Fruits, légumes, poulet: Le coup de chaud sur les marchés
La hausse des prix des fruits, des légumes et de la viande continue de peser sur le budget des ménages. En pleine saison estivale, les marchés restent sous tension, dans un contexte marqué par de fortes chaleurs susceptibles de perturber la production, l’approvisionnement et la conservation des produits. Une situation qui ravive les préoccupations autour de la régulation des marchés.
Les fruits et légumes sont concernés, avec une envolée particulièrement marquée pour les fruits en pleine saison estivale. Plusieurs variétés se négocient désormais entre 300 et 500 DA le kilogramme, tandis que le raisin atteint 650 DA, la figue 1 200 DA et la banane peut, dans certains cas, dépasser les 1 000 DA le kilogramme.
Cette hausse intervient dans un contexte marqué par des températures exceptionnellement élevées, susceptibles de perturber la production et l’approvisionnement. La chaleur affecte notamment les rendements de certaines cultures, accélère la détérioration des denrées périssables et complique leur conservation ainsi que leur transport. Autant de contraintes qui peuvent se répercuter sur les prix à la consommation.
Mais au-delà des prix de détail, les niveaux enregistrés sur les marchés de gros montrent également que la pression ne se limite pas aux derniers maillons de la chaîne de distribution. La liste publiée vendredi par l’Organisation algérienne pour la défense du consommateur Himayatec fait ressortir des prix relativement élevés pour plusieurs légumes, y compris certains produits de saison.
Selon cette liste, la tomate est proposée entre 70 et 85 DA/kg, tandis que la pomme de terre se situe entre 82 et 90 DA/kg. Les concombres sont affichés à 80 DA/kg, alors que les poivrons oscillent entre 120 et 160 DA/kg. L’oignon se vend entre 52 et 68 DA/kg, contre 60 à 80 DA/kg pour la courgette.
Certains produits affichent des niveaux encore plus importants. Le chou-fleur est ainsi proposé entre 150 et 170 DA/kg, tandis que la laitue se situe entre 140 et 170 DA/kg. L’ail atteint, pour sa part, 500 à 600 DA/kg. Les haricots verts sont affichés entre 180 et 220 DA/kg, alors que les haricots verts rouges atteignent 330 à 450 DA/kg.
La liste de Himayatec fait également ressortir un prix de 120 à 140 DA/kg pour le piment fort, de 170 à 250 DA/kg pour les navets, de 50 à 65 DA/kg pour les betteraves et de 120 à 140 DA/kg pour les carottes. Le céleri est, quant à lui, affiché à 170 DA/kg.
Cette évolution intervient alors que les dépenses alimentaires pèsent déjà lourdement sur le budget des ménages. La hausse des fruits et légumes renchérit ainsi le panier quotidien, tandis que certains produits deviennent de plus en plus difficiles à intégrer régulièrement dans les achats des consommateurs.
La flambée gagne les marchés de gros
La situation est également préoccupante pour les légumes, traditionnellement considérés comme des produits de base relativement accessibles. Le fait que certains d’entre eux affichent déjà des prix élevés au niveau du gros laisse peu de marge pour une baisse significative une fois intégrés les coûts de transport, de distribution et les différentes étapes de commercialisation.
La flambée actuelle dépasse ainsi le simple effet saisonnier et met en lumière la fragilité de l’équilibre entre l’offre, la demande et les coûts de production, dans un contexte de fortes chaleurs susceptibles de perturber l’approvisionnement. Pour les ménages, cette hausse se traduit directement par un panier plus coûteux et une pression accrue sur le pouvoir d’achat, relançant la question de la régulation des marchés et de la maîtrise des prix agricoles.
En outre, Himayatec a alerté sur la hausse du prix du poulet, qui atteint jusqu’à 560 DA, et estime que cette situation pèse davantage sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Selon l’organisation, cette hausse s’explique notamment par le recul de la production après des périodes de baisse des prix ayant entraîné des pertes pour les éleveurs, ainsi que par la hausse et la volatilité des coûts des aliments, des poussins, des médicaments, du transport et de l’énergie.
Himayatec a également pointé le déséquilibre entre l’offre et la demande et la multiplication des intermédiaires, qui peuvent creuser l’écart entre le prix à la ferme et celui payé par le consommateur. L’organisation estime que la filière fonctionne selon un cycle récurrent de baisse des prix, de pertes des éleveurs, de réduction de la production, de baisse de l’offre puis de hausse des prix.
Alors que le Groupe AGROLOG a annoncé l’ouverture de points de vente de poulet congelé à prix compétitifs dans plusieurs wilayas, Himayatec salue l’initiative, tout en appelant à renforcer le contrôle de la chaîne de distribution et à mieux anticiper les déséquilibres de la filière. L’organisation plaide également pour protéger les éleveurs comme les consommateurs contre les pertes, les hausses injustifiées et la spéculation.