Formation professionnelle : Plus de budget pour la transformation du secteur
Le secteur de la formation professionnelle bénéficiera en 2026 d’une augmentation notable de ses crédits, destinés à renforcer la numérisation, diversifier les spécialités et moderniser les infrastructures, a annoncé la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale. C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère.
Présentant, le projet de budget de son département au titre de la loi de finances 2026, Arhab a déclaré devant la commission que le secteur a bénéficié d’une hausse sensible de ses dotations. Elle a précisé qu’il s’agit de 125,215 milliards de dinars en autorisations d’engagement, soit une progression de 17,46 %, et 127,315 milliards de dinars en crédits de paiement, correspondant à une hausse de 7,21 %.
Elle a souligné que cette évolution traduit la volonté de l’Etat de consolider un secteur jugé « stratégique » pour la diversification économique et la création d’emplois durables. La ministre a expliqué que l’augmentation des crédits découle principalement du relèvement des allocations destinées à l’alimentation et aux matériels pédagogiques, ainsi que de l’inscription de 42 nouvelles opérations d’investissement public, pour un montant global de 16,27 milliards de dinars. A cela s’ajoutent 255 nouvelles opérations d’investissement en dépenses de transfert et la réévaluation de 37 projets en cours de réalisation.
Revenant sur le bilan de l’année écoulée, Mme Arhab a fait état d’une progression sans précédent du secteur avec plus de 385 000 nouveaux inscrits ayant rejoint les établissements de formation, portant à 660 000 le nombre total de stagiaires. Elle a ainsi souligné que cette dynamique s’est accompagnée d’un élargissement de l’offre de formation à des spécialités modernes, en phase avec les besoins du marché et les priorités nationales, notamment les énergies renouvelables, l’économie verte et l’industrie numérique.
La ministre a également rappelé le lancement de deux plates-formes numériques nationales, « Takwine » et « Tamhine », qui traduisent la volonté d’instaurer une gestion plus fluide et plus transparente des parcours de formation. Parallèlement, six Salons régionaux de l’emploi ont été organisés, et des programmes ont été mis en place pour soutenir les femmes au foyer et les jeunes porteurs de projets, contribuant ainsi à renforcer l’inclusion sociale et économique.
Numérisation, qualité et employabilité
Pour l’exercice 2026, Mme Arhab a affirmé que les efforts du ministère se concentreront sur la généralisation de la numérisation et de l’e-management dans les établissements de formation, l’amélioration de la qualité des cursus et du suivi des diplômés, ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi.
Elle a également mis l’accent sur le développement du partenariat international et régional, soulignant que l’Algérie ambitionne de devenir un pôle de référence dans la formation aux métiers d’avenir et la valorisation des compétences.
Les travaux de la réunion ont été présidés par Mohamed Benhachem, président de la commission des finances et du budget. Il a déclaré, à l’ouverture de la séance, que le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels constitue l’un des piliers du développement d’une économie nationale productive et diversifiée, permettant à la jeunesse d’acquérir les compétences nécessaires à son insertion professionnelle et à la création de richesse. Il a salué les progrès accomplis ces dernières années, notamment l’expansion du réseau d’établissements, la modernisation des programmes et le renforcement des liens avec le tissu économique. Le président de la commission a toutefois plaidé pour une meilleure gouvernance, une rationalisation des dépenses et un approfondissement de la coordination intersectorielle, et ce afin d’assurer une efficacité accrue des politiques publiques.
A l’issue de la présentation, les députés ont particulièrement salué la dématérialisation des inscriptions à travers la procédure « zéro papier », jugée exemplaire dans le processus de modernisation du service public. Ils ont cependant formulé plusieurs observations et recommandations. Certains députés ont souligné la nécessité de corriger les déséquilibres territoriaux observés dans la répartition des spécialités de formation entre les wilayas. En outre, plusieurs interventions ont porté sur l’impératif d’améliorer la situation du personnel du secteur, à travers la révision du statut particulier, la revalorisation des primes et la prise en charge de la question du logement de fonction.
Des élus ont également plaidé pour la réhabilitation et la modernisation des centres existants, ainsi que pour la création de nouveaux établissements dans les zones à forte densité de jeunes. Certains députés ont proposé l’introduction de nouvelles filières de formation dans les domaines des énergies renouvelables, de l’intelligence artificielle et de l’économie verte, en vue d’aligner les cursus sur les transformations économiques mondiales. D’autres ont suggéré d’adopter le modèle des start-up dans le système de formation, afin de stimuler l’innovation et l’esprit d’entreprise chez les jeunes.