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Nationale

Gaz de schiste et nouveau gouvernement : La grande fourmilière

Gaz de schiste et nouveau gouvernement : La grande fourmilière

C’est la grande cacophonie. Les rumeurs font des ravages, et partout c’est le sentiment de débandade et de chaos qui règne dans le pays.

Les uns parlent du gel par le président Bouteflika de l’exploration des puits du gaz de schiste, alors que rien d’officiel n’a été décrété ; les autres évoquent un remaniement ministériel comme un souhait ou un cauchemar ; tout le monde improvise des informations subjectives ou approximatives.

Même la classe politique se laisse entraîner dans ce tourbillon de désinformation, relâchant pour une fois sa vigilance. Un chaos déprimant où l’espoir n’existe pas, où la parole consciente et objective est détournée, manipulée.

Sinon comment expliquer les contradictions, les petites querelles ou l’indécision des officiels sur des dossiers aussi pointus et délicats que les manifestations dans le sud du pays, sur les raisons profondes de ces contestations qui font boule de neige, sur les révélations suspectes à l’encontre de certains, sur les silences complices des autres, notamment chez le personnel politique ?

Partout, les phrases petites ou énigmatiques de responsables augmentent le désarroi des citoyens comme des observateurs. Personne ne détient la vérité sur ce qui se passe dans les hautes sphères de ce pouvoir opaque : qui fait quoi ? Qui a rencontré qui et pourquoi ? Qu’ont-ils dit ou échangé à propos de telle ou telle chose ? Autant de questions qui restent sans réponse, nourrissant des polémiques et une multitude d’interrogations.

Que veut le président Bouteflika par ce remaniement et pourquoi le veut-il ? Qui l’empêcherait ou le retarderait ? Est-ce Amar Saâdani, patron du FLN, lui qui ne cesse de revendiquer la paternité, comme il ne s’offusque guère de vouloir prendre les commandes du gouvernement ? Ou est-ce la situation de crise qui étouffe le parti FLN dans ses appareils ?

Les analystes cherchent depuis belle lurette à comprendre, à disséquer la logique de ce pouvoir, qui refuse de communiquer clairement sa position et sa démarche par rapport à des événements ou des dossiers qu’il a parfois lui-même créés. Un pouvoir qui patine et se mêle les pinceaux dans ses réactions aux colères des populations d’In Salah, qui réagit presque à l’aveuglette. Un pouvoir qui oublie qu’il a promis dès la fin de la présidentielle de lancer deux grands chantiers, la révision de la Constitution et un plan de développement 2015-2019.

Alors que le gouvernement fait mine d’attendre qu’on lui donne le quitus ou carte blanche pour présenter ce fameux plan bouteflikien au niveau des deux chambres parlementaires, voilà qu’on lui casse toute dynamique en laissant « fuiter » un remaniement furtif, de quoi démobiliser les moins lotis de nos ministres.

De plus, ce « marketing » de la manipulation sera décliné vers un autre chantier plus compliqué que d’autres, c’est cette fameuse « conférence nationale du consensus », que veut concrétiser le Front des forces socialistes dès le mois prochain.

Le pouvoir refuse de trancher, contrairement à d’autres pôles et partis politiques. Qui empêcherait Bouteflika d’annoncer sa position sur cette initiative politique ? Qui empêcherait Bouteflika, et non ses partisans ou les forces qui s’allient à son programme, d’annoncer sa disponibilité ou son refus à ce projet politique ?

La volonté solitaire de changer de larges pans du modèle constitutionnel actuel met la classe politique dans une situation confuse, presque intolérable. A la question d’un journaliste étranger sur la crise dans notre pays, un haut responsable politique algérien a mis en exergue cette fourmilière de contradictions, de rumeurs et de fausses-vraies informations. Selon lui, c’est cette cacophonie qui explique la crise actuelle, et non la chute des cours du brut… 

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