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Nationale

Ghoulamallah veut mettre fin à l’anarchie causée par les fetwas émises par les chaînes privées

Ghoulamallah veut mettre fin à l’anarchie causée par les  fetwas émises par les chaînes privées

Le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghoulamallah, a souligné ce dimanche l’importance d’unifier les avis religieux (fetwas) pour éviter le désaccord entre les algériens, en faisant constater une certaine anarchie dans les fetwas diffusées via les chaînes satellitaires privées de contenu algérien. Intervenant au forum d’El Moudjahid, l’ancien ministre d’Affaires religieuses a affirmé que son instance œuvre dans ce sens, en annonçant une réunion prochaine avec le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs et les chefs de conseils scientifiques relevant du secteur, ainsi que les membres de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) en vue d’interdire la diffusion de toute fetwa sur ces chaînes sans l’approbation des autorités religieuses.

Interrogé sur l’inexistence d’un mufti de la République en Algérie, il a répondu que ce n’est pas les oulémas qui manquent, mais qu’il y a des divergences concernant certaines questions sociales et économiques, « d’où l’importance d’unifier les fetwas », a-t-il insisté. Il a rappelé que son instance a une mission consultative et que l’avis religieux incombe actuellement au Conseil scientifique au niveau des wilayas, celui-ci étant habilité à répondre aux interrogations des citoyens sur la charia et sur la jurisprudence islamique.

Concernant l’implication de son instance dans les textes devant régir la finance islamique, le président du HCI a évoqué la mise en place d’un organe de contrôle relevant du HCI qui travaillera avec la Banque centrale. « Sa principale mission sera d’accompagner les opérateurs économiques dans leurs démarches auprès des institutions financières qui proposent des produits conformes à la charia », a-t-il expliqué. Il a précisé toutefois que cette instance ne va pas s’ingérer dans la gestion interne des banques, mais qu’elle permet d’assurer aux particuliers comme aux entreprises la licéité de leurs transactions et qu’elles soient exemptes de toute forme d’usure (Riba). Dans ce contexte, Bouabdellah Ghoulamallah a fait savoir que le HCI encourage les banques à s’ouvrir sur les finances islamiques pour accueillir des fonds et les utiliser au profit de l’économie nationale et des entreprises. Il a également insisté sur la nécessité de former des théologiens dans le domaine de la finance et de l’économie d’une manière générale.

L’hôte du forum a été interpellé pour exprimer son point de vue religieux sur plusieurs questions de l’heure, notamment les grèves et l’émigration clandestine. Le président du HCI a répondu que son instance ne peut se prononcer en émettant des fetwas sur ces questions, et que ses déclarations restent des avis qu’on peut consulter. Sur la question du débrayage des médecins résidents, par exemple, il a estimé inadmissible de continuer sur cette voie car « des grèves illimitées » pénalisent les malades en premier lieu. Il a affirmé que cela dit, il ne pouvait émettre un avis religieux interdisant les grèves. De même pour l’émigration clandestine, où il est question pour le HCI de faire prendre conscience aux jeunes qu’ils traversent la mer au péril de leur vie et que leur acte s’apparente au suicide, interdit par l’islam.

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