Forum mondial sur les réfugiés à Genève : L’Algérie défend la dignité humaine
À l’occasion du Forum mondial sur les réfugiés 2025 à Genève, l’Algérie, représentée par son secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounes Magramane a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur des réfugiés, rappelant son rôle historique dans l’accueil des réfugiés sahraouis , tout en dénonçant les crises humanitaires persistantes et appelant la communauté internationale à un partage équitable des responsabilités pour la protection et de la dignité humaine. C’est ce qu’a indiqué, ce lundi soir, un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.
Intervenant au premier jour des travaux de la réunion, Magramane présidant la délégation algérienne participant à la réunion consacrée à l’évaluation des progrès réalisés en matière de mise en œuvre des engagements du Forum a dressé un tableau sans concession de la situation internationale. Déclarant que « notre réunion se tient dans un contexte mondial extrêmement fragile, où les crises humanitaires, sécuritaires et économiques se chevauchent, menaçant la continuité des services essentiels et la dignité des réfugiés. ». Il a ajouté que ces conditions rendent plus nécessaire que jamais la solidarité internationale et la répartition équitable des responsabilités entre États, afin de garantir que les besoins fondamentaux des populations vulnérables soient satisfaits.
Rappelant l’expérience historique de l’Algérie en matière d’accueil des réfugiés, Magramane a affirmé que « depuis plus de cinquante ans, l’Algérie accueille les réfugiés sahraouis sur son territoire et veille, en coordination avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l’ensemble des agences et partenaires humanitaires, à leur fournir un soutien constant et efficace. » Il a ajouté que « cette démarche s’inscrit dans la continuité d’une tradition nationale de solidarité et de respect des droits humains ».
Pour renforcer cette action, le secrétaire général a présenté les mesures concrètes mises en place par l’Algérie. Il a expliqué que, consciente des contraintes financières auxquelles le HCR est confronté, l’Algérie a facilité l’achat de denrées locales subventionnées par le Programme alimentaire mondial afin de soutenir l’alimentation des réfugiés. Elle a également encouragé la coopération entre le HCR et les secteurs public et privé pour accroître l’efficacité des interventions humanitaires. Il a également annoncé que « nous avons décidé de doubler notre contribution au budget du HCR pour l’année 2026 » confirmant ainsi l’engagement humanitaire durable de l’Algérie. »
En outre, le représentant de l’Algérie a mis en avant la dimension structurelle de l’action algérienne et l’importance de la continuité des services essentiels. Il a précisé que les visites de terrain, y compris celles effectuées avec les donateurs, ont démontré la capacité des institutions et des organisations de la société civile sahraouies à maintenir des systèmes éducatifs, sanitaires et sociaux malgré les ressources limitées. Soutenant que « préserver ces services essentiels jusqu’à l’atteinte d’une solution juste et durable constitue un devoir humanitaire incontournable ».
Des progrès en trois axes depuis 2023
Le secrétaire général a ensuite présenté les progrès réalisés depuis le Forum mondial de 2023, en mettant l’accent sur trois axes principaux. Premièrement, l’Algérie a poursuivi ses efforts pour garantir un accès continu à la santé, à l’éducation et aux infrastructures de base. En partenariat avec le HCR et les agences onusiennes, le pays a développé les réseaux électriques et hydrauliques dans les camps, renforcé la structure sanitaire et élargi l’accès à l’éducation à tous les niveaux, du primaire au secondaire, afin d’offrir aux réfugiés des conditions de vie décentes et de promouvoir leur autonomie. Ces efforts sont documentés et attestés par les données fournies par la plateforme du Forum.
Deuxièmement, l’Algérie travaille à l’élaboration d’un cadre légal national sur le droit d’asile, un projet de loi complet visant à garantir la protection des demandeurs d’asile tout en respectant les exigences de la souveraineté nationale. « Le soutien technique apporté par le HCR est un appui précieux pour l’adoption d’un texte solide, capable de renforcer le cadre national de protection », a souligné Magramane, tout en soutenant l’importance de disposer d’une législation nationale conforme aux normes internationales.
Troisièmement, le pays a maintenu son engagement pour traiter les causes profondes de l’asile, en particulier celles liées aux conflits non résolus et à l’occupation. En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, l’Algérie a défendu les causes humanitaires justes, en particulier celles des réfugiés palestiniens et sahraouis, et a rappelé la responsabilité juridique et morale de la communauté internationale dans la gestion des situations de déplacement forcé. Fort de ce constat, Magramane a déclaré que « la communauté internationale doit agir pour prévenir le déplacement forcé et assurer des solutions durables aux réfugiés ».
Par ailleurs, le Secrétaire général a tenu a salué la coopération avec le HCR, récemment illustrée par la visite de Mme Ruvendrini Menikdiwela, vice-haut-commissaire chargée de la protection, en Algérie et dans les camps sahraouis. Déclarant que « l’Algérie exprime sa profonde gratitude pour votre engagement et votre efficacité à la tête de cette institution humanitaire essentielle. Nous vous souhaitons plein succès dans vos futures missions ». Il a conclu son discour en rappelant la place centrale de la solidarité et du respect des droits humains dans la politique étrangère algérienne en continuant à « s’acquitter de son rôle responsable et actif pour le soutien à l’action humanitaire et la défense des causes justes ».