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France : Jean-Luc Mélenchon, l’orfèvre de la politique

France : Jean-Luc Mélenchon, l’orfèvre de la politique

On le croyait fini au soir du premier tour de l’élection présidentielle, engagé sur la voie d’une retraite, après une dernière bataille politique perdue avec les honneurs. A 70 ans, le voilà ressuscité tel un sphinx, rugissant et menaçant de détruire de ses ailes l’édifice macronien censé permettre au pensionnaire de l’Elysée de s’installer confortablement et de conduire aisément son programme.

C’est l’alerte générale dans le camp présidentiel face à Jean-Luc Mélenchon qui a fait du culot un art à être le seul à pratiquer avec une telle dextérité.
Qu’on l’aime ou qu’on lui voue une haine tenace, l’Insoumis réhabilite l’action politique sur une scène où l’on ne voit plus que des nains.

Depuis François Mitterrand, décédé en 1996 après avoir consommé deux septennats au pouvoir, la gauche française n’a pas produit un géant de l’envergure de  Jean- Luc Mélenchon.

Engagé en 1976 au Parti Socialiste (PS) que Mitterrand avait conduit à la haute magistrature cinq ans après, l’ancien professeur de philosophie cumule près de 50 ans de carrière. Il est devenu un professionnel de la politique servi par un talent oratoire qu’il perfectionne tous les jours.

On pensait qu’il prendrait place dans le placard des dinosaures lorsqu’il a perdu en 2008 la direction du PS face à François Hollande. Le survivant de la mitterrandie revient à chaque rendez-vous électoral avec une fraicheur étonnante. Il livre bataille avec la vigueur d’un jeune.

Membre du PS à partir de 1976, il est successivement élu conseiller municipal de Massy en 1983, conseiller départemental de l’Essonne en 1985 et sénateur en 1986 à 35 ans. Il est également ministre délégué à l’Enseignement scolaire de 2000 à 2002 dans le gouvernement de Lionel Jospin qui perd alors la présidentielle dont il était pourtant le favori. Alors que le PS se “droitise”, séduit par la social-démocratie, Mélenchon fait partie de l’aile originelle du parti jusqu’à 2008. Il le quitte en échouant à en prendre la direction face à François Hollande. Il fonde alors le Parti de Gauche dont il devient d’abord président du bureau national, puis coprésident, fonction qu’il conserve jusqu’en 2014.

Il s’allie alors avec le Parti Communiste et crée le Front de Gauche. Sous les couleurs de celui-ci, il est élu député européen en 2009, puis réélu en 2014. Il est le candidat de cette coalition à l’élection présidentielle de 2012, à l’issue de laquelle il arrive en quatrième position au premier tour, avec 11,10 % des voix. Le scrutin est remporté par son ennemi intime François Hollande. Il malmène son allié communiste de plus en plus réduit à un simple faire-valoir.

En 2016, il fonde le mouvement La France Insoumise (LFI) et se présente sous cette étiquette à l’élection présidentielle de 2017, à laquelle il termine à nouveau en quatrième position, avec 19,58 % des suffrages exprimés. Il est ensuite élu député à Marseille et préside jusqu’en 2021 le groupe LFI à l’assemblée nationale.

Pendant ce temps, le PS se liquéfie sous l’effet conjugué du macronisme et de la montée du populisme. Mélenchon, de son côté, s’emploie, a lancer un mouvement populaire. En 2022, il se présente pour la troisième fois à l’élection présidentielle. Il réalise le score le plus élevé de ses trois candidatures (21,95 % des voix) et arrive largement en tête de la gauche, mais échoue à accéder au second tour, terminant en troisième position. Une dispersion des voix de gauche lui a fait rater ce second tour.

Il en fait sa dernière bataille présidentielle et on le voit emprunter le chemin de la retraite, pas même tenté par un nouveau mandat de député. Et surprise ! Absolument inouïe. Il demande aux Français de l’élire au poste de Premier ministre. Les électeurs mettent un temps à réaliser la portée de cette audace de la part d’un homme sur qui pleuvent pourtant des critiques, vilipendé pour son carriérisme et un supposé autoritarisme.

L’Insoumis les exhorte à ne pas donner les pleins pouvoirs au président réélu grâce notamment à un vote refuge suscité par la peur de l’extrême droite.

Avec le score des autres candidats de la gauche, il s’impose comme le leader incontestable derrière lequel doivent se ranger les autres pour ne pas quitter définitivement la scène politique. Il les entraîne dans la création de la NUPES, Nouvelle Union Populaire Ecologique et Social pour mener ensemble la bataille des élections législatives.

La Constitution oblige le président de la République à nommer un Premier ministre issu de la majorité qui remporte ce scrutin. Au premier tour, les macronistes et les mélenchonistes sont au coude à coude. Il reste quelques jours de campagne. M. “Culot” sera-t-il Premier ministre?

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