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Nationale

Ghardaïa : Des motocyclistes sèment la terreur 

Ghardaïa : Des motocyclistes sèment la terreur 

Devant les comportements irresponsables des conducteurs de motos, Ghardaïa vit une situation des plus dramatiques. La vallée du M’zab compte sans conteste, au niveau national, la plus haute densité de ces deux-roues.

Un record dont la ville se passerait bien au vu des accidents et des nuisances engendrés de jour comme de nuit par les motards. Ce record est lié à la situation géographique de cette ville, limitrophe d’autres villes telles que Bonoura, Berriane et Guerrara.

Ces dernières, en compagnie de Ghardaïa, se placent en haut du tableau pour ce qui est du nombre des deux-roues. Celles-ci sont alors devenues pour les Ghardaouis les destinations les plus proches et les plus privilégiées du fait des prix abordables lorsqu’on veut acquérir une moto mais également un filon d’or pour les réseaux spécialisés dans le vol de ces deux-roues, écoulées, pour la plupart d’entre elles, à Ouargla. 

C’est ainsi que l’utilisation des motos s’est ancrée et s’est répandue dans cette région du sud du pays, et ceci n’est pas sans provoquer de sérieux ennuis, notamment en l’absence du respect des règles de conduite les plus élémentaires et du fait du manque d’actions de prévention. Cette situation a déclenché la colère des citoyens sur les réseaux sociaux pour que cesse le phénomène de ces motos, en majorités très bruyantes et polluantes. 

Malgré les campagnes de lutte lancées par les forces de l’ordre pour que soit jugulée cette poussée d’insécurité, qui se voulait continuelle mais qui semble s’essouffler, le phénomène de l’insécurité routière, dont les motocyclistes sont les principaux acteurs, reste entier et les accidents se comptent, au quotidien, par dizaines. 

L’insouciance, la conduite dangereuse et l’inconvenance de la majorité des jeunes motocyclistes ainsi que le non-respect des règles conventionnelles de conduite sont à l’origine de cette situation dans laquelle ils mettent leur vie en danger ainsi que celle des piétons et des autres usagers de la route. 

La quasi-majorité des motocyclistes ont eu à l’usure aussi bien les services de l’ordre, qui se trouvent dépassés dans leur lutte contre ce phénomène ravageur, que les automobilistes, voire les piétons, qui assistent impuissants à la conduite dangereuse qui les exposent continuellement au danger. « Le fait d’entendre un motocycliste arriver derrière moi me stresse car c’est synonyme de danger. On n’est jamais sûr de quel côté il va doubler », a confié au Jeune Indépendant un automobiliste, avant d’ajouter : « Je me suis fait aux petits bobos occasionnés régulièrement à mon véhicule par les motocyclistes, mais je crains pour leur vie tellement ils sont vulnérables car mal protégés. » Un autre automobiliste s’est montré plus outré par ce qu’il qualifie de « nouvelle forme de terrorisme ». « Rappeler à l’ordre ces jeunes qui se croient tout permis exige du courage car cela peut vous mener aux insultes, voire aux représailles.

Que d’usagers de la route se font malmener, voire tabasser, par ces motocyclistes qui envahissent impunément l’espace urbain. Il est temps que l’ordre soit rétabli afin que le citoyen évolue en sécurité et en toute sérénité dans son espace urbain », a-t-il dit.

La situation est qualifiée par des citoyens de catastrophique. Ils estiment que ces motocyclistes, qui ne se conforment à aucune règle de conduite, constituent une atteinte à leur sécurité et leur sérénité ainsi qu’un danger permanent pour leur vie car ils sont source de nuisances sonores et de pollution. A ce propos, selon les données du Conseil international sur le transport propre (ICCT), les scooters et motos polluent beaucoup plus que les voitures. Par litre de carburant consommé, leurs émissions de monoxyde de carbone sont vingt fois plus élevées que celles des voitures propulsées au diesel. 

Ainsi, la sonnette d’alarme est tirée pour que soit mis un terme au nombre important de morts et de blessés dans des accidents de motos. A Ghardaïa, les risques que les motocyclistes présentent sont un enjeu que l’on ne peut résoudre que dans une approche collective. Un plan de prévention et des actions continues de sécurité routière doivent, au plus pressé, être menés par les services de la sûreté de la wilaya, auxquels doivent se joindre les forces vives de la société civile qui s’est, jusqu’alors, montrée impassible devant ce phénomène ainsi que l’ensemble des acteurs institutionnels, estiment les citoyens écœurés par la situation. 



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