Fournitures scolaires : Les parents traquent les petits prix
À quelques jours de la rentrée scolaire, la course aux fournitures bat son plein dans la capitale. Entre listes à compléter, envies des enfants et budget à ménager, les parents scrutent les rayons, comparent les prix et se tournent de plus en plus vers les foires pour tenter de faire baisser la facture. Une rentrée qui se prépare, cette année encore, au dinar près.
Cahiers, cartables, trousses, stylos, classeurs ou tabliers s’accumulent dans les paniers, tandis que les parents multiplient les comparaisons pour tenter de limiter la facture. Pour de nombreux ménages, notamment ceux ayant plusieurs enfants scolarisés, la préparation de la rentrée devient un véritable exercice d’équilibriste. Les achats sont alors hiérarchisés, certains articles étant réutilisés lorsqu’ils sont encore en bon état, tandis que d’autres sont reportés.
Dans les commerces, les listes scolaires constituent le principal guide des parents. Pris séparément, les différents articles peuvent sembler abordables. Mais une fois additionnés, ils représentent une dépense conséquente. Devant les rayons, les parents vérifient les prix, comparent les marques et renoncent parfois à certains produits jugés trop chers. Les enfants, eux, ont souvent d’autres critères et privilégient les cartables colorés, les trousses à l’effigie de leurs personnages préférés ou les cahiers les plus attrayants.
Pour les familles, l’heure est donc à la recherche de l’essentiel. Cartables, trousses, règles, ciseaux ou crayons encore utilisables sont ainsi conservés d’une année à l’autre. « Cette année, il faut vraiment faire attention. On achète d’abord ce qui est indispensable et on reporte le reste », confie une mère de famille rencontrée dans une librairie.
Même stratégie chez Karim, père de trois enfants scolarisés au primaire et au collège. « Pour trois enfants, la facture globale monte très rapidement quand on cumule les fournitures, les tabliers et le renouvellement des cartables. Cette année, nous avons instauré une règle bien précise : réutiliser tout ce qui est encore en bon état de l’an dernier, comme les trousses, les ciseaux et la règle. Pour le reste, venir aux foires permet d’économiser quelques centaines de dinars par article par rapport aux magasins de quartier », témoigne-t-il.
Cette volonté de réutiliser et de mieux répartir les achats traduit surtout la nécessité, pour les ménages, de maîtriser une dépense qui revient chaque année. Une autre mère rencontrée devant un rayon de cahiers résume cette préoccupation : « Il faut faire attention à chaque dinar. On commence par acheter ce qui est obligatoire et on laisse le reste pour plus tard. »
Les foires, un recours privilégié
Contrairement aux années précédentes, les tarifs des fournitures scolaires n’ont pas connu de hausse notable cette année. Cette relative stabilité n’empêche pas les parents de se tourner vers les expositions-vente et les foires organisées à l’occasion de la rentrée, où ils espèrent bénéficier de prix plus avantageux. Ces espaces permettent également de comparer les tarifs avec ceux pratiqués dans les librairies et autres points de vente spécialisés.
Pour les cahiers de fabrication locale, les prix restent relativement stables. Le cahier classique de 96 pages est proposé entre 40 et 50 DA, tandis que les formats plus importants, notamment ceux de 288 pages, les registres et les cahiers de travaux pratiques sont vendus entre 220 et 380 DA, selon le grammage du papier et le type de reliure.
Pour le petit matériel scolaire, les trousses garnies, les kits de géométrie et les boîtes de crayons de couleur sont proposés entre 120 et 350 DA pour les modèles courants. Le cartable demeure toutefois l’un des principaux postes de dépense. Les modèles basiques de fabrication locale sont disponibles à partir de 1 200 DA, tandis que les modèles orthopédiques ou ornés de personnages animés peuvent atteindre 6 000 à 9 000 DA.
Ahmed, père de trois enfants, affirme attendre chaque année ces manifestations pour effectuer ses achats. « Je suis très satisfait de ce genre d’initiative. On y trouve des prix abordables, avec du choix, de la qualité et des réductions. Un cahier de 120 pages de marque algérienne coûte entre 90 et 150 DA. Les tabliers pour le primaire sont proposés à partir de 600 DA, selon la qualité du tissu. On trouve vraiment les meilleurs prix dans ces endroits », témoigne-t-il.
Dans certaines librairies, les tarifs affichés sont toutefois plus élevés. Le prix moyen d’un cartable oscille entre 2 000 et 3 500 DA, tandis qu’une trousse coûte entre 200 et 800 DA. Les stylos sont proposés entre 20 et 60 DA et les crayons de couleur entre 150 et 200 DA, selon la qualité et la marque. Quant aux tabliers scolaires, leur prix varie entre 800 et 2 000 DA.
Les écarts sont également visibles pour les cahiers. Celui de 96 pages est vendu entre 70 et 100 DA, le modèle de 120 pages autour de 120 DA et celui de 192 pages à environ 200 DA. Les petits formats sont proposés à 40 DA pour 32 pages, 55 DA pour 48 pages et 70 DA pour 64 pages.
Même en l’absence de hausse notable cette année, ces dépenses peuvent ainsi peser lourdement sur les budgets modestes, particulièrement lorsqu’il faut équiper plusieurs enfants. Les parents prennent donc le temps de comparer avant de passer à la caisse. « Les clients viennent beaucoup comparer. Ils demandent les prix, regardent la qualité et reviennent parfois après avoir fait plusieurs magasins », explique un libraire.
La rentrée scolaire reste ainsi synonyme de dépenses incontournables, mais aussi de choix et de défis budgétaires pour les familles, qui cherchent à conjuguer les besoins de leurs enfants avec les limites de leur budget.