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Nationale

Gara Djebilet : Le fer de lance de l’économie algérienne

Gara Djebilet : Le fer de lance de l’économie algérienne

Après des décennies de reports et des travaux d’envergure, le mégaprojet de Gara Djebilet est entré, ce dimanche, en production, porteur de grandes promesses. Inauguré par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ce projet stratégique met fin à près de soixante-dix ans d’atermoiements et fait basculer un dossier longtemps en suspens, vers une réalité industrielle à portée nationale et continentale.

C’est dans ce contexte que le spécialiste en sciences économiques, Dr Houari Tigharsi a affirmé, ce dimanche, que le projet de Gara Djebilet représente une réalisation historique, longtemps entravée, dès 1956, en dépit de son importance stratégique « multidimensionnelle », estimant que sa concrétisation n’a été possible qu’en raison d’une volonté politique affirmée, marquant, ainsi, un tournant majeur dans la valorisation des ressources nationales.

Le Dr Houari Tigharsi a déclaré sur les ondes de la Radio nationale, que « l’exploitation du gisement, qui atteindra progressivement 40 à 50 millions de tonnes par an, repositionnera l’Algérie parmi les grands producteurs mondiaux de minerai de fer et ouvrira la voie à une nouvelle géographie économique du pays ». Pour l’économiste, le véritable tournant de Gara Djebilet réside dans la réalisation de la ligne ferroviaire minière, véritable colonne vertébrale du projet. « Le principal frein à l’exploitation minière en Algérie n’a jamais été le manque de ressources, mais l’absence d’infrastructures adaptées. La mise en service du rail change radicalement la donne », a-t-il dit.

Il a ajouté que cette ligne ferroviaire permet de réduire drastiquement les coûts de transport, « une condition indispensable pour rendre le minerai algérien compétitif face à des géants, comme entre autres, le Brésil ou l’Australie ». « La position géographique de l’Algérie, proche de l’Europe, de l’Afrique et même de l’Asie, constitue un avantage stratégique majeur, à condition d’avoir une logistique performante », a-t-il poursuivi. Et de soutenir : « Gara Djebilet est un projet historique, longtemps bloqué malgré son importance stratégique, et qui n’a vu le jour que du fait d’une volonté politique affirmée ».

 

De la promesse à la concrétisation

Le Dr Houari Tigharsi a, en ce sens, rappelé que l’Algérie subit, depuis longtemps, les contrecoups de la volatilité des prix des hydrocarbures. « Des projets comme Gara Djebilet, le phosphate de phosphate de Bled El-Hadba ou la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour offrent une véritable alternative au tout-pétrole, et ouvrent la voie à une économie diversifiée et résiliente », a-t-il avancé. Et de renchérir : « L’Algérie est passée du temps des promesses à celui de la concrétisation. Réaliser des projets de cette ampleur dans des délais record renforce la confiance du citoyen et redonne espoir ».

De son point de vue, considérer, par ailleurs, le projet de Gara Djebilet comme une initiative strictement locale constituerait une erreur d’analyse, au regard de ses dimensions stratégique et nationale. « Ce complexe minier ne concerne pas une seule région précise. Son impact s’étend à près du tiers du territoire national, en particulier le Sud-Ouest et l’Ouest algérien, avec des retombées directes à moyen terme sur le Nord-Ouest, véritable point de jonction logistique et industriel », a-t-il précisé. Et de relever que le projet s’étend sur près de 1 000 kilomètres, traversant des régions longtemps marginalisées.

Selon le même intervenant, les retombées attendues sont multiples : emploi, sous-traitance dans les marchés publics, formation professionnelle, recherche scientifique et entrepreneuriat. « Les universités et centres de formation anticipent déjà de nouvelles spécialités liées au projet », a révélé l’analyste. Sur le plan social, Gara Djebilet favorise, en outre, une nouvelle répartition démographique, la création de wilayas déléguées et un renforcement de la stabilité dans des zones stratégiques comme Tindouf, Béchar, Béni Abbès ou Naâma, toujours d’après ses propres termes.

Pour Houari Tigharsi, la coopération économique africaine n’est pas en reste. « Gara Djebilet est une porte d’entrée vers l’intégration économique africaine », a indiqué le spécialiste. D’après ses déclarations, le raccordement ferroviaire de Tindouf aux axes transfrontaliers, notamment la liaison Tindouf–Zouerate — un projet structurant de 775 à 890 km reliant l’Algérie à la Mauritanie— pose les bases d’un véritable corridor économique continental.

La création de zones franches (avantages fiscaux) dans ces régions s’insère, selon lui, dans une vision prospective, tendant à dynamiser les échanges avec les pays voisins, particulièrement la Mauritanie, et à alimenter les marchés africains, en vue de booster le commerce intra-africain. Enfin, pour l’intervenant, le message adressé aux investisseurs est clair : « Aucune industrie lourde ne peut émerger sans infrastructures solides. Le rail et les ports modernisés constituent un gage de crédibilité et de stabilité ».



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