Forum économique Fogeca à Dakar: Les investisseurs africains doivent être priorisés
Les innombrables potentialités de l’Afrique dans le domaine économique doivent être exploitées par les opérateurs économiques locaux, afin que le continent africain ne soit plus une terre d’opportunités mais une terre d’émergence économique. L’intégration économique africaine permettra de mettre en place un marché continental favorisant les échanges intra-africains. C’est ce qu’ont indiqué, hier à Dakar (Sénégal), les intervenants lors du premier jour des travaux de la 16ème édition du Forum des opérateurs pour la garantie de l’émergence économique en Afrique (Fogeca).
Une vingtaine de délégations, dont l’algérienne, comprenant des ministres, des opérateurs économiques et des investisseurs ont pris part à l’édition de cette année, placée sous le thème de «L’intégration économique en Afrique ».
Avant de proclamer l’ouverture de la 16ème édition du Fogeca, le Premier ministre sénégalais, Amadou Ba, a souligné dans son allocution la nécessité de contribuer à «tracer les contours du panafricanisme des peuples solidaires et celui des Etats cherchant à unifier leurs économies pour une protection réelle ».
M. Ba a souligné que la question de l’intégration demeure un pilier pour le développement de l’économie africaine à travers l’exploitation de toutes les opportunités que propose le marché continental afin de transformer l’Afrique en « une terre d’émergence économique et de prospérité partagée pour ses fils ».
S’agissant de la Zone africaine de libre échanges, qui vise l’intensification du commerce intra- africain, le Premier ministre a fait savoir que la réalisation de cette zone permettra d’approfondir et d’accélérer la mise en œuvre des stratégies inclusives en vue de relever le niveau d’échange et de partage entre les pays africains.
Interrogé par le Jeune Indépendant, le président du Fogeca, Amadou Diagne, a fait savoir que cette rencontre internationale a pour objectif d’intensifier les échanges commerciaux intra-africains et de promouvoir davantage l’investissement privé sur le continent.
L’ambition affichée de M. Diagne est de fédérer les opérateurs économiques africains autour des idéaux d’intégration, de compétitivité et d’émergence. Selon lui, le forum est un creuset de partages et un rendez-vous pour le secteur privé, les autorités publiques et les institutions internationales.
« Le renforcement de l’unité africaine est un objectif recherché par tous depuis longtemps. Avec les différentes crises que traverse le monde, la nécessité de renforcer davantage l’intégration régionale est plus que d’actualité afin de resserrer les liens économiques, politiques entre les pays africains en vue d’assurer notre souveraineté économique », a-t-il indiqué.
M. Diagne a précisé que l’intégration économique, qui reste l’unique voie du salut pour les pays africains, requiert un engagement résolu des acteurs économiques et une volonté politique plus ferme et plus affirmée de la part des dirigeants politiques, ajoutant que la jeunesse africaine a un rôle primordial à jouer. Eu égard à son impact démographique, cette jeunesse représente un levier incontournable pour bâtir un développement sûr et durable, a-t-il relevé.
Les deux thèmes retenus cette année répondent parfaitement à ces défis, en suscitant la réflexion autour de l’impact de la digitalisation dans le processus d’intégration africaine et le potentiel énorme que représentent la femme et la jeunesse africaines dans le développement économique et social du continent africain, a-t-il expliqué.
De son côté, le vise président du Fogeca, Belkacem Haouch, a souligné, au Jeune Indépendant, que ce Forum permet aux entreprises algériennes, qu’elle soit privée ou publique, de devenir un acteur majeur dans le développement de l’économie africaine, tout en soulignant l’importance d’œuvrer pour la promotion de l’économie africaine à travers, entre autres, le développement de partenariats entre les opérateurs économiques africains et ceux du reste du monde. Il n’a pas également manqué de rappeler l’importance du développement des échanges sous régionaux et intercontinentaux, notamment pour l’Algérie.
Pour sa part, le président de la Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA), Abdelouahab Ziani, a indiqué au Jeune Indépendant que ce forum panafricain regroupe pratiquement toute l’Afrique de l’Ouest, une région très importante sur le volet économique.
M. Ziani a évoqué que l’Algérie avait déjà fait un « forcing » au niveau de l’Afrique de l’Ouest à travers le Sénégal, où a été ouvert la Banque D’Algérie au Sénégal (BAS) avec un capital de 100 millions de dollars, le capital de banque le plus important de la région.
Le président de la CIPA a également souligné que les autorités algériennes, qui ont compris l’importance économique du continent, ont annoncé un financement d’un milliard de dollars pour le continent africain, précisant qu’il est primordial que ce budget profite « aux enfants africains pour construire l’Afrique et non pas aux étrangers.
De notre envoyé spécial à Dakar, Mohamed Mecelti