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Nationale

Forum du dialogue : des convergences et des concessions

Forum du dialogue : des convergences et des concessions

Le dialogue national pour débattre la possibilité de trouver une sortie de crise, attendu depuis quelques semaines, est désormais ouvert aux différentes dynamiques de la société sous la houlette de l’ancien ministre et diplomate Abdelaziz Rahabi. Une initiative qui intervient dans une conjoncture économique des plus critiques et un contexte international sécuritaire et géopolitique très tendu. Les participants aux assises du dialogue tentent de faire émerger une feuille de route à l’effet de sauver le pays d’un chaos certain.
A suivre les interventions d’une foultitude de personnalités politiques et nationales, la rencontre tenue hier semble regrouper des visions convergentes d’avance. Une convergence en adéquation avec le message du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah, transmis dans son discours prononcé à l’occasion du 57e anniversaire de la fête de la jeunesse et de l’indépendance (5 juillet).
La principale préoccupation des congressistes réunis ce samedi 6 jnuillet est bel et bien de renouer avec le processus électoral après la mise en place d’une instance indépendante pour l’organisation et la surveillance des élections.
Contrairement à certains chefs de parti politique, Djilali Sofiane, président Jil Jadid, a souligné la position de sa formation quant au respect de certains préalables, avant toute entame de dialogue. Pour Jil Jadid, le pouvoir en place adopte une position contradictoire en appelant d’une part, au dialogue comme solution, et d’autres part en poursuivant ses pratiques répressives sur le terrain. D’où la nécessité, ajoute Djilali Sofiane, d’émettre les premiers signes de bonne foi, des gages pour pouvoir aller au changement démocratique tel que souhaité par le peuple. Le principal gage actuel est la libération des détenus d’opinion.
Il a mis l’accent, dans la foulée, sur les mécanismes permettant la transformation des revendications populaires en propositions réalisables et dans un climat serein, loin de la violence, surtout que le pouvoir manifeste clairement ses réticences.
Le même point a été soutenu par Abdellah Djaballah, président du parti El Adala (FJD), qui a insisté sur la nécessaire installation de l’instance indépendante chargée des élections. Selon lui, cette exigence est insuffisante, car la déconstruction du système nécessitera l’adjonction d’un minimum de facteurs complémentaires.
De son côté, le président du Mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme, a fait de la rupture avec la corruption et la fraude son « cheval de bataille » et estime voir l’édification d’une Algérie selon les revendications populaires objectives et réalistes, loin du vide institutionnel.
La société civile, à travers ses représentants, a fustigé la classe politique, qui persiste à s’emparer du dialogue et se veut le seul acteur sur la scène politique nationale. Elle a revendiqué, entre autres, un équilibre des chances et des opportunités. En somme, les intervenants ont insisté sur la libération des prisonniers d’opinion, ainsi que sur le départ du gouvernement actuel, comme conditions préalables pour aller au dialogue.
Dans ce contexte, il faut noter que l’exigence du départ de Bensalah, le chef de l’Etat, dont le hirak demande la tête, n’est plus brandie dans le document final.
Les préalables du dialogue
Le président de Talaie El-Hourriyet, Ali Benflis, a salué le dernier discours du chef de l’Etat, soulignant la nécessité d’ouvrir un “dialogue national serein, organisé et crédible sous l’égide de personnalités nationales faisant l’unanimité”.
Benflis a appelé à “créer une autorité nationale qui supervisera le processus électoral et la révision du régime électoral pour organiser l’élection présidentielle dans des délais raisonnables et choisir un président de la République légitime en mesure de concrétiser le changement escompté”.
Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, a pour sa part estimé que “le moment est venu de cristalliser une vision commune concrétisant la transition démocratique réussie”, soulignant que “la plupart des acteurs sont convaincus que la consécration de la démocratie et la réalisation des profondes réformes constitutionnelles interviendront après l’élection présidentielle dans des délais courts et raisonnables”.
Pour M. Makri, il est “insensé et antidémocratique” de parler d’une Assemblée constituante donnée pour la reconstruction de l’Etat. Les longues phases de transition “ont dans la plupart du temps mené au chaos”, a-t-il prévenu, se félicitant de l’invitation du chef de l’Etat au dialogue et de “la non-imposition d’une date pour l’élection présidentielle”.
De son côté, le représentant des acteurs de la société civile, le syndicaliste Sadek Dziri, a appelé à la tenue “d’un forum national inclusif” consacrant l’unité nationale et pourvoyant à l’édification “d’une Algérie démocratique, sociale, multipartite, civile et régie par la loi dans le cadre des principes de la Proclamation du 1er Novembre 1954”.
“Les acteurs de la société civile condamnent la restriction de la liberté d’expression et exigent la libération des prisonniers d’opinion et des jeunes du hirak, ainsi que la levée des restrictions sur les médias publics et l’impératif de prendre des mesures d’apaisement pour un dialogue sérieux”, a-t-il soutenu.
Le représentant du forum du hirak des intellectuels, Ammar Djidel, a appelé, dans son intervention, à un dialogue “non exclusif consacrant l’unité nationale et la diversité des Algériens”.
Cette réunion a vu, également, la présence des représentants de la communauté estudiantine, l’un des fers de lance du mouvement populaire du 22 février dernier. Ils ont réclamé essentiellement qu’on leur accorde plus de place dans le dialogue national et une intégration plus large dans tous les domaines.
Aziza Mehdid

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