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Nationale

Gaz de schiste : Peu d’intérêt des populations du Nord

Gaz de schiste : Peu d’intérêt des populations du Nord

Face à la vague de protestations à la suite de la vulgarisation via la presse, entre autres canaux médiatiques du sujet du gaz de schiste, le citoyen lambda accorde très peu d’intérêt au sujet.

En effet, hormis le fait que l’engagement des autorités sur la voie de la recherche d’un substitut à la manne pétrolière condamnée, selon les pronostics les plus optimistes, à disparaître dans les 30 prochaines années, le citoyen « nordiste » n’y voit finalement qu’un autre don de dame nature pour pérenniser son statut de rentier.

Bien que des rumeurs persistantes ont fait part ces derniers jours d’une probable contagion de la protesta « sudiste » anti-gaz de schiste sur les populations du Nord. A Oum El-Bouaghi et à Guelma, où l’on a annoncé ce week-end la tenue de sit-in de soutien aux populations d’In Salah, aucun tumulte n’est, en effet, venu remettre en cause la quiétude des deux villes de l’Est algérien.

Le sujet, qui a fini par atterrir sur la table des politiciens, alimente plutôt le débat dans les sphères universitaires où des spécialistes, bien plus portés sur la faisabilité et les risques encourus suite à une éventuelle exploitation de ce type d’hydrocarbures, tentent d’apporter des éclaircissements.

C’est en tout cas le centre d’intérêt de nombre d’enseignants es-qualité à l’université Constantine1. Le professeur Ahcène Bourefis, du Laboratoire de géologie et environnement (LGE) n’y va pas par quatre chemins pour qualifier l’entreprise de projet à risque. Dans une contribution publiée au mois de décembre dernier le Pr Bourefis, tout en expliquant dans un langage très simplifié ce que sont les hydrocarbures non conventionnels, n’a pas manqué d’énumérer quelques contrariétés et plus grave encore, des risques liés à l’exploitation de ce type d’hydrocarbures.

Parmi les contrariétés, l’universitaire constantinois, tout en expliquant la procédure d’extraction du gaz et des huiles des roches mères dans lesquelles les hydrocarbures sont emprisonnés, met l’accent sur l’utilisation d’une très grande quantité d’eau devant être injectées à très forte pression dans la roche pour provoquer sa fissuration avant l’extraction du produit final. Evitant d’utiliser le terme de gaspillage, le professeur met en avant d’éventuels conflits qui pourraient naître autour de la rareté du précieux liquide dans la mesure où à la suite d.

« De grandes quantités d’eau sont nécessaires à la fracturation hydraulique ; on utilise en moyenne de 10 000 à 15 000 m3 d’eau par forage (un puits renferme plusieurs forages), ce qui a pour conséquence d’engendrer des conflits d’usage avec les autres utilisateurs (ménages, agriculteurs, industriels) et des risques sur la préservation de la ressource quand celle-ci n’est pas renouvelable », écrit-il.

Par ailleurs, selon le même spécialiste, l’exploitation des gaz de schiste a aussi d’autres effets sur l’environnement. Il cite dans ce contexte : les impacts sur le paysage, dus au grand nombre de puits qu’il faut implanter pour exploiter une couche horizontale, sachant qu’un puits de gaz non conventionnel n’est productif que sur une période de 6 ans en moyenne.

Conséquence, il faut toujours forer de nouveaux puits ; et des émissions des gaz à effet de serre ; et enfin une probable séismicité induite par les processus de fracturation.

Le scientifique de la capitale de l’Est met toutefois l’accent sur le fait que beaucoup de recherches sur des techniques alternatives sont actuellement menées, comme le remplacement de l’eau par le propane, la stimulation par arc électrique ou chauffage de la roche, ou fracturation sèche qui semble la plus propre et qui n’utilise ni eau, ni explosifs, ni acides, ni solvants, mais de l’hélium chaud. 

Cela au moment où les industriels considèrent, et pour diverses raisons, qu’il n’y a pas d’alternative aujourd’hui disponible à la fracturation hydraulique.

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