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Nationale

L’acte final de l’homme d’Etat: Zeroual rejoint l’éternité !

L’acte final de l’homme d’Etat: Zeroual rejoint l’éternité !
Emotion collective.

De l’uniforme de combat au costume de bâtisseur de paix, Liamine Zeroual aura marqué son époque par une éthique de l’État devenue rare. Alors que la nation lui rend un ultime hommage, son héritage de dialogue et de résistance face aux hordes destructrices demeure une boussole pour les générations futures. L’Algérie salut un grand homme.

Une foule dense et ininterrompue a envahi, ce lundi, les abords du siège de la wilaya de Batna, débordant jusque sur les routes menant au centre-ville. Venus de toutes les régions du pays, des centaines de citoyens ont afflué pour rendre un dernier hommage à Liamine Zeroual, dans une atmosphère mêlant recueillement, larmes et émotion collective, jusqu’à accompagner le cortège vers sa dernière demeure.

La rue principale était plongée dans un silence presque religieux, interrompu seulement par le murmure respectueux des voix et le froissement des manteaux contre le vent froid du matin. Les citoyens faisaient la queue, pas à pas, pour s’approcher de la dépouille de Zeroual, exposée dans une salle sobre, où les drapeaux nationaux encadraient son cercueil. L’émotion était palpable, les yeux brillaient, certains laissaient échapper des larmes, d’autres baissaient simplement la tête en signe de respect.

Parmi les présents, le moudjahid Mohamed Amaïri a tenu à saluer la mémoire d’un compagnon de lutte et d’un homme d’État. « Aujourd’hui, nous rendons hommage à l’un des héros des Aurès, Liamine Zeroual, moudjahid et compagnon de lutte aux côtés de Mostefa Ben Boulaïd, Si El Haouès et Amirouche. Il a tenu la promesse de poursuivre la marche des martyrs et de faire avancer l’Algérie », a-t-il déclaré. Revenant sur les années difficiles traversées par le pays, il a ajouté : « En 1990, alors que l’Algérie risquait de basculer, Zeroual s’est levé pour défendre la nation. Il a réconcilié le peuple, protégé le pays et su unir les Algériens face à l’épreuve. Grâce à lui, l’Algérie est restée debout, unie et victorieuse. »

La moudjahida Sassia Halis, figure emblématique de la Révolution et fondatrice d’une cellule clandestine, a rappelé que « Liamine Zeroual a incarné, tout au long de son parcours, l’honneur et le sacrifice au service de l’Algérie ».

D’autres figures de la famille révolutionnaire ont également tenu à saluer la mémoire du défunt. Le moudjahid El Abed Rahmani, ancien secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine à Batna, a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition de l’ancien président. Il a rappelé qu’il était « une grande figure nationale ayant pris part à la lutte armée durant la glorieuse Révolution, et qui a su préserver l’unité du pays dans des circonstances particulièrement difficiles et sensibles ».

Dans le même élan, le moudjahid Ismaïl Hamiche est revenu sur les qualités humaines et politiques du défunt. Il a évoqué « un homme marqué par la patience, l’esprit de lutte et le sens du sacrifice, avant et après l’indépendance », saluant également « ses positions constantes, sa lucidité et sa clairvoyance dans la gestion de l’une des crises les plus graves qu’ait connues l’Algérie durant les années 1990 ».

De son côté, le moudjahid Amaïri a fait part de son chagrin face à cette perte, mettant en avant « les qualités humaines du défunt, son dévouement au service de la patrie et son rôle déterminant dans la préservation de la République, à un moment où le pays traversait une période critique de son histoire ».

 Dans la foule, les témoignages se succédaient. Voisin de longue date du défunt, un homme, la voix nouée, peinait à trouver ses mots. « Nous présentons nos condoléances à tout le peuple algérien pour cette perte immense. Nous venons de perdre une grande figure de l’Algérie, un homme sincère qui a consacré sa jeunesse à l’indépendance, puis à la construction du pays », a-t-il confié.

Évoquant ses souvenirs personnels, il poursuit : « C’était un homme d’une grande simplicité. Nous le croisions ici, dans le quartier, toujours accessible, toujours humble. Il aimait profondément l’Algérie. Il a dirigé le pays dans des conditions extrêmement difficiles, et grâce à lui, l’Algérie est restée debout ». Et d’ajouter : « Aujourd’hui, les mots nous manquent. Que Dieu lui accorde Sa miséricorde. Il croyait en l’avenir du pays, et l’histoire lui a donné raison. Nous disons adieu à un homme d’État, à un patriote. »

Le wali de Batna, Ryadh Benahmed, entouré de responsables locaux et d’élus, se tenait au premier rang, le visage grave, immobile, tandis que des moudjahidine, chapeaux bas et uniformes sobres, rendaient hommage à celui qui fut leur compagnon de lutte

La dépouille a ensuite été transférée depuis le domicile familial vers le siège de la wilaya, tandis que la foule se pressait autour, cherchant à jeter un dernier regard. Les jeunes, les familles, les anciens combattants, tous avançaient dans un silence respectueux, ponctué seulement par le cliquetis discret des appareils photo et des smartphones, témoins de l’événement mais incapables de traduire toute l’émotion ambiante.

Né le 3 juillet 1941 à Batna, Liamine Zeroual avait rejoint l’Armée de libération nationale en 1957. Adolescente, il combattait pour l’indépendance avec une détermination sans faille, gravant son nom dans la mémoire collective. Après 1962, il poursuit sa carrière militaire, gravissant rapidement les échelons : directeur de l’École militaire de Batna, puis de l’Académie militaire de Cherchell, commandant de plusieurs régions militaires et chef des forces terrestres en 1989. Sa vie politique, tout aussi marquante, le conduira à la présidence en 1995, qu’il quittera en 1999 après avoir organisé une élection présidentielle anticipée, fidèle à ses principes de stabilité et de service au pays.

Lorsque la dépouille a été transférée vers le cimetière central de Bouzourane, la rue s’est animée d’une émotion collective encore plus intense. Des youyous ont retenti, brisant le silence et montant comme un hommage vibrant à celui qui avait consacré sa vie à la nation. Les voix des femmes se mêlaient aux murmures des hommes, saluant l’homme, le moudjahid, le président. Les passants et la foule entière semblaient partager un même souffle d’admiration et de gratitude, transformant chaque pas du cortège en un hommage vivant et sonore.



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