Forum d’affaires pharmaceutique algéro-indien : Des opportunités de partenariat
De nouvelles perspectives pour le partenariat algéro-indien dans le secteur pharmaceutique se dessinent, à voir l’intérêt porté par les entreprises indiennes de concrétiser des projets d’investissement. Les opportunités d’investissement et la possibilité d’établir des partenariats gagnant-gagnant entre l’Algérie et l’Inde dans le secteur de l’industrie pharmaceutique ont, en effet, été explorés entre les opérateurs des deux parties, et ce à l’occasion du Forum bilatéral qui a réuni, ce jeudi à Alger, les opérateurs des deux pays.
Si pour l’Algérie le développement de ce secteur entre dans le cadre de la réalisation de la sécurité sanitaire du pays, pour l’Inde, qui est un géant mondial de l’industrie pharmaceutique, l’investissement en Algérie lui permettra de s’implanter davantage en Afrique, mais aussi en Europe. C’est d’ailleurs ce qu’a indiqué l’ambassadrice de l’Inde en Algérie, Swati Vijay Kulkarni, affirmant que « l’Algérie est un partenaire clé de l’Inde et une véritable porte d’entrée vers l’Europe et l’Afrique », notant que la délégation indienne qui participe au forum comprend près de 100 opérateurs représentant plus de 65 entreprises du secteur pharmaceutique fortement intéressées par la concrétisation de projets d’investissement.
« Cette visite témoigne de notre amitié et de notre volonté commune de renforcer un partenariat mutuellement bénéfique dans ce secteur stratégique. Pour l’Inde, reconnue comme la pharmacie du monde et l’une des économies à la croissance la plus rapide, l’Algérie demeure un partenaire précieux », a-t-elle déclaré.
La diplomate a relevé aussi que cet intérêt intervient dans le contexte de la dynamique que connaît la coopération bilatérale, ajoutant que le montant des échanges commerciaux a atteint 1,7 milliard de dollars en 2025.
Elle a également annoncé la préparation de deux projets de coopération entre les deux parties. Le premier concerne un partenariat entre des entreprises indiennes et le Centre algérien de bioéquivalence dans les domaines de la recherche et des études scientifiques, tandis que le second porte sur un mémorandum d’entente relatif à la coopération dans le domaine des dispositifs médicaux.
De son côté, le directeur général de Pharmexcil (Pharmaceuticals Export Promotion Council of India), Raja Bhanu, a fait part de l’intérêt des entreprises indiennes pour des formes de coopération avancées, telles que la fabrication sous contrat en Algérie, les coentreprises et le transfert de technologie.
Ce Forum d’affaires pharmaceutique Inde-Algérie, qui a réuni des représentants d’entreprises algériennes du secteur, des cadres de plusieurs ministères, des représentants de l’Agence algérienne de la promotion des investissements et de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), ainsi que des membres de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), a été une occasion pour identifier les opportunités de partenariat. Les participants ont, dans ce sens, souligné l’importance de cette rencontre, affirmant que le secteur pharmaceutique offre de vastes opportunités aux entreprises algériennes et indiennes pour la concrétisation de projets d’investissement conjoints et l’édification d’un partenariat durable et mutuellement bénéfique, notamment en direction des marchés régionaux et africains.
Etablir un partenariat solide avec l’Inde
La directrice de la promotion et du soutien aux échanges économiques au ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Sihem Nafaa, a signalé la place stratégique qu’occupe pour l’Algérie le développement du secteur, mais aussi les opportunités qu’il offre. « L’industrie pharmaceutique, en tant que secteur stratégique, recèle des opportunités exceptionnelles de partenariats fructueux entre l’Algérie et l’Inde », mettant en avant la complémentarité des atouts et des potentialités des deux pays.
Elle a ainsi rappelé que l’industrie pharmaceutique figure parmi les priorités nationales stratégiques de l’Algérie, dotée depuis 2020 d’un ministère dédié, soulignant que les efforts conjoints des pouvoirs publics et des opérateurs du secteur ont permis au pays de porter le taux de couverture des besoins nationaux en médicaments produits localement à plus de 80 %.
« L’Algérie est aujourd’hui devenue un pôle pharmaceutique africain incontestable, avec plus de 240 usines pharmaceutiques en activité, sur les 640 que compte le continent, sans compter les projets en cours de réalisation », a-t-elle précisé.
Selon Mme Nafaa, l’Algérie ambitionne d’établir un partenariat solide avec l’Inde dans la fabrication de vitamines, de compléments alimentaires et de médicaments génériques, tout en relevant que l’Inde, dispose d’une expertise reconnue, susceptible de permettre aux entreprises indiennes de s’implanter durablement sur les marchés africains et méditerranéens via l’Algérie, qui offre une position géographique stratégique et des infrastructures adaptées.
De son côté, le conseiller du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Younès Bouarara, a souligné que le secteur constitue « une opportunité majeure pour un partenariat fondé sur le transfert de technologie et le développement local », réaffirmant la disponibilité du ministère à accompagner et soutenir les entreprises indiennes souhaitant investir et développer des projets en Algérie.