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G5 Sahel, terrorisme et ingérence

G5 Sahel, terrorisme et ingérence

En créant le G5 Sahel, une alliance régionale constituée de 5 000 hommes pour combattre les organisations terroristes Al Qaida au Maghreb islamique, El-Mourabitoune, Boko Haram et Daech, le président français Emmanuel Macron veut s’affirmer et intervenir en Afrique, plus exactement au Sahel.

Réunis récemment à Bamako en « sommet extraordinaire » pourtant un pays pivot de la lutte contre le terrorisme en Afrique, le président français Emmanuel Macron et cinq chefs d’Etat africains des pays du Sahel, du Mali, du Burkina-Faso, du Tchad, du Niger et de la Mauritanie, ont créé une nouvelle alliance régionale armée pour le Sahel, appelée le G5 Sahel.

Cette nouvelle stratégie française au Sahel laisse à désirer du moment où des opérations militaires similaires sous l’ère de François Hollande ont toutes fini par un échec cuisant sur le plan antiterroriste. Dans la région du Sahel, la cadence des attentats s’est accélérée, touchant d’autres pays africains qui, jusqu’ici, avaient été épargnés par le terrorisme.

Le Sahel est également devenu un lieu de trafic en tous genres et de contrebande, sans parler de l’effondrement social, de l’absence d’une économie stable et enfin de la montée des conflits armés entre les différentes tribus qui y existent.

Les opérations Serval et Barkhane lancées par l’armée française n’ont pas pu venir à bout du terrorisme tel que promis par les autorités françaises.

La situation sécuritaire, économique et sociale s’est davantage détériorée, poussant les populations locales à l’immigration clandestine vers des pays comme l’Algérie.

Pour la France, cette situation presque chaotique au Sahel doit cesser. C’est le président Macron qui veut mener cette nouvelle bataille « politique » avant qu’elle ne soit classée au plan sécuritaire. Le nouveau président français semble vouloir laisser son empreinte, là où ses prédécesseurs ont échoué.

Pour s’imposer au Sahel, Emmanuel Macron est même prêt à envoyer d’autres troupes françaises au moment où 4 000 soldats français sont déjà sur le terrain depuis cinq ans. Pour concrétiser son idée, Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel sont en train de mettre au point une nouvelle stratégie militaire au Sahel avec pas moins de 100 000 hommes engagés dans la nouvelle force G5 Sahel. Pour réaliser un tel projet, tablent sur financement d’ici une année estimé à plusieurs milliards d’euros.

Le président français cherche, pour le moment, un financement à hauteur de 423 millions d’euros pour les 5 000 hommes armés qui seront engagés dans la nouvelle alliance régionale du G5 Sahel. Pour mieux comprendre cette nouvelle stratégie française au Sahel, il est important de remonter un peu dans le temps. La France s’est en effet toujours mêlée des affaires internes des pays africains.

Hissène Habré, ou l’ingérence française au Sahel

On se souvient de l’affaire Hissène Habré, président du Tchad en 1986. Les troupes françaises étaient intervenues pour le sauver, pourchassant ses ennemis qui voulaient faire un coup d’Etat. Aujourd’hui, la France veut s’affirmer, à l’ère Macron, et intervenir une nouvelle fois en Afrique, à travers le Mali.

« La France intervient pour des questions d’intérêt, – arracher des gains sous forme de richesses naturelles– mais aussi pour affirmer sa présence et son monopole dans le continent africain devant ses nouveaux concurrents chinois, américains et russes, la France s’est à nouveau mobilisée pour passer maître des lieux en s’ingérant dans la crise du Sahel, plus exactement au Mali », explique un expert algérien en géostratégie. Pour la France, l’Afrique francophone est une chasse gardée.

Pour rappel, la France s’est ingérée dans les crises internes ayant secoué le Tchad, le Niger, la Côte-d’Ivoire et le Rwanda. Au Tchad, l’armée française est venue au secours de l’ex-président Hissène Habré, ciblé par un coup d’Etat, en 1986, initié par des militaires tchadiens.

Aujourd’hui, on assiste à un retour en force de la France à travers la question malienne, là où il y a de grands enjeux stratégico-politiques. En se montrant « volontaire » et déterminée à combattre les groupes armés au Sahel, en envoyant depuis 2013 son armée pour traquer les terroristes au nord du Mali, la France veut récupérer ce que lui « doit » l’Afrique.

La France, qui dispose d’une puissance militaire capable d’intervenir dans un pays africain en crise, jouit également d’une capacité militaire maritime avec sa flotte, appuyée par les troupes terrestres, sans compter le rôle puissant de ses services de renseignements extérieurs, le DGSE. Une armée qui est déjà intervenue contre Al Qaida au Maghreb islamique depuis l’hiver 2013 dans le cadre des opérations militaires telles que Serval ou Barkhane.

Des chefs terroristes notoires, planificateurs des rapts de ressortissants étrangers au Sahel, ont été neutralisés. On parle ici des « émirs » tels Abou Zayd, ou encore du numéro deux d’Aqmi, Nabil Mekhloufi, alias Abou Alqama, et bien d’autres encore qui ont été éliminés suite à des frappes aériennes de l’armée française. L’intervention française sera beaucoup plus visible dans les prochains mois, surtout au nord du Mali.

Toutefois, elle interviendra uniquement par voie aérienne, et ce pour éviter des pertes colossales en soldats. La France va mobiliser ses avions de chasse et utiliser ses trois bases militaires situées au Mali, en Mauritanie et en Libye.

Des sites logistiques importants

Une intervention aérienne et des frappes chirurgicales contre les terroristes d’Aqmi et de leurs alliés sont possibles dans les prochains mois, explique cet expert algérien.

« L’armée française a subi, voilà des années, des pertes humaines colossales lors de ses interventions terrestres, en ex-Yougoslavie et en Afghanistan. Ces deux erreurs ont donc été prises en considération par l’actuel président français, Macron, lequel veut éviter une intervention au sol afin de ne pas subir davantage de pertes en soldats et gagner, par la même occasion, la confiance de l’opinion publique française », explique toujours cet expert.

En dépit des coûts colossaux en matière budgétaire, la France n’a d’autre choix que d’opter pour les avions de chasse et les drones pour éviter des pertes de soldats, d’autant que cela ne constitue aucun risque pour le personnel militaire français.

Une intervention aérienne qui laisse la Cédéao (la Communauté économique des pays de l’Afrique de l’Ouest) seule sur le terrain face aux terroristes d’Aqmi, d’El-Mourabitoune, du Mujao et d’Ansar Eddine.

Des frappes chirurgicales, similaires à celles de l’Afghanistan, vont cibler les chefs des organisations terroristes, les dépôts de munitions, les stocks d’armement, les armes lourdes, le stock de carburant, les armes collectives, les mouvements terrestres des terroristes et les abris de ces derniers. 

On peut comprendre la stratégie française en décodant les déclarations de Macron, lequel veut s’affirmer à travers sa politique extérieure mais, surtout, y laisser son empreinte.
La France veut profiter de ce nouveau « printemps africain » pour exercer sa puissance et obtenir tout ce qu’elle veut au Sahel. Les intérêts de la France sont grandioses.

Elle veut entrer en guerre et la définition de cette guerre, c’est la continuation de la politique extérieure par des moyens militaires. Les Français veulent tout simplement pomper les richesses des pays du Sahel. En intervenant au Sahel, la France veut protéger ses villes des attentats qui ont ciblé le Vieux-Continent.

En plus de son ingérence au Mali, la France a toujours abrité des dirigeants du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). Elle va gagner la confiance des Azawads, dont les dirigeants du MNLA qui résident en Françe.

Plus encore, un « Arc français » est né pour tenter de gagner la confiance de l’Azawad. Il s’agit du trio « Maroc- Mauritaine-France ». Rappelons que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté en juin dernier, à l’unanimité, une résolution saluant le déploiement d’une force africaine pour combattre les jihadistes dans la région du Sahel. 

Le texte, porté par la France, salue le déploiement de la force africaine anti-jihadiste des pays du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et Burkina Faso), mais ne prévoit pas que lui soit délivré un mandat de l’ONU.

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