnes s’agglutinent chaque vendredi à la mosquée d’Assabil et durant le mois de ramadan pour espérer obtenir le couffin rempli de denrées alimentaires.

Le nombre de ces pratiquants double, bloquant ainsi les ruelles autour de la mosquée. Des milliers de postulants, cela exprime d’abord une grande détresse humaine et sociale, une misère que personne ne peut accepter ou tolérer sans réaction.

De plus, selon une récente enquête de l’Association Environmentale Women Association (EWA) une personne sur trois au Maroc n’a pas accès à des toilettes décentes et 34 % de la population rurale ne disposent pas d’installations sanitaires. Un autre chiffre pour le moins inquiétant souligne que parmi les enfants de 15 à 18 ans, ils étaient 26% à exercer une activité économique. 

Les plus jeunes ne sont pas non plus épargnés, puisqu’ils étaient près de 69 000 enfants âgés entre 7 et 15 ans à exercer une activité économique, principalement pour le secteur de l’agriculture en zones rurales, et pour les services, l’industrie et l’artisanat en zones urbaines. Les mariages précoces existent toujours.

Lors du dernier recensement, 0,8% des enfants en 2014, soit plus de 48.000 mineurs, avaient déjà été mariés avant l’âge de 18 ans. Un phénomène qui touche en grande majorité les filles, qui étaient près de 45 800 à être mariées, contre environ 2 500 garçons. Les mariages sont davantage contractés dans le milieu rural (55,9%) qu’urbain (44,1%).

Entre scolarisation, mariages précoces et travail des mineurs, les chiffres livrent un constat inquiétant quant à la situation des enfants. Plus de 41,9% des enfants sont sans instruction, 38,8% ont le niveau primaire, 14,8% le niveau secondaire collégial et 4,5% le niveau secondaire qualifiant.

L’instance pointe du doigt l’abandon scolaire qui touche les filles en particulier. Ces dernières sont également plus concernées par l’analphabétisme dont le taux a tout de même largement baissé depuis 2014. La même étude a dédié un volet au travail des mineurs et aux mariages précoces.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres affolent : 26% des enfants de moins de 18 ans travaillent déjà.

Dans les zones rurales, l’agriculture comme secteur d’activité a la part du lion tandis que dans les zones urbaines, c’est plutôt les services, l’artisanat et l’industrie. Les chiffres des mariages précoces sont également inquiétants. Le HCP révèle que plus de 48 000 mineurs, dont 45 800 filles, se sont mariés avant 18 ans.

Avec le niveau actuel des salaires dans la fonction publique, le Maroc présente non seulement des ratios supérieurs à des pays comme la France ou l’Espagne, mais vit surtout au-dessus de ses réels moyens.

C’est un véritable cliché que fait sauter la Cour des comptes dans son dernier rapport sur la fonction publique. Dans son rapport, la Cour relève que dans la fonction publique, le salaire mensuel net moyen a atteint 7 700 dirhams (DH) en 2016, avec une évolution de 51,6% par rapport à 2006.

Le salaire net minimum s’élève à 3 000 dirhams, marquant une évolution de 89,2% par rapport à 2007. Le niveau des salaires dans la fonction publique au Maroc est également plus élevé que dans d’autres pays, notamment européens.

A titre d’exemple, alors que le salaire net moyen des fonctionnaires représente 3 fois le PIB (produit intérieur brut) par habitant au Maroc, il n’est que de 1,2 fois et 1 fois le PIB par habitant en France et en Espagne. Le résultat est que le Maroc s’offre une fonction publique qui dépasse les moyens de son économie, conclut la Cour des comptes.

Enfin, un rapport annuel « Freedom on the net » du groupe de réflexion Fredoom House a inscrit le Maroc parmi les 30 pays dans le monde qui utilisent des commentateurs progouvernementaux rémunérés pour façonner leurs opinions en ligne.

Troll, bots, fake news, servent à harceler les journalistes, inonder les réseaux sociaux d’opinions inventées et éroder la confiance dans d’autres médias.

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