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Nationale

Forte mobilisation des étudiants lors du 32e mardi

Forte mobilisation des étudiants lors du 32e mardi

Le mouvement des étudiants poursuit en forces la mobilisation pour le 32e mardi de suite. Étant le fer de lance du mouvement populaire déclenché le 22 février 2019, la communauté estudiantine ne semble pas se décourager ; bien au contraire, elle s’impose à revendiquer, chaque mardi, le départ du reste du système afin d’aller vers un changement radical.

En effet,ce mardi à Alger, les contestataires ont réitéré leur rejet des élections présidentielles et estiment que « les conditions actuelles ne peuvent assurer un scrutin transparent ». « Makach intikhabet ya el3issabat » (pas d’élections avec les bandes mafieuses), « blad bladna, makach l’vot » (le pays est le nôtre, pas de vote), clamait la foule impressionnante qui s’étalait de la Rue Ali-Boumendjel jusqu’à la rue Larbi-Ben-M’hidi.

L’évolution de l’actualité nationale ne laisse pas indifférent, et interpelle à coup sûr les étudiants hirakistes. Les réactions sont vives concernant l’ex-député du FLN, Baha Eddine Tliba qui, selon certaines sources médiatiques, se serait enfui dimanche dernier en la Tunisie, « 3assou Tliba machi talaba », (surveillez Tliba, pas les étudiants), entonnaient les manifestants.

Dans une ambiance bon enfant et un pacifisme exemplaire, plusieurs centaines de marcheurs, étudiants et citoyens « sans identité », ont battu le pavé, et surtout montré qu’ils sont, toujours, solidaires et unis autour des mêmes aspirations : « elyad f’lyad njibou estikalal » (la main dans la main et nous recouvrerons l’indépendance), « chaab yourid elisstiklal » (le peuple demande l’indépendance), « aneraz wala n’knou » (nous nous brisons et nous ne nous plions pas), assène à l’unisson la marée humaine.

Selon les règles instaurées par les coordinateurs de ces marches hebdomadaires, les arrêts répétitifs sont de mise pour maintenir l’ordre et la distance séparant le carré des étudiants de celui des autres citoyens. Arrivés à l’avenue Pasteur où l’on déployait un dispositif sécuritaire impressionnant, les manifestants ont scandé « dawla madaniya machi 3askarya » (Etat civil, pas militaire), « Tahya el djazayer » (Vive l’Algérie…).

Non sans clamer le leitmotiv « silmya silmya massira toulabia », slogan phare du mouvement estudiantin, signifiant aux marcheurs d’éviter toute confrontation avec les forces de l’ordre. Autant dire que le peuple qui s’est révolté contre la dilapidation des deniers publics et la spoliation de ses richesses ne cesse de rappeler au pouvoir, chaque jour de marche, son indignation contre les pratiques frauduleuses et l’abus de fonction ; « Klitou labled ya serakine », (vous avez dévoré le pays, voleurs), « wine rahi el-filaha » ( où est l’agriculture), clamait la foule devant l’agence de la BEA et le siège du ministère de l’Agriculture, au boulevard colonel Amirouche.

Par ailleurs, la 32e manif étudiante a été marquée par les réactions à la position de la sous-commission des droits de l’homme de l’Union européenne au cours de cette semaine et prétendant son soutien du hirak. Des pancartes s’opposant à l’ingérence étrangère ont été brandies : « Non à l’ingérence étrangère » « le Hirak des Algériens, pas besoin de soutien étranger ! », lit-on sur les écriteaux.

À ce propos, un vieil homme habitué des marches du mardi nous a indiqué que « cette révolution est celle des Algériens, à qui il appartient de décider de leur sort sans le soutien de qui que ce soit ». « Nous sommes maîtres abord ; nous avons su par le passé gérer nos problèmes, et c’est à nous seuls de le faire aujourd’hui », martèle-t-il avant de renchérir « vive les étudiants, nos enfants, vive l’Algérie libre et indépendante ». Preuve de plus sur la prise de conscience de ce peuple, uni et résolu à exercer sa souveraineté et à être acteur de son avenir.

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