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Nationale

Ghaza à la pointe de la revendication d’un monde plus juste

Ghaza à la pointe de la revendication d’un monde plus juste

Tout le monde sait que l’entité sioniste joue avec le feu. En menaçant d’envahir la bande de Ghaza, le gouvernement extrémiste de Benyamin Netanyahu provoque la communauté internationale. Ce que ce cabinet composé de criminels de guerre omet de prendre en considération c’est la fin de l’unanimisme du moment américain. 

Aujourd’hui, hormis les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Ukraine et les pays de l’Union européenne, le monde se désolidarise de l’agression contre les civils palestiniens de Ghaza. Signes d’un monde qui change, les promoteurs du nouveau multilatéralisme et d’une révision des normes et des règles dans une optique plus équitable et plus juste, ne partagent pas le narratif israélo-occidental.

C’est l’Iran qui a été à la pointe de la mise en garde. « Si les attaques du régime sioniste contre la population sans défense de Ghaza se poursuivent, personne ne peut garantir le contrôle de la situation contre la perspective d’un élargissement du conflit », a déclaré ce dimanche, à partir de Doha, le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian. 

Est-ce considérer qu’une éventuelle offensive sioniste contre Ghaza est une ligne rouge que Téhéran ne permettrait pas ? Il n’est pas impossible de le penser. Les Iraniens ont fait passer des messages aux Américains et aux Israéliens via l’Onu stipulant que toute offensive terrestre aurait des répercussions graves sur toute la région. Washington et Tel Aviv ont bien mesuré cette menace. 

 La mise en garde de l’Iran

Durant le week-end, Hossein Amir-Abdollahian a rencontré à Beyrouth l’émissaire de l’Onu pour le Proche-Orient Tor Wennesland, a indiqué le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric. « Toutes les réunions du Conseil de sécurité ont porté sur les efforts diplomatiques visant à libérer les otages, à garantir l’accès à l’aide humanitaire et à éviter que le conflit ne s’étende à l’ensemble de la région », a-t-il affirmé. 

En effet, l’Iran dispose de leviers de pression par le biais du Hezbollah libanais qui pourrait ouvrir le front du Nord, le gouvernement syrien via une mobilisation sur le front du Golan. Indirectement, les Iraniens peuvent renforcer la pression sur les Américains via les milices populaires en Irak et le mouvement Houthi au Yémen. L’équation est donc très difficile pour le couple américano-israélien.

Et ce qui rend cette dernière encore plus difficile, ce sont les différentes positions des leaders du multilatéralisme : Russie et Chine en tête. A Moscou, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin a déclaré « nous maintenons le dialogue avec les deux pays ». Rappelant que la Russie avait « des liens historiques de longue durée avec les Palestiniens […] ainsi qu’avec les Israéliens », Dmitri Peskov a souligné que son pays était lié à Israël par les millions de ses concitoyens partis vivre là-bas, soit entre 17 et 20% de la population israélienne, ainsi que « par les questions de sécurité ».

Le porte-parole du Kremlin a également précisé qu’« il ne faut pas oublier ce qui a été à l’origine de cette situation », c’est-à-dire, l’opération de la résistance palestinienne. « Voilà pourquoi nous devons maintenir une approche équilibrée et rester en contact avec les deux parties belligérantes ».

Vladimir Poutine, lui, est allé plus loin. Comparant le siège israélien de Ghaza au siège de Leningrad par l’armée nazie, le président russe pointe un doigt accusateur à l’encontre des Etats-Unis. « Malheureusement », a-t-il regretté, les Américains « ont refusé de chercher un compromis qui puisse satisfaire les deux parties […] Les intérêts du peuple palestinien n’ont pas été respectés ». Le président Poutine a également insisté sur la « nécessité de mettre en œuvre les décisions du conseil de l’ONU et l’établissement d’un Etat palestinien indépendant ».

 Après Moscou, Pékin charge Washington

A Pékin, même sentiment à l’encontre de Washington. « Les États-Unis devraient effectivement jouer un rôle constructif et responsable et ramener la question sur la voie d’un règlement politique dès que possible », a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à son homologue américain Antony Blinken, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères. Les deux responsables se sont entretenus au téléphone à la demande de la partie américaine.

« Lorsqu’ils traitent de questions sensibles internationales et régionales, les grands pays devraient adhérer à l’objectivité et à l’équité, maintenir le calme et la retenue, et prendre l’initiative de respecter le droit international », a ajouté le chef de la diplomatie chinoise. Et celui-ci de poursuivre : « le recours à la violence pour la violence ne fera que créer un cercle vicieux ». Il a ajouté que « le conflit israélo-palestinien continuait de s’intensifier et risquait de devenir incontrôlable ». 

Pékin a appelé à la tenue d’une « réunion internationale pour la paix dès que possible afin de promouvoir l’obtention d’un large consensus ». Wang Yi a précisé que « la manière fondamentale de résoudre la question palestinienne résidait dans la mise en œuvre d’une ‘solution à deux Etats’ » et demandé « la convocation dès que possible d’une conférence internationale de paix pour promouvoir la réalisation d’un large consensus », car « sans réconciliation entre les nations arabes et israéliennes, il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient ».

Le combat du Sud global

Plusieurs pays du Sud Global, et pas des moindres, ont réaffirmé leur soutien à la cause palestinienne, à sa résistance et au mouvement Hamas. La Malaisie, la Colombie et l’Afrique du Sud ont démontré qu’une voie autonome existe, et que le non-alignement sur l’Occident est une solution des plus viables. Car aujourd’hui, c’est un combat d’avant-garde qui est mené par les tenants d’un ordre nouveau face aux thuriféraires de l’unilatéralisme américain et à la suprématie occidentale. Le moment de Ghaza est en ce sens très révélateur de la volonté d’émancipation, pas uniquement du peuple palestinien, mais également des peuples de la planète qui ont compris l’ampleur de l’injustice qui leur a été faite depuis des décennies sinon des siècles.






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