Gestion des écoles primaires : Le ministère veut reprendre la main
Souvent qualifiée de défaillante, la gestion des écoles primaires par les Assemblées populaires communales a toujours fait l’objet de vives critiques, que cela soit de la part des parents d’élèves ou des partenaires sociaux. Le ministre de l’Education nationale, Mohammed Seghir Saâdaoui, a évoqué la possibilité de la transférer prochainement au budget de l’Etat, et non plus aux communes.
Cette mesure, précise le ministre, sera rendue possible dès l’adoption de la nouvelle loi sur les communes, actuellement à l’étude au Parlement. Une réforme qui vise à renforcer la prise en charge du cycle primaire et à assurer une meilleure gestion administrative et financière des établissements.
Cette annonce a été faite lors d’une rencontre tenue entre le ministre de l’Education nationale et Nabil Khwaldia, président de la commission de l’éducation, de la formation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses au Conseil de la nation. La réunion, tenue à la fin de la semaine dernière, a permis d’aborder plusieurs dossiers prioritaires du secteur.
Evoquant les écoles privées, le ministre a précisé que l’octroi des agréments se fera désormais en fonction des besoins du secteur, avec une attention particulière accordée aux établissements spécialisés. Un décret exécutif fixant les modalités d’agrément paraîtra prochainement au Journal officiel. Les propriétaires d’écoles agréées sont invités à déposer leurs dossiers d’extension, de création de nouveaux cycles ou de changement d’adresse auprès des directions de l’éducation. Les autorisations de poursuite d’activité seront délivrées après inspection des locaux par une commission spécialisée.
S’agissant du statut particulier des personnels de l’éducation, le ministre a indiqué que le texte final est en cours de préparation, à la suite de plusieurs rencontres avec les partenaires sociaux. Il a également précisé que les postes ouverts au concours national de recrutement sont des postes vacants et non nouvellement créés. Ce concours concerne 45 000 enseignants et 24 000 postes destinés aux autres corps. Les enseignants contractuels seront autorisés à y participer.
Le ministre a rappelé que la réduction de la surcharge dans les établissements scolaires reste une priorité, notamment dans les cycles moyen et secondaire, à travers la création de nouvelles infrastructures et la réhabilitation des établissements existants. Sur le plan pédagogique, la commission nationale de la qualité de l’éducation poursuit ses travaux pour améliorer les programmes scolaires et adapter les curricula aux besoins pédagogiques actuels.
Par ailleurs, le ministre a affirmé que le projet de production et de distribution de tablettes électroniques, réalisé en partenariat avec des entreprises algériennes et des start-up, a atteint un stade avancé. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République visant à moderniser le système éducatif.
Enfin, il a rappelé que les agents des services économiques font partie intégrante de la famille éducative, et que leurs revendications sont étudiées dans une approche équitable et adaptée aux spécificités du secteur. De son côté, Nabil Khwaldia a annoncé la tenue prochaine d’une séance d’audition du ministre de l’Education nationale et de son équipe au Conseil de la nation, afin de poursuivre la concertation autour des réformes structurelles du secteur.