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Culture

Grand hommage à l’artiste Taleb Tahar

Grand hommage à l’artiste Taleb Tahar

Un grand rush a été constaté à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, à l’occasion de l’hommage rendu à l’artiste Taleb Tahar avant-hier. L’émotion était aussi au rendez-vous puisque cet auteur compositeur, aujourd’hui âgé de 58 ans, souffre de cécité.

Pour se déplacer, Taleb Tahar a besoin d’un guide pour lui tenir la main. C’est sa fidèle épouse qui remplit cette mission. Cet hommage a été rendu à Talab Taher à l’occasion de ses 40 années de carrière artistique.

C’est en 1976, alors âgé à peine de 17 ans, que l’auteur de la célèbre chanson « Goudjlegh mâzal Imawlinew » (Je suis orphelin et pourtant mes parents sont encore vivants) est passé à l’émission de radio Chaîne 2 « Ihafadhen (Les apprentis) ».

Son essai a été jugé concluant par les examinateurs pourtant sévères. C’est dans ce milieu artistique et radiophonique qu’il trouva aide et assistance auprès de grands maîtres de la poésie et de la musique, à l’instar de Amdjahed Hamid, Ben Mohamed et feu Farid Ali, auteur de la célèbre chanson patriotique « Ayemma S’ver Ouretsrou » (Ô ma mère ne pleure pas).

Grâce aux conseils et appuis de ces maestros, Taleb Tahar se lança dans une carrière artistique fulgurante. Sa discographie est estimée à plus de 250 chansons.

« Ce n’est pas moi qui ai dénombré ma discographie, mais des amis et certains de mes fans », a déclaré Taleb Tahar dans un point de presse qu’il a animé en marge de la cérémonie officielle organisée à cette occasion.

C’est aussi à l’occasion de ce point de presse que l’artiste a déclaré que son nouvel album sortira prochainement sur le marché. « Pour l’heure, dit-il, je suis encore au stade de la correction ». Taleb Tahar, né le 29 mars au village Koukou, dans la commune d’Aït Yahia, daïra de Aïn El-Hammam, qui a formulé le vœu d’embrasser une carrière artistique dès l’âge de dix ans, a côtoyé les grands maîtres de la chanson kabyle dont Cherif Kheddam, Amedjhad Hamid et Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh. Celui-ci était justement présent hier à cette manifestation. Il était donc impossible de ne pas nous rapprocher de lui.

Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh, de son vrai nom Madjid Aït Rahmane, est un artiste en colère. Il a dénoncé le peu de considération qu’accordent les pouvoirs publics à la famille artistique. « Il est temps que le ministère de la Culture révise sa politique culturelle », a signalé l’artiste, qui a repris superbement le répertoire du véritable Cheikh El-Hasnaoui tout en imitant fidèlement sa voix.

« L’Etat rétribue les artistes étrangers avec des sommes faramineuses alors que les artistes nationaux meurent dans le dénuement le plus total, a dénoncé vigoureusement notre interlocuteur, avant d’ajouter avec amertume : « La culture se meurt dans notre pays. »

Questionné sur le niveau de la chanson kabyle, Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh a déclaré qu’elle se porte bien et que l’Algérie « est un pays où la culture s’est profondément enracinée ». « Et pour le constater, précise notre interlocuteur, il suffit de faire une lecture sur les maîtres du chaâbi. Tous se sont imprégnés du style musical et du terroir poétique kabyle ».

Questionné sur ses liens avec Taleb Tahar, Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh a déclaré l’avoir connu en 1975, année où, lui aussi, a débuté sa carrière artistique. Mais comment est venu ce pseudonyme de « Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh » ?

« C’est feu Cherif Kheddam qui me l’a donné en 1975 à l’occasion de mon passage à l’émission ″Ichnayen Ouzekka (Les chanteurs de demain) ″, où j’y ai interprété la chanson A yemma yemma de Cheikh El-Hasnaoui. Feu Cherif Kheddam, avec son oreille experte, a trouvé que ma voix ressemblait beaucoup à celle de Cheikh El-Hasnaoui et, du coup, m’a dit : ″Désormais, nous t’appellerons Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh″ ».

Madjid Aït-Rahmane dit Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh est né le 17 mars 1953 à Larbâa Nath Ouacif. Son père, un moudjahid, pour fuir le danger de mort qui pesait sur lui après que ses activités au sein du FLN furent dénoncées à l’armée française par un traître, fut obligé de mettre sa famille en sécurité. C’était en 1958. La Casbah (Alger) offrit à la famille Aït Rahmane refuge. Une fois sa famille en sécurité, il rejoignit, arme de guerre à la main, le maquis.

C’est donc à Alger que Madjid Aït Rahmane apprit naturellement l’arabe, langue qu’il utilisera plus tard dans son répertoire artistique. Mais à quand un hommage, comme il se doit, au grand maître du chaâbi, Cheikh El-Hasnaoui Amechtoh ? « Ce sera le plus tôt possible ! », a indiqué Nabila Goumeziane, la directrice de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

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