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Nationale

Fonds détournés : L’Algérie brise les verrous et impose sa souveraineté

Fonds détournés : L’Algérie brise les verrous et impose sa souveraineté
Ahmed Attaf.

Les plus de 110 millions de dollars que l’Algérie s’apprête à récupérer auprès de la Suisse dépassent leur simple valeur financière. Ils incarnent une reconquête d’un droit longtemps entravé, la restauration d’une souveraineté financière mise à l’épreuve et aujourd’hui pleinement affirmée, marquant une victoire symbolique et stratégique pour l’État.

Lorsqu’Ahmed Attaf dévoile, devant le Conseil des ministres présidé ce dimanche soir par le présidant de la République, Abdelmadjid Tebboune, les résultats de cette offensive judiciaire, c’est toute une stratégie qui apparaît au grand jour. Une stratégie patiente, méthodique et presque chirurgicale a été mise en œuvre avec 33 commissions rogatoires dont 20 ont été acceptées et 4 dossiers définitivement traités. Derrière cette mécanique juridique se cache une volonté politique sans ambiguïté, déterminée à ne rien céder et à ne rien oublier.

Mais ce succès met aussi en lumière une fracture dans les comportements internationaux. D’un côté, des partenaires qui jouent le jeu de la coopération, à l’image de la Suisse ou du Espagne, salués officiellement pour leur collaboration. De l’autre, un silence qui pèse lourd. Celui de la France, destinataire de 61 commissions rogatoires restées lettre morte. Soixante et une. Un chiffre qui, à lui seul, interroge autant qu’il dérange.

Ce contraste n’est pas anodin mais révèle que la lutte contre les flux financiers illicites n’obéit pas toujours aux principes proclamés. Elle se heurte à des réalités politiques, à des intérêts, à des rapports de force. Et dans ce jeu, l’Algérie a désormais décidé à ne plus subir.

Ce tournant s’inscrit dans une dynamique plus large impulsée au sommet de l’État. En faisant de la récupération des avoirs détournés une priorité, Abdelmadjid Tebboune inscrit son action dans une logique de restauration de l’autorité publique. Il ne s’agit plus seulement de juger ou de condamner, mais de réparer, concrètement, les préjudices subis.

Pour rappel, en juin 2025, lors de la cérémonie de lancement officiel de la Stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (2023-2027), l’État avait déjà posé des jalons décisifs dans cette lutte en annonçant des mesures strictes pour traquer les fonds détournés et les responsables de corruption, promettant des poursuites « avec fermeté et rigueur » et réaffirmant que nul ne pourrait profiter des deniers publics sans en rendre compte. Cette détermination s’inscrivait dans une stratégie globale visant à moraliser la vie publique et à protéger la souveraineté financière du pays.



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