Forum arabe de la jeunesse, de la paix et de la sécurité : La relève face au défi de la stabilité régionale
Dans un contexte international en profonde recomposition, la jeunesse s’impose aujourd’hui comme un acteur central dans la redéfinition des équilibres de stabilité et de sécurité dans le monde arabe. C’est ce qu’a assuré, ce samedi, Mustapha Hidaoui, ministre de la Jeunesse, chargé du Conseil supérieur de la jeunesse, à l’ouverture des travaux du Forum arabe de la jeunesse, de la paix et de la sécurité à Alger, organisé par le ministère, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement en Algérie (PNUD) et en coordination avec la Ligue des Etats arabes.
Dès le début de son allocution, le ministre a tenu à inscrire l’événement dans son véritable contexte, affirmant que « la tenue de ce forum dans ce contexte international et régional délicat n’est pas une simple étape dans le processus de coopération arabe » mais bien « l’expression d’une prise de conscience collective croissante que l’avenir de notre région se redessine aujourd’hui ».
Dans un monde en mutation rapide, où les crises se multiplient et se complexifient, il a souligné que « les questions de paix et de sécurité ne se limitent plus aux concepts traditionnels » mais englobent désormais « la sécurité numérique, économique, sociale et culturelle ».
Au centre de ces bouleversements, le ministre a mis en avant le rôle déterminant des jeunes, affirmant qu’ils ne sont « pas en marge de cette transformation mais en son cœur ». Plus encore, il a souligné le fait que la jeunesse constitue aujourd’hui « une force de proposition et d’influence, et est un partenaire essentiel dans la consolidation de la culture de paix et le renforcement de la sécurité ».
Dans cette optique, il a soutenu que l’organisation de ce forum repose sur « une conviction profonde que la jeunesse arabe est un acteur clé dans la construction de la paix », grâce à « ses capacités d’innovation et son potentiel créatif ».
Hidaoui a souligné que, s’inscrivant dans cette vision, l’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, a fait du renforcement du rôle des jeunes « un pilier central de son approche nationale », considéré non seulement comme « un choix social », mais surtout comme « une priorité souveraine et un investissement stratégique dans la stabilité de l’Etat et son avenir. Il a ajouté que ce choix se traduit par « une approche institutionnelle intégrée », dans laquelle le Conseil supérieur de la jeunesse joue « un rôle central dans l’implication des jeunes dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques ». En parallèle, le ministère de la Jeunesse œuvre à concrétiser cette vision à travers des programmes visant à autonomiser les jeunes, développer leurs compétences et élargir leurs opportunités d’insertion économique et sociale.
A l’échelle régionale, le ministre a soutenu l’importance de renforcer les synergies arabes, notamment à travers la stratégie arabe pour la jeunesse, la paix et la sécurité 2023-2028, lancée sous le patronage du prince héritier jordanien Hussein ben Abdallah II. Toutefois, M. Hidaoui a averti que « le véritable défi ne réside pas dans la formulation des visions, mais dans notre capacité à les traduire sur le terrain », appelant à « passer de la logique d’engagement à celle de l’action, de la coordination à l’intégration, et de la participation à l’autonomisation effective des jeunes ».
Le pari stratégique du leadership des jeunes
En outre, dans un passage fort de son discours, le ministre s’est directement adressé aux jeunes, affirmant que « nous croyons fermement que vous n’êtes pas seulement les bénéficiaires des politiques, mais des acteurs capables de contribuer réellement à la construction de la paix ». Il a ajouté : « Ce que nous attendons de vous aujourd’hui, ce n’est pas seulement la participation mais le leadership… pas seulement l’interaction mais l’initiative… et pas seulement la présence mais l’impact. »
Intervenant à son tour, le ministre tunisien de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, a mis en avant la portée stratégique de ce rendez-vous, estimant qu’il « reflète une prise de conscience accrue de l’importance des jeunes dans la construction de sociétés stables et sûres », soulignant que « les jeunes, au-delà d’être les piliers de l’avenir, sont des acteurs à part entière dans la construction du présent ». Il a également tenu à relever l’ampleur des défis auxquels fait face la jeunesse arabe, affirmant que « le jeune Arabe aujourd’hui est confronté à une série de défis, notamment les risques liés à l’extrémisme, à la violence et aux conflits ».
Il a ajouté que ces défis représentent également, selon lui, « des opportunités pour repenser et développer de nouvelles approches », fondées sur une participation active des jeunes. Le ministre tunisien a ainsi plaidé pour une vision globale reposant sur plusieurs axes structurants, en tête desquels « l’ancrage d’une culture du dialogue, de la tolérance et de l’acceptation de l’autre », ainsi que l’autonomisation économique et sociale des jeunes.
Pour sa part, depuis le Yémen, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Naïf Al-Bakri, est intervenu par visioconférence pour rappeler l’urgence de la question de la paix dans une région marquée par les conflits, déclarant qu’« aujourd’hui, les guerres s’intensifient dans notre région. La paix est devenue une nécessité urgente pour nos sociétés et notre nation ». Dans ce contexte, il a appelé les jeunes à s’impliquer davantage dans les forums nationaux et internationaux, mettant en avant leur rôle dans la formulation de « visions, d’idées et de solutions concrètes » susceptibles de contribuer à la stabilité régionale.
Il convient de noter que parmi les axes majeurs débattus lors de cette rencontre figure également l’utilisation des technologies modernes, notamment l’intelligence artificielle, comme levier de lutte contre la violence et l’extrémisme. Les participants ont ainsi relevé l’importance d’un usage responsable de ces outils afin de promouvoir une culture de paix. Le forum, d’une durée de deux jours, devrait se conclure par des recommandations concrètes pour le renforcement du rôle des jeunes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la promotion du développement durable.