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Nationale

Forte prolifération des médicaments hallucinogènes à Tamanrasset

Forte prolifération des médicaments hallucinogènes à Tamanrasset

Dernièrement, les médicaments hallucinogènes connaissent une forte prolifération parmi les jeunes de Tamanrasset. Vu les risques de ces médicaments sur la santé mentale et physique, cette prolifération constitue une menace sur la population de la région.

Les statistiques démontrent que la promotion et l’usage excessif de ces médicaments ont fortement et dangereusement augmenté. Ce qui impose de tirer sur la sonnette d’alarme pour mettre un terme à ce fléau. Un fléau qui menace la société de Tamanrasset.

Les médecins et spécialistes sont
unanimes : Diazépam, Rivotril et Tramadol sont les médicaments les plus consommés pour leurs vertus hallucinogènes par les jeunes toxicomanes de la région. Il s’agit de produits médicaux prescrits aux patients qui développent des troubles mentaux ou neurologiques. Leur consommation par des gens sains constitue un acte de toxicomanie.
Théoriquement, l’acquisition de ces médicaments n’est pas à la portée de n’importe quel quidam. D’abord, ils ne sont commerçialisés que dans un nombre réduit des pharmacies de la wilaya. Ensuite, leur acquisition est possible uniquement sur ordonnances médicales. Malgré tout cela, les jeunes de la wilaya en abusent au vu et su de tout le monde. Notamment grâce à des trafiquants qui les importent de certains pays subsahariens.
Selon les chiffres établis en 2014, les services de sécurité de Tamanrasset ont traité 16 dossiers liés au trafic de ce genre de médicaments. Résultats : confiscation de 77 211 comprimés hallucinogènes et 92 793 comprimés nocifs à la santé. Pour sa part, la Gendarmerie nationale a saisi 76 .912 pilules hallucinogènes. Il est utile de noter que l’expansion de l’usage de ces médicaments se fait au détriment de celui de la drogue traditionnelle.

Des prix abordables

Hakim, 38 ans, de Tamanrasset, se rend au centre anti-addiction Frantz Fanon de Blida. Il révèle que « le début de (son) histoire avec ces pilules a commencé à l’âge de 19 ans. A l’époque, je passais le bac, moment où il était presque impossible de l’obtenir ». Il ajoute : « C’était un infirmier qui nous les a toujours fournis. Il les retirait du stock d’un hôpital pour nous les vendre ». « A l’âge de 23 ans, poursuit-t-il, j’ai fait le Service national. Pour résister, j’ai commencé à prendre Rivotril sous forme de solution buvable, et ce à raison de 15 gouttes, deux fois par jour ; en plus du même médicament que je prenais en comprimés ».
Hakim a souligné que ces médicaments, vu leurs prix relativement bas, constituaient une alternative à ces jeunes désireux de s’adonner à la drogue, sans qu’ils en aient pour autant les moyens. Il poursuit : « J’ai choisi ces médicaments car j’ai pu avoir le Rouge, le Jaune ou le Bleu, respectivement Rivotril, Diazépam et Tramadol, avec 200 à 350 dirhams, et la plaquette à 1 500 dirhams ». Il précise qu’il les prend généralement avec du café, du vin ou du thé. Hakim révèle que le Rouge –Rivotril – est le plus dangereux de tous ces comprimés. Particulièrement s’il est dissout dans le vin. Selon lui « la plupart des jeunes Algériens qui commettent des crimes en état d’ivresse consomment cette molécule peu avant leurs actes ». Le jeune regrette son état lamentable, ainsi que celui de ses pairs toxicomanes. Car cette toxicomanie fait que ces jeunes deviennent la marionnette des trafiquants de médicaments. Ceux-ci les exploitent même à des fins illégales. « C’est ce que j’ai compris », a-t-il dit, « lorsque j’étais mis en examen, arrêté pendant 9 jours et condamné à 2 mois d’emprisonnement avec sursis ».

Des molécules de compositions inconnues

Dr Ouqba Kounta Sidi Mohamed, neuroscientifique, remarque que « la consommation des médicaments hallucinogènes chez la jeunesse de Tamanrasset connaît un net progrès depuis un moment ». Il appelle à « tout mettre en œuvre pour mettre fin à ce phénomène dangereux qui endommage l’esprit et la santé physique de l’être humain et lui coupe ses liens sociaux ». Dr Sidi Mohamed a indiqué que « la plupart des crimes commis par les jeunes est suscitée par ces pilules hallucinogènes, surtout que la majorité de ces médicaments est fabriquée dans des pays africains et asiatiques ; et, de facto, de compositions inconnues ». Le médecin insiste sur « la nécessité de créer et d’outiller, dans l’urgence, un centre anti-addiction pour contrecarrer le net progrès du phénomène ».
Le psychothérapeute près la Société hospitalière nationale, Touhami Salem, dit que son établissement reçoit beaucoup d’usagers des médicaments en question. Une tendance qui se serait accrue récemment. Le fléau reste en croissance inquiétante parmi la jeunesse de la région. Ce qui constitue un danger pour la société. Celle-ci ne sait pas grand-chose de ce phénomène. Les sphères de prise de décisions sont tenues de fournir des alternatives. Car, le fléau vise la colonne vertébrale de la nation : la jeunesse.

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