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Culture

Grandes festivités à l’occasion de Yennayer

Grandes festivités à l’occasion de Yennayer

Sont inscrits au programme, concocté par les pouvoirs publics en collaboration avec les compétences culturelles civiles à cette occasion, des conférences, une exposition de documents écrits concernant les différentes thématiques relatives à Yennayer, des ventes de livres en tamazight, la dégustation de différents plats berbères ainsi que des exemples pratiques sur l’opération de préparation du couscous.
La préparation du couscous a été scindée hier en deux opérations.

La première, à savoir le roulement de la semoule à la main dans une djefna (grand récipient en terre cuite), a été confiée à une jeune fille et la seconde, la cuisson proprement dite, a été prise en charge par une femme d’âge mûr. Sur d’autres stands, ce sont surtout le pain (la galette) et les gâteaux, préparés selon les différents ingrédients anciens, qui ont fait l’objet d’une exposition et d’une dégustation.

Ainsi, le public a pu découvrir la galette dure préparée à base de semoule d’orge, de blé, de seigle et même de semoule préparée à base de glands. De nos jours, la semoule préparée à base de seigle ou de glands n’est pas utilisée dans l’art culinaire. D’ailleurs, même les plats à base d’orge ou de blé ne sont préparés qu’à de rares occasions, comme par exemple Yennayer.

C’est durant les années d’indigence de l’Algérie, c’est-à-dire durant l’époque coloniale, que les familles algériennes consommaient, faute de mieux, les plats préparés à base de seigle ou de glands. Même au sein des familles nanties, les plats préparés à base de blé ou d’orge n’étaient réservés qu’aux hommes.

Les femmes, elles, devaient se contenter le plus souvent du pain de seigle. Dans les familles indigentes, lesquelles constituaient la majorité, hommes et femmes n’avaient droit qu’aux plats préparés à base de seigle ou de glands. A l’indépendance du pays, il y eut d’un seul coup la révolution culinaire.

Le seigle et le gland furent bannis. La couleur de la semoule de seigle ou de glands est noire et les plats préparés à base de ces produits sont non seulement désagréables au goût, mais aussi difficiles à digérer. Si aujourd’hui on prépare, à certaines occasions, des plats à partir de ces produits, c’est juste pour rappeler d’où nous venions.

Autrement dit, il est hors de question que nous retournions vers cette époque de disette. Toujours est-il encore qu’à l’occasion de Yennayer, les familles algériennes, kabyles notamment, préparent le couscous au poulet au dîner. Mais est-ce seulement cela la symbolique de Yennayer dont l’origine remonte à l’antiquité ? Assurément non.

Yennayer dans le monde paysan, notamment, indique surtout le moment de l’élagage des arbres fruitiers et de la taille de la vigne. Par ailleurs, Yennayer constitue un indicateur temporel pour les différentes activités agricoles lesquelles sont indiquées par un laps de temps hebdomadaire.

Au mois de mai, il existe une semaine où il est déconseillé de retourner la terre tout près d’un arbre fruitier, comme le figuier, faute de quoi les cellules vivantes de cet arbre en question mourraient. Donc, il ne peut plus produire des fruits. Une autre semaine de ce même mois est indiquée pour la plantation de certains arbres fruitiers, à l’exemple du cactus, producteur de la figue de barbarie.

Nos grands-parents connaissaient parfaitement cette science temporelle relative à l’agriculture. Ce n’est sans doute plus le cas aujourd’hui. Il va sans dire que le dérèglement climatique est en partie responsable des aléas de note agriculture, mais certainement pas entièrement, notamment en ce qui relève de la culture fruitière.

S’il est vrai que la science agricole a fait des avancées considérables à travers le monde entier, il n’en demeure pas moins qu’il est regrettable que nos instituts spécialisés dans la formation de personnels agricoles n’aient pas encore songé à créer et à mettre en évidence le glossaire agricole de nos grands-parents.

En fin de compte, l’idéal est de militer pour la découverte de Yennayer dans toute sa dimension et non se contenter seulement de son simple côté folklorique comme se remplir la panse avec du couscous au poulet. 

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