Gestion des catastrophes: La prévention, la meilleure solution
Comment gérer une catastrophe ? Comment réduire au minimum ses effets destructeurs ? Quelles sont les catastrophes où la responsabilité de l’homme est entièrement ou presque dégagée ? Telles sont quelques questions posées ce mercredi, à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri, à l’occasion de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe.
Une manifestation qui a réuni un bon nombre d’acteurs concernés. Dans un point de presse, le directeur de la Protection civile de la wilaya de Tizi Ouzou, le lieutenant-colonel Abdelhakim Chabbour, a tenu à expliquer la différence existant entre le risque courant et le risque majeur. Ainsi, le risque majeur a souvent trait à des catastrophes naturelles telles que le séisme, l’inondation, les feux de forêt, etc. Concernant le risque courant, il a trait aux différents accidents pouvant survenir dans la vie courante d’un pays et où, généralement, l’erreur humaine en est responsable.
C’est le cas des accidents de la route, domestiques, etc. Selon le conférencier, en sus des moyens de l’Etat qui doivent être mobilisés contre ces catastrophes, il est nécessaire d’impliquer le simple citoyen pour limiter les dégâts pouvant en résulter. Pour sa part, le capitaine Bouchakour a déclaré exclusivement au Jeune Indépendant que les risques de catastrophe peuvent être considérablement réduits par l’homme pour peu qu’il s’implique dans une réelle étude des risques, et ce même au chapitre des catastrophes naturelles. Se voulant plus explicite, le capitaine Bouchakour a cité l’exemple des inondations. «Pour éviter les dégâts, il suffit, au préalable, de fortifier les infrastructures pouvant être touchées par les eaux, nettoyer les canalisations, les lits des oueds et rivières, etc. (…)Au chapitre de la technologie, notamment dans le domaine des entreprises, il faut veiller à mettre sur pied des mesures de sécurité industrielle, et ce en veillant à imaginer le maximum de risques pouvant survenir», a-t-il expliqué.
En définitive, l’homme, par sa volonté et son intelligence, peut réduire de beaucoup les risques de catastrophe et, surtout, limiter au minimum les dégâts. Il convient de relever enfin qu’à l’issue de cette journée, des documents- archives ont été placardés sur les murs. Ils démontrent que la wilaya de Tizi Ouzou a connu une multitude de catastrophes depuis 1974 à ce jour. Au total, il y a eu pas moins de 23 catastrophes naturelles. Au cours du mois d’avril 1974, les inondations ont provoqué le débordement des oueds, notamment l’Oued Sébaou, des routes et ponts ont été endommagés, des glissements de terrain constatés, des habitations se sont effondrées et des sites ont été inondés.
Au cours de l’année 1988, il y a eu des centaines d’hectares de récoltes réduits à néant par des criquets pèlerins. Au cours des journées allant du 5 au 8 décembre 2002, des inondations ont provoqué d’importants dégâts. Ce n’est pas moins de 130 familles qui ont été reconnues comme «sinistrées». Lors du séisme du 21 mai 2003, il y a eu 5 décès, 226 blessés et 1 048 familles sinistrées. Il convient de relever enfin que les feux de cet été 2021 ont été classés au chapitre de catastrophe. Les dégâts occasionnés sont estimés à 230 000 000 DA. En dernier lieu, il convient de rappeler que l’Algérie n’est pas le seul pays à subir des catastrophes.
Ce phénomène est mondial. D’ailleurs, même dans le cas d’une catastrophe due à l’erreur de l’homme, l’Algérie arrive loin derrière les pays les plus touchés, dont les pays dits développés, comme les Etats-Unis d’Amérique et le Canada.